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  • : Blog pour tous les passionnés du Brésil : actualités économiques, sociales et politiques.
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Bruno MAGNIEZ

 
Email : bmagniez@netcourrier.com

 

Docteur en Sciences Economiques

 

Thèse de doctorat Université de Picardie Jules Verne (octobre 2001) :

-          « La place du secteur informel dans l’économie brésilienne : une étude centrée sur le commerce de rue à João Pessoa »
- Thèse sous la direction de B.Lautier, Professeur Université de Paris-I, Panthéon-Sorbonne. Mention très honorable.

-          Jury de thèse : Philippe Hugon, Jaime Marques Pereira, Christian Azais, Bruno Lautier, Christian Palloix


 

Professeur de Sciences Economiques et Sociales


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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 16:09

 Après l’euphorie de l’expression démocratique dans les rues du Brésil, l’heure est venue d'en faire une brève analyse politique. La manifestation d’un groupe de jeunes de gauche, nés à Sao Paulo, contre l’augmentation des billets de bus, peut être vue comme la goutte d’eau nécessaire à l'éveil d’une citoyenneté politique. Pendant ces dernières années, l’effervescence de la participation citoyenne au Brésil s'était endormie, comme si les protagonistes qui se sont tant battus en faveur d’une démocratie participative avaient été cooptés ou s'étaient accommodés de la situation, se contentant du rôle des élus de la République. 2013-06-23T010036Z_709281013_GM1E96N0OZ601_RTRMADP_3_BRAZIL.jpg

Les difficultés commencent quand la liste de revendications des organisations sociales relatives à la réforme agraire, à la réforme urbaine, à la réforme du système politique, parmi d’autres, sont mises en attente. Ces organisations combatives luttaient  pour la réalisation d'un projet de société pour le Brésil, basé sur un développement territorial solidaire avec une « durabilité » environnementale, culturelle et politique, mais ces demandes de réformes structurelles seront jugées irrecevables face aux intérêts économiques, aux pressions et aux alliances faites avec d’autres partis politiques conservateurs. Le PT et ses alliés n’ont pas obtenu la majorité, ni au sénat ni  à la chambre des députés. Et de ce fait, les oligarchies, de celles du latifundiaire à celles qui contrôlent les médias et qui sont encore de nos jours bien représentées au congrès national, ont conservé presque intacts leurs privilèges. Les gouvernements de Lula et Dilma ont dû céder à leurs pressions.

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Il semble que le progrès économique et la reconnaissance du Brésil comme une puissance émergente ont conduit le pouvoir exécutif  à s’émerveiller de ce nouveau statut international et à oublier la dette sociale du Brésil qui n’est pas encore soldée. La démocratie n’obéit pas systématiquement à la logique de la prospérité, surtout, quand certains restent en marge du progrès, du bien être social. Une majorité continue à attendre les fruits de ce succès économique; beaucoup restent encore exclus, leur pouvoir d’achat ne leur permettant pas d’accompagner l’augmentation du coût de la vie. C’est suffisant pour déclencher la révolte !  

 


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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 18:29

Instaurée par l'ex-président Lula, la Bolsa familia est un programme d'aide aux plus démunis qui bénéficie à 52 millions de personnes au Brésil. Il est aujourd'hui copié dans le monde entier.

 

Une personne, puis dix, puis des milliers. Ce samedi 18 mai, une rumeur s'empare des populations pauvres de treize États du Brésil : la Bolsa Familia (Bourse famille), l'allocation qu'ils reçoivent tous les mois, disparaîtrait le soir même. Panique : 900 000 personnes prennent d'assaut les agences de la Caixa Economica, banque publique chargée de sa distribution. Le gouvernement met plusieurs jours à les tranquilliser. Depuis, la police fédérale a identifié la source : les appels mensongers d'une société de télémarketing de Rio.

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Peu coûteux, très efficace

Cet incident met en lumière l'importance qu'a prise la Bolsa familia, instaurée il y a exactement dix ans, quelques mois après l'arrivée de Luiz Inacio Lula da Silva au pouvoir. Destiné aux familles aux revenus mensuels inférieurs à 13 € par tête, ce programme atteint aujourd'hui 13,9 millions de foyers, soit 52 millions de personnes. « L'intérêt du programme, c'est qu'il est très peu coûteux pour l'État, avec un impact gigantesque sur la population », explique Marcelo Neri, président de l'Institut d'études économiques appliquées (Ipea).

Le gouvernement débourse chaque année 8 milliards d'euros, chaque foyer recevant, en moyenne, 13 dollars par tête. C'est peu, mais les familles très pauvres étant concentrées dans des villages ou périphéries, l'impact local est considérable, relançant le commerce et les petits services, et donc l'emploi.

