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  • : Blog pour tous les passionnés du Brésil : actualités économiques, sociales et politiques.
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Bruno MAGNIEZ

 
Email : bmagniez@netcourrier.com

 

Docteur en Sciences Economiques

 

Thèse de doctorat Université de Picardie Jules Verne (octobre 2001) :

-          « La place du secteur informel dans l’économie brésilienne : une étude centrée sur le commerce de rue à João Pessoa »
- Thèse sous la direction de B.Lautier, Professeur Université de Paris-I, Panthéon-Sorbonne. Mention très honorable.

-          Jury de thèse : Philippe Hugon, Jaime Marques Pereira, Christian Azais, Bruno Lautier, Christian Palloix


 

Professeur de Sciences Economiques et Sociales


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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 10:50

En vingt ans, selon une étude du NBER, l'écart de PIB par habitant entre le Nord et le Sud s'est réduit de 22 à 15,9, grâce à la croissance forte de la Chine, mais aussi de l'Inde et du Brésil. Le commerce mondial connaît le même type d'évolution, avec une explosion du poids de ces trois pays.

 

C'est un enterrement, par les chiffres, de la vision conventionnelle d'un monde bipolaire Nord-Sud. Dans une étude qu'il vient de publier, le National Bureau of Economic Research (NBER), un centre de réflexion américain, dessine un monde tripolaire découpé entre un Nord, un grand Sud composé de la Chine, de l'Inde et du Brésil, et le reste du Sud.

 

Selon le document, entre 1990 et 2009, l'écart de PIB par habitant entre le Nord et le Sud s'est réduit d'environ 28 % grâce à la Chine, à l'Inde et au Brésil, les trois plus importantes économies en termes de produit intérieur brut (PIB) du Sud. Sur cette période, l'écart Nord-Sud s'est réduit de 22,1 à 15,9, et de 39,3 à 16,6 entre le Nord et les trois grands pays du Sud. Chine, Inde et Brésil ont vu leurs économies et leur commerce croître plus vite qu'ailleurs. Les trois pays ont aussi reçu plus d'investissements directs étrangers.

En 2030, le Sud dominera le commerce mondial

Ces évolutions sont d'abord imputables à la Chine, qui a contribué pour 81 % au rapprochement des PIB entre Nord et Sud.

 

Si les taux de croissance suivent les tendances actuelles, l'écart se réduira encore, prédit le NBER. Il pourrait passer de 15,9 en 2009 à 10 en 2030. Une date à laquelle le Sud serait alors dominant dans le commerce mondial, autre volet de l'étude du NBER.

 

Le rapprochement des PIB entre Nord et Sud s'accompagne en effet d'un renforcement du poids du Sud dans le commerce mondial. Entre 1990 et 2009, la part des pays du Sud a ainsi doublé, tandis que celle des pays du Nord perdait près d'un quart de sa valeur. Là encore, le poids combiné de la Chine, de l'Inde et du Brésil explique cette évolution.

 

Entre les années 1960 et aujourd'hui, le poids des trois pays dans le commerce mondial est passé de 3,2 à 11,8 %. Tandis que la part des pays du Nord a décliné, notamment celle des pays du G7 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Canada, France, Italie, Royaume-Uni), qui s'établit à 37,3 % en 2009 après une chute de 29 % enregistrée depuis les années 1960. « L'économie mondiale est en train de se déplacer vers le grand Sud », conclut le NBER.

 

Malgré cette évolution, les pays du Nord continuent de se tailler la part du lion avec 62,8 % du commerce mondial, contre 12,3 % pour la Chine, l'Inde et le Brésil.

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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 12:22

 Le Brésil a fêté avec fierté mardi sa nouvelle place de 6e économie mondiale, un cadeau d’anniversaire pour la présidente Dilma Rousseff, première femme présidente du Brésil, 64 ans, qui a succédé le 1er janvier au très charismatique Luiz Inacio Lula da Silva.

Keystone
© Keystone | Brésil: Dilma Rousseff fête avec fierté sa première année de pouvoir

 

Les principaux journaux brésiliens ont salué en une la nouvelle annonçant que le PIB du Brésil (2.510 milliards de dollars) avait dépassé celui de la Grande-Bretagne et s’était hissé à la 6e place derrière les Etats-Unis, la Chine, le Japon, l’Allemagne et la France, selon l’institut de recherche CEBR, basé à Londres.

"D’un point de vue psychologique, c’est une victoire de fin d’année fantastique, extraordinaire", a dit Ricardo Teixeira, professeur à la prestigieuse Fondation Getulio Vargas, à Rio. "Mais le Brésil n’y est pas arrivé tout seul: la conjoncture mondiale et principalement européenne ont également eu une influence", a-t-il ajouté.

 

Toutefois, le Produit intérieur brut (PIB) per capita et le niveau de vie des Brésiliens sont encore très loin de ceux des Européens et Américains, selon le gouvernement et les experts.

Le PIB par habitant n’est que de 12'900 dollars contre 44'400 dollars en France et 48'100 dollars aux Etats-Unis, selon le Fonds monétaire international.

 

Eradiquer la pauvreté

Selon une simulation réalisée par l’agence de notation brésilienne Austin Rating, le niveau de vie des Brésiliens n’égalera celui des Britanniques qu’en 2028.

 

La première économie d’Amérique latine doit éliminer l’analphabétisme, améliorer la santé publique et l’éducation et éradiquer la pauvreté extrême qui touche 16 des 190 millions de Brésiliens.

"Il y a encore énormément de choses à faire. Vingt, 30 ans seront nécessaires pour réduire les différences sociales au Brésil", a dit à l’AFP l’économiste chef d’Austin Rating, Alex Agostini.

 

L’élimination de la misère est un des grands défis de la présidente Dilma Rousseff qui a promis de ne pas s’accorder de repos tant qu’elle n’y sera pas parvenue.

 

Première femme présidente du Brésil, Dilma Rousseff, 64 ans, a succédé le 1er janvier au très charismatique Luiz Inacio Lula da Silva. Cette ex-guérilléra sous la dictature militaire (1964-1985), classée troisième femme la plus influente au monde par la revue Forbes, a fait de la poursuite de la croissance économique de l’ère Lula l’axe de sa politique.