Surtout, la Bolsa Familia est conditionnée à la scolarisation et la vaccination des enfants. Ce dernier élément, conjugué à l'amélioration de l'alimentation (le gouvernement a introduit des repas à l'école publique) a permis le recul de la mortalité des enfants de moins de 5 ans de 17 %, selon l'Université de Bahia.

Le programme - qui fait des émules en Équateur, en Bolivie, au Ghana ou au Kenya avec la bénédiction de la Banque mondiale - a également constitué une révolution silencieuse pour les femmes : à 90 %, l'aide est à leur nom. Contrairement aux hommes, dont une partie dépense l'argent dans des bars, elles privilégient l'alimentation des enfants. L'impact sur l'éducation est plus décevant : « Le problème, c'est l'indigence de l'école publique dans plusieurs villes », souligne Marcelo Neri.

L'opposition, qui dénonçait une mesure d'assistance qui détournerait de l'emploi, a remisé ses critiques. Nombre de bénéficiaires ont créé une micro-entreprise. Et, surprise, quelque 1,7 million de familles ont volontairement demandé à ne plus recevoir l'allocation, estimant, malgré leurs conditions de vie toujours précaires, qu'elle serait plus utile à d'autres.

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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 14:38

Direction le Brésil : l'éditeur français Autrement vient de publier un livre sur ce pays, L'Atlas du Brésil, promesses et défis d’une puissance émergente, paru dans la collection Atlas-Monde. Sixième puissance économique de la planète, cet « autre » géant du continent américain devient un acteur incontournable dans le jeu diplomatique mondial. Quels sont les atouts et les faiblesses du Brésil ?

L'un des auteurs du livre, Frédéric Louault, est professeur en science politique à l’Université Libre de Bruxelles. Il a soutenu en 2011 une thèse sur les élections et les carrières politiques au Brésil (CERI/Sciences Po). Formé à l’IEP de Grenoble puis à l’IEP d’Aix-en-Provence, il a enseigné à l’Institut des Hautes Etudes de l’Amérique Latine (IHEAL – Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle), à Sciences Po (collège universitaire de Poitiers) et à l’Institut d’Etudes Politiques de Grenoble.

L'Atlas du Brésil, promesses et défis d’une puissance émergente,est paru aux éditions Autrement, dans la collection Atlas-Monde.
DR
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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 20:01

La politique du gouvernement de Dilma Roussef vis-à-vis des autochtones a été l'objet d'innombrables critiques (En portugais comme tous les liens de ce billet) de la part des militants et des spécialistes. Au nom du “développement” entendu comme construction de routes, exploitation minière, usines hydro- électriques et exploitation des ressources naturelles, les tribus indiennes ont perdu tout droit sur les terres qu'elles habitaient depuis des milliers d'années.

Des universitaires comme  Idelber Avelar considèrent que le gouvernement Roussef a été le plus rétrograde dans ses relations avec les Indiens depuis au moins la fin de la dictature militaire (1964-1985), période pendant laquelle  des centaines d'entre eux étaient torturés ou tués au nom de l'État. On pense aux Indiens de la tribu Waimiri-Atroari qui passèrent de 3000 à 1000 personnes de 1972 à 1975, exterminés pour s'être trouvés sur le chemin du progrès et du “miracle économique

Dans l'histoire récente du Brésil, la construction de l’usine hydroélectrique de Belo Monte est peut-être l'exemple le plus emblématique de la violence contre les Indiens dans ce pays. Le 2 mai 2013, les peuples du Rio Xingu (fr), principal fleuve touché par cette réalisation ont envahi le chantier. Parmi eux près de 200 indigènes représentant diverses ethnies, ont proclamé un manifeste dénonçant le climat de violence qui leur était imposé. 

Vous pointez des armes sur nos têtes. Vous installez des camions chargés de soldats sur nos territoires. Vous faites disparaître le poisson. Vous volez les ossements de nos ancêtres enterrés sur nos terres…

Vous faites cela parce que vous avez peur de nous entendre, d'entendre que nous ne voulons pas les barrages, d'entendre surtout pourquoi nous ne voulons pas les barrages.

Canteiro de Belo Monte ocupado em 6 de maio de 2013. Foto de Paygomuyatpu Munduruku, sob licença CC by-sa 2.0

L'occupation du chantier de  Belo Monte, le 6 mai 2013.  Photo de Paygomuyatpu Munduruku, sous licence CC by-sa 2.0

Les Indiens qui occupaient Belo Monte (jusqu'à la nuit du 9 mai) ont reçu l'aide de près de 3000 travailleurs du chantier (sur 6000)  lesquels révélèrent des menaces et firent grève pour dénoncer des conditions de travail et de logement précaires et même des rapts, représaillles et assassinats.

Ruy Sposati, un journaliste, dénonce la violence locale contre la presse et fait un critique de cette entreprise industrielle.