 

L’économie brésilienne a connu une croissance de 7,5% en 2010 mais de seulement 3% cette année. Mme Rousseff a toutefois assuré que 2012 sera une année "prospère" pour les Brésiliens, "meilleure qu’en 2011".

 

Style plus gestionnaire

Grâce aux bonnes performances de l’économie, la présidente a terminé l’année avec un taux record de 72% de popularité et a réussi à imposer son propre style de gouvernement, plus gestionnaire et moins politique que Lula, son parrain politique.

 

"Son style plus dur, de gestionnaire, donnant l’image d’une dame de fer qui s’oppose à la corruption, plaît à la classe moyenne traditionnelle", selon Ricardo Ribeiro, analyste du consultant MCM.

 

Au cours des six derniers mois, Dilma Rousseff a mis à la porte six ministres accusés de corruption, dont celui des Sports, directement lié à l’organisation de la Coupe du monde de football en 2014 et des jeux Olympiques de 2016.

 

Elle a surmonté cette crise politique avec l’image d’une présidente moins tolérante envers la corruption que ses prédécesseurs. C’est un des facteurs de sa popularité, même si le principal est "la satisfaction des Brésiliens concernant l’économie", a expliqué Renato Fonseca, directeur de l’institut de sondages Ibope.

 

 

 

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 12:59

Dilma Rousseff aux couleurs de Rio 2016, le 2 août 2010.

Dilma Rousseff aux couleurs de Rio 2016, le 2 août 2010. REUTERS/© Bruno Domingos / Reuters

Le Brésil est devenu en 2011 la sixième puissance économique mondiale, se classant désormais devant le Royaume-Uni, d'après le dernier bilan du Centre for Economics and Business Research (CEBR), un institut de recherche basé à Londres. Les Etats-Unis conservent la première place, suivis par la Chine (2e), le Japon (3e), l'Allemagne (4e) et la France (5e).

Cette montée en puissance du Brésil observée par le CEBR vient confirmer des projections du Fonds monétaire international (FMI) corroborées par la société d'analyse Economist Intelligence Unit (EIU) et le Business Monitor International (BMI). Le produit intérieur brut (PIB) du géant sud-américain atteindrait, selon leurs calculs, repris par le quotidien Folha de S. Paulo, 2 440 milliards de dollars, contre 2 410 milliards de dollars pour l'économie britannique.

 

Le Brésil avait déjà gagné l'année passée une place au classement des économies mondiales en dépassant l'Italie, aujourd'hui huitième. Son économie a connu une croissance de 7,5 % en 2010 mais le gouvernement a revu ses prévisions  à 3,5 % pour cette année après un fort ralentissement de l'activité, plombée par la crise européenne de la dette et le ralentissement de la croissance mondiale. photo_1324915136637-1-0.jpg


Dans une interview à la radio BBC, le directeur du CEBR, Douglas McWilliams, a souligné que ce classement montrait le poids croissant de l'Asie dans l'économie mondiale, au détriment des pays occidentaux. Par ailleurs, "des pays qui produisent des biens de première nécessité, comme les aliments et l'énergie, s'en sortent très bien et montent progressivement", a-t-il ajouté.

 

Toujours d'après le CEBR, la France sera dépassée par le Royaume-Uni en 2016. Paris ne pointerait plus qu'à la 9e place en 2020, tandis que la Russie et l'Inde devraient se hisser respectivement aux 4e et 5e rangs.

 

 

Déjà, en 2010, le Brésil avait gagné une place au classement des économies mondiales en dépassant l'Italie, aujourd'hui huitième.

 

Après 4 % de croissance annuelle moyenne depuis 2003 et malgré une révision à la baisse (de 4,5 % à moins de 3,5 %) des prévisions pour cette année, le Brésil semble récupérer les fruits de la mutation éclair de son économie.

 

Hausse des salaires

La croissance est tirée par un secteur industriel en plein essor et soutenu par une politique volontariste, suivi par l'agriculture, le commerce et les services.presidente-Dilma-Rousseff-nov2011-size-598-copie-1.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'emploi est en hausse, le chômage inférieur aux taux de la plupart des pays développés (de l'ordre de 6 %) et la consommation des ménages, dans ce pays de près de 200 millions d'habitants, n'en finit pas de progresser pour la septième année consécutive.

 

Le cocktail de politiques sociales et de hausse des salaires a permis à plus de 30 millions de Brésiliens de quitter la pauvreté. Ils sont venus grossir la classe moyenne, qui rassemble aujourd'hui près de 100 millions de personnes, et concentre la moitié du revenu national.

Même si le taux d'inflation, qui atteint 7 %, commence à s'éloigner sérieusement de sa cible de 4,5 %, le président de la banque centrale, Alexandre Tombini, a annoncé un recul de la hausse des prix dans les prochains mois.

 

La baisse des taxes sur les carburants, décidée la semaine dernière par la présidente, va dans ce sens et pourrait atténuer les risques de surchauffe de l'économie brésilienne.

Déjà en début d'année, la banque centrale brésilienne avait resserré sa politique monétaire. Elle vient de réduire, début septembre, d'un demi-point son taux de base, désormais fixé à 12 % (qui reste l'un des plus élevés au monde).

 

Pour justifier une telle décision, ses dirigeants avaient invoqué "une détérioration importante de l'économie mondiale", qu'ils estimaient profonde et durable. L'objectif de la manoeuvre étant également d'enrayer la flambée du real, qui pénalise les exportations de l'industrie nationale. mi_3265050795258518.jpg

 

De fait, le pays attire de plus en plus de capitaux et d'investissements étrangers, et les entreprises brésiliennes se lancent désormais dans les acquisitions au-delà des frontières.

 

Les récentes découvertes d'immenses gisements de pétrole et de gaz dans ses eaux très profondes de l'Atlantique entraînent un regain de confiance chez les autorités brésiliennes et suscitent d'ores et déjà la convoitise des principaux acteurs mondiaux du secteur.

 

A ce rythme, et face à un ralentissement généralisé de la zone euro, le Brésil pourrait, dès 2014, année où le pays organise la Coupe du monde de football, dépasser la France, selon les projections de l'EIU. D'après les estimations de la société londonienne, le pays pourrait aussi doubler l'Allemagne en 2020.