Ce n'est pas une banalité. C'est, dans une démocratie,  l'expulsion de journalistes par l'appareil policier de l'État hors du site de la  construction la plus chère de l'histoire du Brésil… une construction réalisée avec de l'argent public, responsable de grandes répercussions humaines et environnementales, source d'innombrables violations de la loi et cette fin de semaine de l'incroyable nouveauté d'une expulsion des journalistes par des forces de police en pleine démocratie. Il faut savoir que le coût de Belo Monte initialement prévu à 4,5 milliards de Reais en est aujourd'hui à presque 30 milliards (12 milliards d'Euros)

Indígenas invadem canteiro de Belo Monte. Foto de Ruy Sposati, usada com permissão.

Les Indiens envahissent le chantier de Belo Monte. Photo de Ruy Sposati, avec autorisation.

A  Rio de Janeiro, le lieu dédié aux Indigènes Aldeia Maracanã a été récupéré pour devenir lieu de réunion des fans pendant la coupe du monde de 2014 et, à l'avenir Musée Olympique, une décision très critiquée par les Indiens et les militants. Le 26 avril 2013, on a vu des manifestations publiques d’opposition à la confiscation du centre Aldeia Maracanã.

patrickgranja, un utilisateur de Youtube a publié une video témoignant des violences policières contre les manifestants :

Dans le Mato Grosso du Sud, des Indiens Guarani-Kaiowá continuent une lutte pour leur survie malgré le massacre qu'ils subissent du fait des intérêts des éleveurs de bétail, cultivateurs de canne à sucre ou de soja de la région. Ils sont menacées de perdre leurs terres déjà très démembrées à cause de l'influence du lobby des banques rurales au Congrès.

Indígenas despejados da Aldeia Maracanã sob as ordes da presidente Dilma Rousseff, do governador do Rio Sérgio Cabral e do bilionário Eike BAtista, futuro dono do espaço. Cartum de Carlos Latuff, uso livre.

La présidente Dilma Rousseff contemplant les Indiens expulsés par la force du centre Aldeia Maracana  par le gouverneur de l'État de Rio de Janeiro,  Sérgio Cabral, et par le maire de la ville, Eduardo Paes, sous le regard de la mascotte de la Coupe 2014 et du milliardaire Eike Batista, dirigeant de l'entreprise qui a remporté l'appel d'offre pour la gestion privée du Maracanã. Dessin de Carlos Latuff, usage libre

Les Indiens se sont révoltés également contre l’espionnage du mouvement  Xingu Vivo pratiqué par l'agence brésilienne de renseignement (ABIN) et contre l’invasion (fr) des terres des Mundurukus, au Pará, par la Force Nationale et l'Armée, dans le cadre d'une étude sur la faisabilité de la construction d'autres usines hydroélectriques sur le Rio Tapajós, unique grand fleuve de la région encore sans barrages. Craignant de voir leurs terres noyées sous l'eau et leur mode de vie  disparaître, les Mundurukus ont cherché le dialogue, mais ont été  fortement dissuadés par la présence policière. Ils continuent à résister.

Assembleia Munduruku em Jacareacanga. Foto de Ruy Sposati, usada com permissão.

Assemblée Munduruku à Jacareacanga. Photo de Ruy Sposati, avec autorisation.

Le peuple Munduruku dénonce également l'absence des représentants du gouvernement brésilien à la réunion du 25 avril 2013 pendant laquelle les forces de police ont été utilisées comme instrument d'intimidation. C'est ce que raconte le journaliste Ruy Sposati lors d'une entrevue avec Cândido Waro, président de l'association Pusuru, entité représentative des Indiens (texte publié sur le site du Conseil Indigène Missionnaire, le CMI)

Les Indiens disent que pendant trois jours, Jacareacanga a été assiégée. “Les autorités ont fait venir là-bas plus de 200 policiers. Les gens de la ville ont vu arriver au moins cinq camions hélicoptère, fourgons et voitures. Même chose à Itaituba [l'endroit où a commencé l'opération Tapajós]”, explique [Cândido Waro].“

Ils voulaient qu'un groupe de représentants des Indiens sortent du village pour aller les rencontrer dans la ville pleine de policiers. Lors d'une assemblée populaire nous avons refusé cela, demandant seulement à recevoir le gouverneur sur nos terres et sans la présence policière”

“le gouverneur a dit qu'il avait peur d'être attaqué, les villageois dirent qu'ils veilleraient personnellement à la sécurité de tous les officiels. Mais ceux ci déclarèrent qu'il ne rentreraient dans le village qu'en compagnie des forces nationales de la police fédérale selon les recommendation de Gilbero Cavalho du secrétariat général à la présidence de la république !”

L'information selon laquelle des représentants du gouvernement brésilien rencontraient les Indiens a été diffusée sur le site officiel du secrétariat général de la présidence et relatée par les Munduruku dans une lettre ouverte.

Nous exigeons que le gouvernement cesse de tenter de nous diviser et manipuler, de faire pression individuellement sur nos leaders, nos caciques ou les habitants des villages. Nous rappelons que ceux qui représentent officiellement notre peuple sont les coordonnateurs des associations Munkuru appelés Pusuru e Pahyhy.

Nous exigeons également que nos droits constitutionnels soient garantis et non pas utilisés comme monnaie d'échange. Nous continuons à proclamer notre opposition aux barrages, nous voulons des fleuves libres, et nous continuerons à lutter pour cela.

En avril 2013, il y a un mois, des centaines d'Indiens ont investi le Congrès National à Brasilia cherchant à exposer leur revendications, et protestant tout spécialement contre le projet d'amendement constitutionel numéro 215 (PEC 215) transférant le pouvoir de délimitation des terres indigènes de l'exécutif au législatif.

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 20:36

Des centaines de personnes ont défilé lors d'une marche pour la paix dans les rues du quartier de Canindezinho à Fortaleza [seconde ville du Nordeste brésilien] pour dénoncer à la fois les assassinats parmi la jeunesse, les mesures visant à la réduire celle-ci à néant  et les fragilités des infrastructures dans cette région connue sous le nom de Grande Bom Jardim couvrant cinq quartiers. En début d'après-midi du 18 avril 2013, sur la place de Canindezinho se sont rassemblés des jeunes, des étudiants, des professeurs, des responsables des différentes communautés, des artistes et des sympathisants. Quelques uns, arrivés plus tôt, ont confectionné leurs pancartes sur les bancs de la place, et d'autres y ont apporté leurs banderoles : ils voulaient parler de la jeunesse, de la paix et de la vie. En guise d'hommage, certains d'entre eux portaient des t-shirts arborant la photo de voisins ou de proches assassinés.

Une banderole pose la question : "Combien de jeunes devront encore mourir avant que la société et l'État ne réagissent ?". Une autre porte le titre "Manifeste pour la paix". Photo de Icaro Martins, publiée sur Facebook.

Une banderole pose la question : “Combien de jeunes devront encore mourir avant que la société et l'État ne réagissent ?”. Une autre porte le titre “Manifeste pour la paix”. Photo de Icaro Martins, publiée sur Facebook.

La marche a été organisée par le groupe des Jeunes Agents de la Paix (Jovens Agentes de Paz – JAP), un projet du Centre de Défense de la Vie – Herbert de Souza qui repose sur le partenariat avec les écoles, les associations communautaires, les organisations non-gouvernementales et les groupes artistiques et religieux. Selon les organisateurs, 1.500 personnes ont participé à la marche.

Donner de la voix pour défendre la vie

Marche pour la paix du Grande Bom Jardim. Image diffusée sur la page Face du projet Jovens Agentes de Paz.

Marche pour la paix du Grande Bom Jardim. Image diffusée sur la page Face du projet Jovens Agentes de Paz / Jeunes Agents de la paix.

D'après la lettre ouverte de la marche intitulée “Contre la violence de l'État et l'extermination annoncée : faisons entendre notre voix pour défendre la vie !” et en lecture sur le site du Centre de Défense de la vie – Herbert de Souza, 491 morts entre 2007 et 2010 au Grande Bom Jardim sont liées à la violence. Toujours selon cette lettre, ce chiffre comprend 186 jeunes de 15 et 29 ans, morts entre 2007 et 2009 ; pour la seule année 2012, 166 personnes ont été assassinées dans la région. Pour rapporter ces données à un rapport de grandeur, ces cinq quartiers comprennent 204 281 personnes, dont 120 957 de moins de 30 ans, selon le recensement de 2010 de l'Institut brésilien de géographie et de statistiques (Instituto Brasileiro de Geografia e Estatística – IBGE [en français]). Pour les organisateurs de cette marche, nombreux sont les combats à mener contre la “chaîne de violations” [des droits de l'enfant], comme celui contre l'analphabétisme (la lettre indique que plus de 9 611 enfants, adolescents et jeunes adultes, sur une fourchette de 5 à 24 ans, ne savent ni lire ni écrire), la lutte contre les maladies résultantes de conditions sanitaires et d'infrastructures inappropriées et la lutte contre l'exploitation sexuelle des mineurs, garçons et filles. La lettre, remise aux personnes en présence et distribuée dans la rue, adressait aussi une critique au débat concernant la baisse de l'âge de la majorité pénale au Brésil, fixée à 18 ans :

Et comme si la terrible situation en cours ne suffisait pas, les jeunes doivent dorénavant porter eux-mêmes la responsabilité de la violence croissante au Brésil, dans un processus de criminalisation de la jeunesse, s'articulant avec l'augmentation consécutive de l'incarcération des jeunes et le combat des milieux réactionnaires exigeant la diminution de la majorité pénale [à 16 ans, voire 14 ou 12 ans]. Ils ont même à subir jour et nuit la brusquerie des contrôles policiers et un traitement [médiatique] de la même teneur par les chaines de télévision dont les grilles comprennent des émissions policières criminalisant les pauvres et stigmatisant les quartiers.