 

On est loin des prévisions de la banque américaine Goldman Sachs qui avait, en 2003, estimé que le Brésil dépasserait la France et le Royaume-Uni à partir de... 2035 !!!!!!

 

 

 

 

 

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 19:00

La présidente Dilma Rousseff  assure que le Brésil est « blindé » contre une contagion de la crise financière internationale.

 

A contre-courant de l’optimisme des discours officiels, Pierre Salama estime que les économies d’Amérique latine continuent à être menacées par la crise qui touche l’Europe et les Etats-Unis, deux débouchés traditionnels de la région. En outre, les exportations vers la Chine ne sont pas une panacée.

 

 

Economiste français, professeur émérite des universités, grand connaisseur de l’Argentine, du Brésil et du Mexique, comparatiste éclairé, Pierre Salama voit poindre des symptômes préoccupants.

« Au Brésil, la production industrielle a chuté de 1,6 % entre septembre 2010 et septembre 2011 », note-t-il.

 

Le géant sud-américain connaît « une désindustrialisation précoce ». L’exportation de produits primaires progresse au détriment des produits industriels. La balance commerciale accuse un déficit croissant des produits des industries de transformation.

 

Ainsi, les échanges avec la Chine sont asymétriques : les Brésiliens exportent des produits primaires, tandis que les Chinois leur vendent des produits manufacturés.

 

La diversification des exportations et le désendettement ont rendu l’économie brésilienne moins vulnérable aux aléas de la conjoncture internationale. « Mais attention, moins de vulnérabilité ne signifie pas moins de fragilité », souligne Salama.

 

Dilma Rousseff a réduit les dépenses publiques de 50 milliards de reais (20 milliards d’euros), alors que l’investissement reste faible (19 % du produit intérieur brut) et les besoins en infrastructures sont considérables en vue de la Coupe du monde de football de 2014 et des Jeux olympiques de 2016 à Rio de Janeiro.

 

 

 

L’austérité pèsera sur la croissance, danger plus grave que l’inflation, selon l'économiste français. A son avis, le marché intérieur devrait être dynamisé par une redistribution des revenus qui ne soit pas limitée aux plus pauvres.

 

Une réforme fiscale est nécessaire pour réduire les effets régressifs de l’impôt. L’effort de réduction de la pauvreté depuis dix ans n’a pas encore diminué substantiellement les inégalités. Enfin, l’adoption de mesures protectionnistes ponctuelles et ciblées contre le dumping social et environnemental des Chinois ne devrait pas être écartée.

 

http://pierre.salama.pagesperso-orange.fr/

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 14:21

Ce 26 décembre marque une date importante pour le Brésil puisque nous sommes à 900 jours de l'ouverture de la Coupe du monde de football en 2014 (12 juin au 13 juillet). Engagé dans une entreprise gigantesque, le pays où le ballon rond est roi voir l'échéance se rapprocher. C'est l'occasion de faire un tour d'horizon de tous les défis qui attendent les Brésiliens. Premier des quatre volets de notre dossier: les stades.

 

Une Coupe du monde, c’est d’abord des stades. Première vitrine et surtout support essentiel pour voir de belles rencontres, les enceintes au Brésil représentent l’un des principaux chantiers du comité d’organisation. Douze villes, douze stades (dont cinq doivent être construits, les autres étant rénovés), douze occasions de réussir (ou rater) l’épreuve planétaire en 2014.

 

De Manaus, au Nord, jusqu’à Porto Alegre, au Sud, en passant par Fortaleza, Natal, Recife, Salvador, Brasilia, Cuiaba, Belo Horizonte, Sao Paulo, Curitiba et bien entendu Rio de Janeiro, le Brésil est lancé dans les douze travaux d’Hercule, et dans un contre-la-montre à risques. Car dans le planning de la Fédération internationale (FIFA), la majeure partie des travaux doit être finie à la fin de l’année 2012, pour pouvoir accueillir la Coupe des Confédérations du 15 au 30 juin 2013.

 

 

Sous surveillance de la FIFA

Chaque projet a eu son lot de surprises et de mésaventures, et certains accusent déjà de gros retards, ce qui a poussé la FIFA à rappeler à l’ordre le Brésil. Même le syndicat nation des entreprises d’architecture et de l’ingénierie du Brésil (Sinaeco) s’était montré inquiet par la lenteur des travaux en mars 2010. Au cœur des problèmes : l’argent, bien sûr. Près de 3 milliards d’euros à engager, qui devaient, à l’origine, reposer sur les épaules d’investisseurs privés. Mais ils ont beaucoup tardé, et les collectivités (états, municipalités, gouvernement, …) ont dû s’employer. Les autorités brésiliennes ont régulièrement dû montrer toute leur bonne foi. En août, Dilma Rousseff, la présidente, annonçait que "la rénovation et la construction des stades va à un rythme adéquat. Des douze stades où auront lieu les matches, dix sont en travaux, et neuf seront prêts en décembre 2012".

Aldo Rebelo, ministre des Sports du Brésil: "La majorité des travaux dans les stades seront finis avant la fin des délais fixés."

 

Concrètement, Cuiaba (43 000 places dans l’Ouest), Belo Horizonte (69 000 places à l’Est) sont deux des très bons élèves, suivis par Natal (45 000 places sur la côte Ouest), Recife (46 000 places sur la côte), Fortaleza (60 000 places au Nord-Ouest) et Manaus (44 000 places au Nord). Pour eux, les feux sont au vert, même si l’enceinte de Manaus inspire des doutes. Pas sur le plan de sa construction ou de son architecture, mais plutôt de son utilisation future. Car dans la région amazonienne, le football n’est pas aussi développé que dans le reste du pays, et surtout, aucune équipe n’évolue en série A ou B, et faire stade comble après l’événement va s’apparenter, pour beaucoup, au miracle. La crainte de "l’éléphant blanc" ou de la coquille vide après le Mondial est grande.

Le Maracana, un écrin en travaux pour trois ans

Pour les autres, si celui de Curitiba (45 000 places au Sud-Est) connaît des retards, ce n’est rien comparé aux cinq derniers. Et ce ne sont pas les moins connus. Salvador (50 000 places sur la côte Est), Porto Alegre (66 000 places au Sud-Est), Brasilia (70 000 places au centre), Sao Paulo (65 000 places à l’Est) et Rio (83 000 places à l’Est), voici les stades les plus importants, ceux qui connaissent le plus de soucis. Trois cas, trois exemples des difficultés.