Le groupe de percussion du projet Luthieria Cultural joue au beau milieu du défilé. Photo publiée sur Facebook via le profil du collectif Crítica Radical.

Le groupe de percussion du projet Luthieria Cultural joue au beau milieu du défilé. Photo publiée sur Facebook via le profil du collectif Crítica Radical.

Un des jeunes participants, Icaro Martins a suivi l'événement de près, muni de son appareil photo, et a créé un album sur Facebook afin de diffuser les photos de la marche.

Des citoyens portent la banderole "La jeunesse osant lutter vient avec nous marcher - La jeunesse a le droit de vivre". Photo publiée par Icaro Martins sur Facebook.

Des citoyens portent la banderole “La jeunesse osant lutter vient avec nous marcher – La jeunesse a le droit de vivre”. Photo publiée par Icaro Martins sur Facebook.

Défiler pour la paix

Le 16 mars 2013, les enfants et les jeunes du projet Luthieria Cultural ont aussi participé à uncortège pour la paix dans le parc São Vicente, situé dans le quartier de Canindezinho. Le projet Luthieria est une “initiative artistique, ludique et éducative” visant à “diminuer les situations de violence présentes dans le quartier” par le biais de la musique à percussion et de formations [des jeunes].

Peinture murale pendant le cortège : "Unissons nos mains pour la paix". Photo publiée sur le blog du projet Luthieria Cultural.

Peinture murale pendant le cortège : “Unissons nos mains pour la paix”. Photo publiée sur le blog du projet Luthieria Cultural.

Des participants au projet jouent des percussions au parc São Vicente, dans le quartier de Canindezinho. Photo publiée sur le blog du projet Luthieria Cultural.

Des participants au projet jouent des percussions au parc São Vicente, dans le quartier de Canindezinho. Photo publiée sur le blog du projet Luthieria Cultural

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 15:53

C'est sous les protestations et les sifflets, et avec le minimum de voix nécessaires, que le député évangéliste Marco Feliciano, du PSC (Parti Social Chétien) a été élu le 7 mars 2013 président de la Commission des Droits de l'Homme et des Minorités de la Chambre des Députés, au Brésil.

 

Président de l'Eglise Assemblée de Dieu, Feliciano est une personnalité très polémique. Opposé au mariage gay et au droit à l'avortement, il est la cible d'un procès pour détournement de fonds par la Cour Suprême Fédérale (STF), auquel il répond par des propos homophobes, comme en témoigne son message sur twitter du 31 mars 2011: “la pourriture des sentiments des homoaffectifs mène à la haine, au crime, au rejet”.

 

Le site Carta Capital rapporte que pendant son discours de prise de fonction, Feliciano a nié être homophobe ou raciste. Le pasteur a déjà causé de nombreuses polémiques avec ses commentaires. Dans un discours lors d'un congrès évangéliste, il a affirmé que le SIDA est “le cancer gay”.

http://martinsogaricgp.blogspot.com.br/2013/03/marcos-feliciano-em-artigo-escrito-para.html

Le pasteur Marco Feliciano – photo partagée sur le blog de Gari

 

Sur le blog de Feliciano, on peut lire:

Nous savons tous que le dénommé SIDA peut atteindre tout le monde, indépendamment de ses préférences sexuelles mais la science même révèle la prédominance d'infection par cette maladie par les personnes manifestement homosexuelles, à tel point qu'il est vrai que, si on se déclare homosexuel lors de l'entretien préalable au don du sang, le don est refusé.

Le blog Mistura Urbana, conteste les procédés de Feliciano:

Se justifiant par l'excuse de la liberté religieuse et de la liberté d'expression, les personnes qui devraient être engagées pour l‘AMOUR DU PROCHAIN, comme le pasteur et député Marco Feliciano, et le pasteur millionaire Silas Malafaia préfèrent et choisissent d'enflammer la mulititude de fidèles par la haine, la violence et les préjugés. Et en plus, ils se positionnent comme les victimes d'un militantisme gay haineux et persécuteur (?!?!?!?!?!?).

 

La liste des horreurs proférées par Feliciano, est publiée sur le site CSP conlutas, on y trouve entre autres:

La malédiction que Noé lance sur son petit-fils, Canaan, se répand sur le continent africain, d'où la faim, les pestes, les maladies, les guerres ethniques !

Le compte twitter du député compte plus de 143 000 inscrits (@marcofeliciano) et son compte Facebook 105 000.

D'après le site Gazeta do Ribeirão, ses abonnés sur Twitter et Facebook ont déclaré pour sa défense:

“Les gens n'attaquent que ceux qui dérangent. Le Seigneur fait la différence. Le peuple de Dieu est avec toi” écrit un sympathisant sur Twitter. “Je sais qu'il accomplira dignement la tâche qui lui a été confiée”, commente un autre abonné. “Le pasteur @marcofeliciano est un exemple pour notre génération ! Un homme de Dieu qui ne doit pas avoir honte et qui mérite notre respect” ajoute un autre.

Pourtant, contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, le pasteur ne reçoit pas l'appui de la communauté évangéliste dans sa totalité.

Rede Fale, représentant les 39 groupes religieux, a annoncé son opposition à l'élection et a lancé une pétition pour retirer au pasteur ses fonctions.

Dans un message publié sur son site Rede Fale dit:

 Les exemples historiques de chrétiens engagés pour les Droits de l'Homme sont nombreux, des figures comme le pasteur baptiste Martin Luther King Jr ou l'évêque anglican Desmond Tutu nous inspirent parce que justement ils mettent la foi comme un moteur de leurs actions de promotion et de défense des droits.

La répercussion de l'élection de Feliciano a fini dans les rues de différentes capitales du Brésil, en toute fin de semaine. Les internautes ont lancé les invitations aux défilés par Facebook, et ont partagé leurs photos sur les réseaux sociaux.

 

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=498046106920456&set=a.181101091948294.46083.146244058767331&type=1&ref=nf

Marche à São Paulo pour l'exclusion de Marco Feliciano. Photo de la page Facebook Fora do Eixo.

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=498097680248632&set=a.181101091948294.46083.146244058767331&type=1&theater

Acte de désaveu à São Paulo suite à l'élection de Feliciano à la Commission des Droits de l'homme et des Minorités. Photo Facebook Fora do Eixo (CC BY-SA)

Do Facebook fora do Eixo

Acte de désaveu suite à l'élection de Feliciano à la Commission des Droits de l'Homme et des Minorités • Rio de Janeiro (RJ) • 09/03/13 • (CC BY-SA) João Lima

Acte de répudiation contre Marco Feliciano à Vitoria-ES- Photo de Beatriz Magoga de Oliveira, pour Global Voices.

Acte de désaveu suite à l'élection de Marco Feliciano-  Vitoria-ES- Photo de Beatriz Magoga de Oliveira, pour Global Voices.

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=498159246909142&set=a.498158970242503.1073741834.146244058767331&type=1&theater

Acte de désaveu suite à l'élection du Pasteur Marco Feliciano (PSC) à la Présidence de la CDH. Fortaleza Ceará • 09/03/13 • (CC BY-SA) Fora do Eixo — em Fortaleza.

 

Une pétition Avaaz demandant l'éloignement de Feliciano a déjà recueilli plus de 300 000 signatures au moment de l'écriture de cet article.

 

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 15:45

Le mouvement mené depuis deux ans par l'ex-ministre de l'environnement Marina Silva, a été porté sur les fonds baptismaux à Brasilia le 16 février, sous le nom de Réseau de la Durabilité.

 

Quelques 1700 personnes, parmi lesquelles des militants, des fondateurs, et des idéologues, étaient présentes au lancement de ce Réseau qui souhaite être rapidement reconnu comme un véritable parti politique – même si l'idée est justement de ne pas être un parti politique conventionnel. Basé sur l'utilisation d'internet comme outil fondamental d'action politique et centré sur la question de la durabilité, l'objectif du Réseau est de rassembler, avant septembre 2013, les 500 000 signatures nécessaires à sa reconnaissance en tant que parti.

 

Brasília - A ex-senadora Marina Silva fala no lançamento de seu novo partido. Foto José Cruz/Agencia Brasil (CC BY 3.0)

Brasília – L'ex-sénatrice au lancement de son nouveau parti. Photo de José Cruz/Agencia Brasil (CC BY 3.0)

 

Ce mouvement s'est formé sur internet, dans la continuité de la campagne présidentielle de Marina Silva sur les réseaux sociaux en 2010. Aux élections qui ont suivi, elle a obtenu presque 20 millions de voix, sous la bannière du Parti des Verts (PV), ce qui lui a assuré la troisième place et a entraîné un second tour auquel le Parti des Travailleurs (PT) ne s'attendait pas, pensant remporter ce scrutin haut la main dès le premier tour, avec la victoire de Dilma Roussef.

 

La candidature de Marina Silva à la présidence de la République aux élections de 2014 dépend donc de la capacité de ce Réseau à exister en tant que nouveau parti avant octobre 2013, ce qui dépend non seulement des signatures recueillies, mais aussi de la publication de statuts [en portugais, comme les liens suivants] et de leur approbation par la justice électorale. Le Manifeste Politique qui tient sur cinq pages a été divulgué à l'occasion du lancement du Réseau de la Durabilité, et il est l’œuvre des idéologues et fondateurs, Heloísa Helena, João Paulo Capobianco et Walter Feldman.