 

La répartition des matches par villes
. Rio de Janeiro: 4 matches de groupe, un 8e de finale, un quart de finale et la finale
. Sao Paulo: le match d'ouverture, trois autres matches de groupe, un 8e de finale, une demi-finale
. Brasilia: 4 matches de groupe, un 8e de finale, le match pour la 3e place
. Belo Horizonte: 4 matches de groupes, un 8e de finale, une 1/2 finale
. Salvador: 4 matches de groupes, un 8e de finale, un 1/4 de finale
. Fortalezza: 4 matches de groupes, un 8e de finale, un 1/4 de finale
. Porto Alegre: 4 matches de groupes, un 8e de finale, un 1/4 de finale
. Recife: 4 matches de groupes, un 8e de finale
. Cuiaba: 4 matches de groupes
. Curitiba: 4 matches de groupes
. Manaus: 4 matches de groupes
. Natal: 4 matches de groupes

 

D’abord le plus mythique : le Maracana de Rio de Janeiro. Construit pour la première Coupe du monde organisée au Brésil en 1950, il subit une cure de jouvence (encore une) pour améliorer son accueil et sa sécurité. Des 200 000 spectateurs venant s’entasser ici à ses débuts, il n’y en aura plus que 83 000 en 2014. Ce chantier gigantesque, perturbé par les pluies diluviennes du mois d’avril 2010 qui avaient fait 153 morts dans la région et l’avait transformé en piscine puis par une grève des ouvriers en août 2011, doit se terminer en 2012. L’Etat de Rio, propriétaire du stade, affirme qu’il sera rouvert comme prévu en 2013, après trois ans de travaux. Beaucoup sont sceptiques, mais le Brésil n’a pas le choix : le Maracana devra être prêt pour la Coupe des Confédérations, quitte à augmenter les coûts, à travailler nuit et jour.

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Le véto de la FIFA à Sao Paulo

A Sao Paulo, c’est plus compliqué. La FIFA a dû mettre son veto pour écarter le projet de rénovation du Stade Morumbi, qui ne prévoyait qu’une capacité de 48 234 places. Pas aux normes de la FIFA, encore moins pour accueillir le match d’ouverture. Du coup, le FC Sao Paulo, ancien club de Raï, a vu les voisins des Corinthians hériter du dossier. 65 000 places, mais des retards incroyables qui ont d’abord inquiété la FIFA avant qu’elle n’adoucisse sa position. Le président du club assure que le stade sera fini pour septembre 2013.

 

Enfin, Porto Alegre révèle toute la complexité qui peut exister dans un projet. Dans une ville où la rivalité entre l’International (en rouge et blanc) et le Gremio (en bleu, le club formateur de Ronaldinho) est extrêmement forte, le choix du premier par le Comité d’organisation a fortement déçu le second. Qui s’est lancé dans un projet de rénovation de son stade, trouvant les financements alors que son rival avait toutes les peines pour y parvenir. Les "Tricolor" rêvent secrètement d’un revirement, « façon Sao Paulo ». C’est d’ailleurs le seul cas problématique reconnu par le gouvernement : "Un seul retard a été constaté dans le Rio Grande do Sul", déclarait au début du mois de décembre le ministre des Sports. Là encore, l’optimisme est de rigueur. Méthode coué ou réalité ?

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L’exemple écologique de Belo Horizonte

A l’opposé des difficultés des uns et des autres, le stade de Belo Horizonte fait figure de modèle à suivre. Dans les temps en ce qui concerne l’avancée des travaux, le stade du Mineirao vise surtout l’excellence en terme d’environnement. Avec en prime la certification LEED (Leadership in energy and Environmental Design), une norme américaine désignant des bâtiments à haute qualité environnementale.

 

"On n'accepte plus de travaux qui ne tiennent pas compte du respect de l'environnement", explique José Roberto Bernasconi, président du syndicat d'architecture et d’ingénieurie de Sao Paulo (Sinaenco-SP). La rénovation (qui devrait se terminer en 2012) de ce stade construit en 1965 privilégie ainsi l’embauche de fournisseurs locaux pour éviter le transport et donc l’augmentation de gaz à effet de serre. Il a aussi été décidé de recueillir jusqu’à six millions de litres d’eau de pluie pour arroser les pelouses, de réutiliser le béton retiré du stade original pour effectuer la rénovation, de donner les 50 000 sièges retirés à des gymnases et complexes sportifs, tandis que les 800 000m3 de terre extraites ont servi à panser des zones dégradées par l’exploitation de mines de pierres précieuses.

 

"Tout a été réutilisé", se félicite Vinicius Lott, en charge du projet "Mondial durable" du gouvernement du Minas Gerais. Cerise sur le gâteau : l’installation d’une usine solaire sur le toit de l’enceinte, qui permettra d’alimenter 1500 domiciles. 6000 panneaux solaires développeront une puissance de 1.5 mégawatt par heure, chiffre bien inférieur à la capacité d’une centrale hydroélectrique. Mais c’est de l’énergie "propre".

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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 11:38

Le style de gouvernance a changé. D'un Lula imprévisible, le Brésil est passé à Dilma Roussef, ex-révolutionnaire. Elle se montre pragmatique et sérieuse.

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La corruption occupe toujours sa place mais avec Roussef elle est combattue dans la mesure du possible. Roussef a mis 6 ministres à la porte. Un assez joli tableau de chasse pour un an de gouvernement. Mais ce faisant elle s’est créé des difficultés  avec ses alliés politiques.

 

Au Brésil , sauf révolution , en finir avec la corruption est une tâche qui mettra des dizaines d’années peut être même un siècle ! Mais la population applaudit Roussef ce qui est tout de même signe que beaucoup de gens ne veulent plus de corruption dans le pays. Bonne nouvelle donc.

 

Le pays continue de dépendre (trop  à mon avis) de ses exportations de commodities lesquelles représentent maintenant  69,4 % du total. Dieu continue d’être Brésilien puisque la demande de commodities ne diminue pas.

Les taux d’intérêts restent les plus hauts du monde. Actuellement l’équivalent de la prime rate est à 11%. La banque centrale continue d’agir avec indépendance et intervient sur le marché constamment en achetant ou vendant des dollars pour maintenir le taux du dollar qui lui convient par rapport au Real. Bien entendu les banques continuent d’avoir les bénéfices les plus haut du monde.