 

Captura de ecrã do website http://brasilemrede.com.br/

Capture d'écran du site web BrasilEmRede.com.br

“Ni majorité, ni opposition”

 

Sur Internet, les commentaires qui ont fait suite à la nouvelle, dans leur ensemble peu favorables à l'initiative, critiquent le fait que le mouvement de Marina Silva se déclare “ni dans la majorité ni dans l'opposition”. Ce commentaire de Carlos Afonso Quintela da Silva est emblématique de cette position:

[A Rede de Sustentabilidade] Irá “pescar” aqui e ali afiliados nas outras legendas. Certamente os insatisfeitos. Ou seja mais uma legenda para reunir os oportunistas e deserdados pelos seus ex-correligionários. Vai ser a cara de tantos outros já existentes.

[Le Réseau de la Durabilité] Va partir “à la pêche” aux voix de militants d'autres partis. Certainement des insatisfaits. C'est donc un parti de plus qui réunira les opportunistes et ceux qui ne sont plus en odeur de sainteté dans leur propre parti. Copie conforme d'autres partis existants.

 

On peut cependant percevoir, que suite à l'émission Roda Viva du 18 février, dans laquelle Marina Silva a saisi l'opportunité d'éclaircir un certain nombre de points concernant le mouvement, et en particulier, celui de n'être “ni majorité, ni opposition”, les commentaires sur internet sont devenus plus équilibrés.

 

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 21:27

Cet article d'Andrea Dip, fait partie d'une édition spéciale #CopaPública de l'agence Pública, et a été publié le 10 avril 2012 sous le titre RJ: As Casas Vão Cair (Rio de Janeiro: Les maisons vont s'effondrer)

Sur le “morro” (la colline) de la Providence à Rio de Janeiro, la construction d'un téléphérique pour les touristes venant voir la Coupe du monde est un motif d'expulsion des habitants. Les maisons démolies sont indemnisées par une allocation sociale de 400 réais mais un grand nombre de familles ne trouvent pas à se reloger.

Foto: Agência Pública

Photo: Agência Pública

La maison de Neusimar, travailleuse indépendante qui demeure avec sa  famille de 7 personnes sur le Morro de la Providence à Rio de Janeiro, est marquée du signe SMH (Service municipal du logement). Ceci veut dire qu'elle va être détruite. Toutes les maisons et immeubles voisins ont déjà été démolis. Les habitants ont déjà accepté l'allocation de 400 réais offerte par la Mairie de Rio.

Ce morro va accueillir le projet Porto Maravilha (port des merveilles), avec un téléphérique et un plan incliné pour les touristes qui viendront pour la coupe du monde en 2014 et pour les Olympiades de 2016 comme Pública l'a montré précédemment. Les habitants se sont donc vu infliger des déménagements forcés.

Neusimar résiste parce qu'elle ne veut pas quitter la maison ou sa mère est née, où elle  a grandi avec toute sa famille, pour aller vers un avenir incertain.

"Meus avós e meus pais brincaram aqui". Foto: Agência Pública

“Mes parents et mes grands parents ont joué ici”. Photo: Agência Pública

 

 

Où allons-nous trouver une maison à louer pour 400 réais? Qui va vouloir me louer une maison ? Je suis sans travail, ma mère est malade, nous sommes une grande famille. Nous ne restons pas par entêtement, mais nous ne voulons pas partir pour nous retrouver comme ces gens que l'on voit traîner dans la rue parce qu'il ne trouvent rien à louer.

Elle raconte que leur situation devient chaque jour plus compliquée.

Foto: Agência Pública

Photo: Agência Pública

Tout est par terre autour de ma maison, les murs sont ébranlés, nous risquons même maintenant des effondrements.

Des histoires comme celle-là, on en raconte beaucoup sur la vidéo Morro de la Providence du collectif #Entre Sem Bater (entrez sans frapper), formé d'élèves de l'école populaire de Communication critique ( Espocc) : un projet de “l'observatoire des favellas” qui offre aux jeunes et aux adultes habitants de ces espaces populaires de Rio de Janeiro, un accès à des langues différentes, à des concepts et des techniques du domaine de la communication. Ce mini-documentaire était envisagé à l'origine comme un travail de fin d'études. Mais le collectif a grandi et les participants ont continué à faire des recherches, à se documenter sur les “déménagements” du Morro de la Providence et d'autres endroits.

Foto: Agência Pública

Photo: Agência Pública

La vidéo montre en plus des “déménagements”, les préparatifs de la démolition de la salle de jeux du morro. On y faisait des championnats de football et les répétitions de l'école de samba de la communauté. Leo Lima est photographe et membre de “Entre sem bâter”, il raconte que peu de temps après la fin du film la salle a été abattue pour laisser place au chantier de construction de la tour du téléphérique.

Le blog #CopaPública est une expérience de journalisme citoyen qui montre  comment la population brésilienne locale est affectée par les préparatifs de la coupe de 2014 et comment elle s'organise pour ne pas être mise à l'écart.

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 11:09

Plus de trois mille paysannes venues de tout le Brésil, arborant tee-shirts et banderoles mauves, ont protesté jeudi dans le centre de Brasilia, la capitale, pour réclamer la fin de la violence contre les femmes dans les campagnes et la mise en place de politiques publiques en leur faveur.

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"La violence contre les femmes à la campagne est une réalité silencieuse, nous savons qu'elle existe et d'ailleurs les dénonciations ont augmenté mais il n'y a pas de statistiques", a déclaré à l'AFP Elisiane Jahn du Mouvement de femmes paysannes.

 

Elle a expliqué que la manifestation intervient dans le cadre d'une réunion de trois jours consacrée à deux thèmes inquiétants : "la violence et le manque de politiques publiques".

Cheveux de jais lâchés et petit foulard mauve sur la tête, l'indienne Prisicilla Maciel Duarte Lopes venue du village de Dourados (Mato Grosso do Sul, centre-ouest) agite une maracas colorée: "quand la femme indigène subit beaucoup de menaces, nous nous servons de la maracas pour prier, pour éviter que l'esprit du mal ne s'empare pas de l'homme et qu'il nous tue", explique-t-elle à l'AFP.

"Au long des années (de combat) nous avons obtenu une allocation maternité et le fait que les terres agricoles soient à notre nom, mais il nous manque encore beaucoup de choses. Nos salaires sont bas et les investissements en santé et éducation sont insuffisants", a déclaré Irene Moraes une agricultrice venue de la même région.

"J'ai laissé mon travail à la maison, les vaches à traire, mon potager à soigner, mais cela vaut la peine d'être ici", à Brasilia, a-t-elle ajouté.

La présidente du Brésil, Dilma Rousseff a participé à la rencontre et a assuré devant les trois mille paysannes que le "Brésil a besoin de femmes paysannes qui soient des citoyennes et pas seulement des productrices". Elle s'est engagée à adopter des mesures spéciales pour leur catégorie.

"Ce discours de soutien est merveilleux, maintenant nous espérons qu'elle tiendra ses promesses", a dit Leiza Novadezilhi, venue de Santa Catarina (sud) avec sa fille de 12 ans.

 

 

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 10:00

 

« Ces dernières années, ça a été assez facile et très profitable pour les spéculateurs de divulguer des chiffres complètement exagérés sur la taille de notre récolte. C'est absurde », s'est récemment insurgé le Conseil national du café brésilien. Les producteurs locaux sont partis en guerre notamment contre Terra Forte, l'un des principaux acheteurs brésiliens. Ils l'accusent de faire baisser les cours du café en prévoyant une production de café au Brésil (à 75 % de l'arabica) de 53,4 millions de sacs en 2013-2014, soit 174.000 tonnes de plus d'une année à l'autre. « Nous sommes quasiment certains que la récolte 2012-2013 n'excédera pas celle de 2013-2014, d'abord en raison de la sécheresse qui s'est installée juste après la floraison dans beaucoup de régions productrices, ensuite parce que la prochaine saison sera la moins bonne du traditionnel cycle bisannuel de l'arabica brésilien », assure le Conseil national du café, qui ne table que sur une production de 50,4 millions. Une année sur deux, le caféier connaît en effet une saison de rendement médiocre.  cafe-en-grain-assortiment-bresil-.jpg

« Extrêmement sous-évalués » 525184_0202476352646_web.jpg

L'agacement des planteurs est d'autant plus fort que le cours de l'arabica a chuté de 36,6 % en 2012, quand le robusta, plus généralement cueilli en Asie et en Afrique, a progressé de 8,2 %. L'arabica est revenu à son niveau de juin 2010, malgré un rebond de 7,7 % depuis son plus bas du 18 décembre.

 

Mais tout en se plaignant de la chute des cours, les producteurs brésiliens investissent massivement dans de nouveaux arbres, pour améliorer le rendement. La production pourrait donc augmenter de 6 millions de sacs dans les huit années à venir, ce qui « constitue un risque majeur de surapprovisionnement du marché », s'inquiète Rabobank, tout en restant optimiste à court terme sur l'arabica.

 

Idem pour Société Générale, qui juge les cours « extrêmement sous-évalués alors que les stocks sur l'ICE à Chicago sont historiquement bas, à 2,5 millions de sacs ». Mais l'offre mondiale reste encore très supérieure à la demande. Il faudra donc compter sur la Chine, qui n'a consommé que 120.000 tonnes de café, mais dont « la demande pourrait progresser de près de 40 % chaque année d'ici à 2015 », selon Barclays.

 

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