 

Pendant quelques mois le gouvernement s'est soucié de contrôler l’inflation et a pris des mesures classiques pour  ralentir la croissance. Mais il a déjà changé son fusil d épaule. On joue la croissance " en ce moment ".

Il y a un élément qui aide considérablement la croissance: Ce sont les nouveaux consommateurs. Ils ne se soucient pas de crise, inflation ou croissance. On leur donne les moyens de consommer en leur donnant du crédit sur mois et années. Ils achètent. L'augmentation du PIB pour 2011 devrait atteindre 4 % .

 

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En politique étrangère, Roussef se montre prudente. Pas question avec elle d’aller apporter appui à Ahmadinejad comme le fit Lula. Par contre comme membre des BRICS elle montre réticence à aider l’Europe. Peut être n’as t ‘elle oublié les longues années pendant lesquelles le Brésil était obligé de se plier aux exigences du FMI.

 

En résumé année calme au Brésil. Lula ne manque à personne ou presque. Mais Roussef a montré qu'elle manque de stature politique. Ceci lui portera peut être préjudice lors des prochaines élections. Mais elle a 3 ans devant elle pour montrer plus de force.

 

 

 

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 17:16

Le Brésil est le 7e marché du groupe français, qui y a réalisé un chiffre d'affaires de 705 millions d'euros en 2010, en hausse de 21% à données comparables.

Éric Gaillard
Éric Gaillard

 

 

L'Oréal a annoncé lundi la construction prochaine d'un centre de recherche et développement au Brésil, un marché en pleine croissance où le groupe de cosmétiques entend rattraper son retard.
Le géant mondial du secteur a précisé dans un communiqué avoir signé un protocole d'accord pour la construction d'un centre de recherche dans l'île de Bom Jesus, à Rio de Janeiro, représentant un investissement de 30 millions d'euros.

 

 

Le groupe dispose aujourd'hui de 18 centres de recherche mais concentre encore très largement ses moyens dans les pays matures alors que la croissance du marché mondial des cosmétiques sera, à terme, très largement tirée par les pays émergents.


L'Oréal détient un centre de recherche en Chine depuis 2005 et a ouvert en 2008 un centre de développement au Brésil axé sur la mise au point de nouvelles formules.
Avec le futur centre de Rio, il se lancera cette fois dans la recherche avancée visant la mise au point de nouvelles molécules.


La capacité à innover sur les marchés émergents est une nécessité stratégique pour les fabricants de produits de soins du visage, du corps et des cheveux.
L'Oréal, qui s'est fixé pour objectif de long terme de conquérir un milliard de consommateurs supplémentaires, se doit donc, pour accélérer sa croissance, de pouvoir répondre aux spécificités du gigantesque gisement des consommateurs d'Amérique latine.


Le Brésil est le 7e marché du groupe français, qui y a réalisé un chiffre d'affaires de 705 millions d'euros en 2010, en hausse de 21% à données comparables.
Le marché brésilien est évalué à environ 9,0 milliards d'euros et la part de L'Oréal y reste limitée à 8% seulement.


Le géant français arrive en effet très loin derrière les spécialistes de la vente directe que sont le brésilien Natura, poids lourd du marché, et l'américain Avon.
L'anglo-néerlandais Unilever arrive quant à lui en troisième position.
Les produits capillaires (shampoings, produits de soins du cheveux, colorations), ainsi que les produits d'hygiène corporelle, notamment les laits hydratants, constituent une part très importante du marché.

 

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 18:02

Une nouvelle Communauté d'Etats latino-américains et caribéens (Celac) est née à Caracas, le 3 décembre dernier, lors d'un sommet des 33 chefs d'Etat de la région. Quelles sont l'origine et la nature de ce regroupement ? Précédée de réunions à Bahia (Brésil), en 2008, et à Cancun (Mexique), en 2010, la Celac répond à une demande du Mexique, offusqué par la création de l'Union des nations sud-américaines (Unasur), en 2008, à l'initiative de Brasilia. La diplomatie brésilienne, qui brigue un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies, avait écarté Mexico, son principal rival, et privilégié les douze pays de son environnement immédiat.6d9786990506feef6acb8e8b7f6444db.png

Avec la Celac, le Mexique, l'Amérique centrale - zone d'influence de Mexico - et les Caraïbes reviennent dans le jeu régional, sans pour autant remettre en question les autres organismes existants : la Communauté andine des nations (CAN), le Mercosur (Marché commun sud-américain), le Système d'intégration centre-américain (SICA), la Communauté caribéenne (Caricom) et l'Alliance bolivarienne des Amériques (ALBA, pilotée par le Venezuela).

Les sommets de Bahia, Cancun et Caracas réunissaient, pour la première fois, les Etats latino-américains et caribéens sans la présence de pays extérieurs à cette aire géopolitique : ni l'Union européenne - comme dans les sommets UE-Amérique latine et Caraïbes -, ni l'Espagne et le Portugal - comme dans les sommets ibéro-américains -, ni les Etats-Unis et le Canada - comme à l'Organisation des Etats américains (OEA).

La Celac est-elle pour autant une alternative à l'OEA ? Sa création marque indéniablement le refus des tutelles et la distance qui s'est creusée entre Washington et le sud du Rio Grande. La dépendance de jadis a été remplacée par une interdépendance en termes de commerce, migrations, investissements et envois de fonds des émigrés latinos et caribéens.

La Celac s'inscrit dans la continuité du Groupe de Rio, un forum politique né en 1986, destiné à contribuer au règlement des conflits armés en Amérique centrale. Ce n'est pas une organisation, comme l'OEA, née en 1948, qui, disposant d'une structure permanente, de personnel et de moyens, est capable de déployer des missions d'observation des élections. L'OEA est le coeur d'un système interaméricain, agissant dans le domaine juridique, de la défense, des droits de l'homme et du développement.

Le président de l'Equateur, Rafael Correa, a proposé de remplacer l'OEA par la Celac et de créer un organisme des droits humains capable de se substituer à la Cour interaméricaine des droits de l'homme - ce qui a provoqué une protestation de l'organisation Human Rights Watch. M. Correa a prononcé aussi un réquisitoire contre les médias privés, avec lesquels il est en mauvais termes. Mais il n'est pas parvenu à convaincre ses propres alliés de l'ALBA : les Cubains ont même déclaré que la Celac ne visait ni à remplacer l'OEA ni à s'opposer aux Etats-Unis.

L'immense majorité des présidents de la région ne professent pas l'antiaméricanisme viscéral de M. Correa, de son homologue vénézuélien Hugo Chavez, du Nicaraguayen Daniel Ortega ou du Bolivien Evo Morales. Le choix du président pro tempore de la Celac s'est porté sur le Chilien Sebastian Piñera, un homme de droite, écartant ainsi toute tentation idéologique. Les chefs d'Etat ont refusé de doter la Celac de la moindre structure entre deux sommets et ont confirmé que les décisions continueraient à être prises par consensus, évitant les majorités favorisées par les pétrodollars de M. Chavez.

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Le Venezuela est un partenaire économique incontournable mais difficile. Pour cette raison, les présidents de la Colombie, de l'Argentine et du Brésil ont débarqué à Caracas avant le sommet régional, pour traiter les affaires bilatérales. Bogota veut obtenir le règlement de ses exportations au Venezuela. Brasilia tente derécupérer l'investissement promis pour une raffinerie commune au Pernambouc, malgré la décapitalisation de l'entreprise pétrolière vénézuélienne PDVSA. Buenos Aires cherche à compenser la fuite de capitaux argentins. Mexico, de son côté, essaye de recouvrer les indemnisations d'entreprises expropriées par Caracas.

Le succès de la Celac devra être mesuré à l'aune de son ambition : faireprogresser l'intégration régionale. Certes, que les chefs d'Etat privilégient le dialogue consolide l'Amérique latine et les Caraïbes comme une région de paix, dénucléarisée, sans conflits interétatiques. La stabilité favorise la croissance. Mais l'intégration a besoin d'initiatives concrètes.

Depuis un demi-siècle, les efforts se sont multipliés sans pour autant s'inscriredans la durée. En l'absence de suivi et de résultats, la diplomatie présidentielle a ses limites. L'intégration physique, la communication, la complémentarité énergétique, les échanges intrarégionaux, les accords universitaires en sont encore à leurs débuts, voire à l'état de simple esquisse.

Le Brésil continuera sans doute à privilégier l'Union des nations sud-américaines. Le nationalisme et le souverainisme de la plupart des chancelleries concernées sont contradictoires avec l'intégration régionale, qui suppose un certain degré d'institutionnalisation et donc l'acceptation de négocier des solutions supranationales. En attendant, un pont, une route, un réseau électrique ou satellitaire contribuent davantage à l'intégration que les sommets à répétition.

 

 

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 10:52

Les opposants à toute remise en cause ont vite fait d’évoquer le spectre de l’Albanie ou de la Corée du Nord pour refroidir toute velléité de remettre en cause la mondialisation. Mais dans la réalité, de nombreux pays prennent des libertés avec les dogmes libre-échangistes, pour leur plus grand bien.

 

Quand le Brésil devient protectionniste

Voici un pays confronté à une monnaie largement surévaluée. En effet, selon l’indice Big Mac de The Economist, le real serait la monnaie la plus chère du monde, surévaluée de 52% par rapport au dollar si on compare le prix du sandwich de Mac Donald’s. Et étant donné le niveau de développement du pays, l’hebdomadaire britannique estime qu’elle est même surévaluée de 149% ! Cela signifie que les produits brésiliens sont mécaniquement trois fois plus chers que les produits chinois.

 

Comme le souligne The Economist, le Brésil a vu sa monnaie s’apprécier depuis deux ans et demi, après un plus bas à 2,4 real par dollar : elle a atteint 1,57 real par dollar. En cause, la forte croissance du pays, qui attire les capitaux mais aussi des taux d’intérêts à 12.5% pour lutter contre une inflation qui a atteint 6.7% en juin. Mais cette cherté de la monnaie nationale fait souffrir l’industrie du pays, dont la production a reculé de 1.6% sur le mois de juin, avec une baisse de l’emploi industriel.

Le Brésil a donc décidé de taxer toute entrée de capital dans le pays ainsi que tous les contrats qui parient sur une hausse du real. Le pays veut privilégier les produits locaux dans les appels d’offre (qui pourront être jusqu’à 25% plus chers que les importations) et se lance dans une expérimentation proche de la TVA sociale (remplacement des cotisations patronales par une taxe sur le chiffre d’affaire) sur quatre marchés : vêtements, chaussures, meubles et logiciels.

 

Le précédent argentin

Je profite de l’occasion pour revenir sur un très bon article de Yann du blog Le bon dosage, où il détaillait la politique suivie par l’Argentine. Le cas de ce pays est un peu atypique depuis 2002 puisque le défaut de Buenos Aires l’a coupé des marchés financiers internationaux, imposant au pays un équilibre de son commerce extérieur pour rester indépendant et éviter d’avoir à vendre des actifs ou utiliser ses réserves pour équilibrer ses comptes avec l’étranger.

 

Le gouvernement argentin veut en effet mettre fin à la dépendance excessive à l’égard de l’extérieur dans certains domaines, notamment le jouet, le textile et l’électroménager. Dans le premier secteur, la production locale est passée de 5% de la consommation en 2003 à 30% aujourd’hui. Et le gouvernement souhaite encore diminuer les importations de 45%. Outre une taxation des importations, le gouvernement a décidé d’interdire les poupées Barbie produites en Chine.

 

Outre les aspects positifs pour l’environnement, la relocalisation des activités productives est une nécessité absolue qui sert un triple objectif : l’emploi, l’indépendance et la lutte contre les monopoles. En effet, les délocalisations massives d’activités productives ont bien un impact très négatif sur l’emploi, comme nous le voyons en France. Mais en plus, la concentration massive de la production en Chine est extrêmement malsaine du fait de la dépendance qu’elle créé.

 

D’ailleurs, les pays asiatiques l’ont bien compris, eux qui ont également adopté des politiques protectionnistes pour développer leur industrie. L’Europe sera-t-elle le dernier continent à comprendre l’intérêt de protéger son industrie ?

 

 

 

 

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Dans un récent article de Slate.fr - "Le Brésil, bouée de sauvetage de l'Europe" - la journaliste Anne Denis met en évidence les forts arguments du Brésil dans la compétition internationale actuelle: banques fortement capitalisées, politique industrielle volontariste, économie s'appuyant sur un marché intérieur en plein essor, taux d'investissement en progrès, chômage en baisse ( 6,4% ), création d'emplois formels qui ont battu tous les records en 2010.

 

Certes, le Brésil est un pays émergent dont les structures sociologiques et économiques ont peu de choses à voir avec la France et l'Europe. Mais force est de constater que ce pays sait se protéger, avec une monnaie au service de la politique que mène le pays, et notamment son industrie et les emplois qui vont avec.

 

C'est dans l'automobile que les dernières décisions du Brésil sont les plus spectaculaires.

 

Il vient de relever de 30% la taxe sur les véhicules importés ou dont le contenu local n'atteint pas les 65%. L'impôt sur les produits industrialisés ( IPI ) est ainsi passé de 11 à 41% pour les véhicules flex-fuel, polycarburant essence-méthanol, et de 13 à 43% pour les véhicules à essence. Cette mesure vise notamment les importations de véhicules chinois et sud-coréens qui étaient entrain d'envahir le marché brésilien.

 

Et Anne Denis de nous signaler que "Brasilia ne semble nullement craindre les accusations de protectionnisme ou une probable plainte de Pékin devant l'OMC".

 

Le journal brésilien "O Estado de Sao Paulo" du 20 septembre dernier met en évidence les déclarations du ministre des Finances du Brésil, Guido Mantega, qui affirme ceci: " Le Brésil a réussi à conserver un bon marché automobile. Mais aujourd'hui les importations augmentent dans la consommation intérieure et nous courons le risque d'exporter des emplois vers d'autres pays. L'objectif de cette mesure est de stimuler les investissements R/D, d'attirer les investissements au Brésil et de protéger l'industrie nationale de le concurrence des importations."

 

Quand on vous dit que la démondialisation à la brésilienne n'attend pas l'Europe...

 

 

 

NB: En photo, Guido Mantega, Ministre des Finances du Brésil.

 

 

 

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 11:24

SAO PAULO (Brésil) - Le Premier ministre François Fillon est arrivé mercredi soir à Sao Paulo, première étape de sa visite au Brésil, géant sud-américain auprès duquel il s'efforcera de porter "un message de confiance" sur l'évolution de la crise en France et en Europe.

M. Fillon, accompagné de trois ministres -Eric Besson (Industrie), David Douillet (Sports) et Henri de Raincourt (Coopération)- mais aussi de près de 30 patrons, a atterri peu après 22H00 locales (00H00 GMT), a-t-on appris auprès de son entourage.

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Avant de rejoindre Brasilia jeudi après-midi pour s'entretenir avec la présidente Dilma Rousseff, le chef du gouvernement passera la matinée dans l'agglomération pauliste, qui concentre 35% du PIB national: il interviendra au siège de la Fédération des industries de l'Etat puis participera à un débat.

 

A 10H45, il s'entretiendra avec le gouverneur de Sao Paulo, Geraldo Alckmin.

Lors de ce volet économique, François Fillon plaidera la cause européenne auprès de la 7e puissance mondiale. "La stagnation de l'économie européenne peut être enrayée", à condition que l'UE se "réorganise et se désendette", a affirmé

 

M. Fillon dans un entretien publié mercredi par la Folha de Sao Paulo.

 

Le Brésil a exprimé ses craintes face aux risques de contagion. Et s'il a enregistré une hausse de son PIB de 7,5% en 2010, il table sur 3,5% cette année. La croissance a même été nulle au troisième trimestre.

Lors de son entretien avec Mme Rousseff -qui reçoit pour la première fois un chef de l'exécutif français depuis son élection fin 2010-, le Premier ministre exprimera aussi la volonté de Paris de pousser plus avant le "Partenariat stratégique" conclu en 2008.

 

Le commerce bilatéral avec le Brésil, un des cinq grands pays émergents, atteint plus de 7 milliards d'euros. Environ 500 entreprises hexagonales -dont 35 du CAC 40- y sont présentes. La France est le 4e investisseur dans le pays.

La coopération bilatérale comporte notamment un volet militaire -construction d'hélicoptères et sous-marins- et Paris espère toujours exporter son avions de chasse Rafale. Mais si François Fillon se dit "confiant", le choix de Brasilia n'interviendra pas avant plusieurs mois.

 

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La France compte aussi participer au développement d'infrastructures, lié à la prochaine organisation d'évènements planétaires tels que le Mondial-2014 de football ou les JO de Rio.

M. Fillon terminera sa visite à Rio, vendredi et samedi.

 

 

Relations bilatérales et partenariat stratégique entre le Brésil et la France

 

Les liens étroits d’amitié entre le Brésil et la France reposent traditionnellement sur des valeurs que les deux pays partagent : promotion des principes démocratiques et des droits de l’Homme, renforcement du droit international et du multilatéralisme, promotion du développement et respect de la justice sociale, défense de la paix et de la sécurité, attachement à la non prolifération des armes de destruction massive et au désarmement, protection de l’environnement et de la diversité culturelle.

L’Année du Brésil en France, dont la visite du président Lula, du 12 au 15 juillet 2005, a constitué le point d’orgue, a permis d’accroître les contacts au niveau ministériel. Le partenariat stratégique avec le Brésil a été lancé en mai 2006 lors de la visite d’Etat au Brésil du président Chirac, puis a connu une impulsion décisive lors de la rencontre des présidents Lula et Sarkozy à Saint Georges de l’Oyapock (Guyane) le 12 février 2008, sur notre frontière commune. Il s’est traduit par l’adoption d’un plan d’action ambitieux et la signature de nombreux accords lors du sommet bilatéral de Rio le 23 décembre 2008 (organisé avec le sommet UE-Brésil). La visite du président Sarkozy le 7 septembre 2009, premier chef d’Etat non latino - américain invité d’honneur à la fête nationale brésilienne, a permis de dresser un bilan de la mise en œuvre des projets mis sur les rails et d’ouvrir des pistes nouvelles d’approfondissement d’une relation exceptionnelle. L’Année de la France au Brésil, du 21 avril au 15 novembre 2009, aura permis d’intensifier tous ces échanges et de présenter aux Brésiliens une France moderne, ouverte sur le monde, à la société diverse.

Notre partenariat est à la fois global, fondé sur la réciprocité et équilibré dans ses différents volets. La France s’engage à accompagner le Brésil dans son ambition à devenir un acteur global sur la scène internationale et à penser avec lui les réformes de la gouvernance mondiale et des institutions financières internationaleset préparer de concert les grandes échéancesde l’agenda international (G20, changement climatique et protection de la biodiversité, sécurité alimentaire et réforme de la FAO...). En outre, la France entend l’aider à se doter, grâce à d’importants transferts de technologie, des instruments de souveraineté dans les domaines de l’armement (développement et la construction partagés de quatre sous-marins Scorpene, assistance pour la conception et la construction de la partie non nucléaire du futur SNA brésilien, et achat et construction partagée de 50 hélicoptères de transport militaire EC, [Rafale]), spatial, énergétique et en matière d’innovation. En outre, le spectre de notre partenariat, même s’il ne prétend pas à l’universalité, est particulièrement étendu et concerne des domaines aussi variés que la biodiversité et le développement durable amazoniens, les transports durables et la croissance verte, la formation professionnelle, les relations transfrontalières autour des régions Guyane et Amapa, l’aide au développement en pays tiers, en Afrique et en Haïti...

Relations économiques

 

Le Brésil est notre 1er partenaire commercial en Amérique latine et notre 3ème partenaire hors OCDE et Maghreb, derrière la Chine et la Russie. La France est le 9ème fournisseur du Brésil, avec 2,7 % de part de marché, contre 6,9 % pour l’Allemagne et 14,8 % pour les Etats-Unis. La France achète traditionnellement au Brésil des produits agro-alimentaires (huiles brutes et tourteaux de soja) mais de plus en plus de biens industriels. Elle exporte vers le Brésil des biens d’équipement, notamment des avions, des équipements pour l’automobile et des automobiles, des préparations pharmaceutiques. Nos échanges économiques et commerciaux avec le Brésil ont explosé avec des exportations en augmentation de 50% et des importations de 23%. Pour la première fois depuis 7 ans, un solde positif est constaté (66 millions USD pour des exportations de plus de 3 Mds USD).

Les grandes entreprises françaises poursuivent leur développement dans ce pays (35 entreprises du CAC 40 y sont implantées). Plus de 400 entreprises françaises emploient plus de 400.000 personnes. En matière d’investissements directs, la France est le 4e partenaire du Brésil en termes de stock, avec un encours de près de 19 milliards d’euros (soit deux fois nos IDE en Chine), très nettement devant la Chine (11,8 Mds USD). Nos investissements ont été principalement réalisés dans les secteurs de l’énergie, des télécommunications, des services financiers et de l’agroalimentaire. La France est présente sur quelques projets phare du développement du pays : fin de la construction de la centrale nucléaire « Angra III » avec Areva, transports (tramway et métro) avec Alstom, hydroélectricité avec GDF-Suez...

Coopération culturelle, scientifique et technique

 

Le Brésil est le premier partenaire de la France en Amérique latine pour la coopération scientifique et technique qui est considérée comme exemplaire et fondée sur le partenariat et le cofinancement avec une attention particulière à la recherche et à l’innovation technologique (la France est le deuxième partenaire scientifique du Brésil après les Etats-Unis). La coopération scientifique est structurée autour de formations d’excellence entre universités et par des partenariats de haut niveau entre les organismes de recherche des deux pays. Ils portent notamment sur la biodiversité amazonienne, le génome, les mathématiques fondamentales et appliquées, les changements climatiques, les sciences sociales et humaines. Les programmes de technologies innovantes connaissent un important développement. La coopération technique est menée avec les institutions de l’Etat, les collectivités locales et les entreprises des deux pays (accompagnement des politiques sociales, de l’agriculture familiale durable, de la réforme de l’Etat). 2911 Brésiliens étudient dans les universités françaises et 838 dans les grandes écoles.

L’action en faveur du français et des échanges culturels occupe une place importante de notre coopération. Trois lycées français (São Paulo, Rio, Brasilia) totalisent 2 065 élèves dont environ 1 500 Français. Les Alliances françaises du Brésil constituent le réseau le plus ancien et le plus dense du monde (39 implantations), accueillant 35.000 élèves. Les échanges artistiques -théâtre, arts plastiques, musique, danse- et la formation des professionnels de la culture sont particulièrement intenses. Dans le domaine du livre, les relations entre éditeurs et écrivains des deux pays sont étroites (le Brésil est le premier marché pour le livre français en Amérique du Sud). La coopération audiovisuelle appuie l’aide à la diffusion du cinéma, la promotion des nouvelles musiques françaises et le soutien à l’exportation des programmes de télévision.

Autres types de coopération

 

La coopération décentralisée, officialisée dans par le protocole signé en Guyane le 12 février 2008, connaît un développement soutenu : outre des Assises bilatérales régulières (les dernières à Lyon en décembre 2009), le « comité mixte de suivi de la coopération décentralisée franco-brésilienne », créé par le protocole de 2008, s’est réuni pour la 1ère fois en avril 2009 à Rio de Janeiro.

La coopération transfrontalière entre la France et le Brésil (Etat frontalier d’Amapa) connaît un dynamisme accru, notamment grâce à la tenue des 6èmes consultations transfrontalières du 31 août 2010 à Cayenne (Département de Guyane). Cette coopération permet d’apporter des réponses aux préoccupations de chaque partie liées aux différents risques transfrontaliers (immigration clandestine, sécurité, mouche de la carambole), d’encourager les échanges humains et commerciaux (éducation, circulation) et de développer l’économie de la région amazonienne dans le respect des populations locales et d’un environnement exceptionnel. Enfin, la construction d’un pont sur le fleuve frontalier Oyapock a été approuvée par nos parlements respectifs, et le chantier, lancé en juillet 2009, doit être achevé à la fin du premier semestre 2011. L’ouvrage facilitera la liaison routière Cayenne-Macapa (Etat d’Amapa) et favorisera l’insertion de la Guyane dans son environnement régional. Il donnera lieu à de nouveaux accords de coopération notamment sur les plans policier, commercial et social.

 

 

 

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