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  • : Blog pour tous les passionnés du Brésil : actualités économiques, sociales et politiques.
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CV

Bruno MAGNIEZ

 
Email : bmagniez@netcourrier.com

 

Docteur en Sciences Economiques

 

Thèse de doctorat Université de Picardie Jules Verne (octobre 2001) :

-          « La place du secteur informel dans l’économie brésilienne : une étude centrée sur le commerce de rue à João Pessoa »
- Thèse sous la direction de B.Lautier, Professeur Université de Paris-I, Panthéon-Sorbonne. Mention très honorable.

-          Jury de thèse : Philippe Hugon, Jaime Marques Pereira, Christian Azais, Bruno Lautier, Christian Palloix


 

Professeur de Sciences Economiques et Sociales


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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 16:12

La plus grande concentration de milliardaires en Amérique latine se trouve au Brésil et au Mexique, mais ce sont aussi les deux pays qui prélèvent le moins d'impôts sur le patrimoine, indique la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (Cepal) dans une enquête publiée fin décembre.

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«En Amérique latine, le Brésil est en tête de la liste des pays qui comptent le plus de milliardaires (30), suivi du Mexique (11)», indique l'enquête consacrée aux élites économiques, à l'inégalité et à la fiscalité publiée sur Internet et réalisée par des responsables de la Cepal.

Le Chili se classe troisième avec quatre milliardaires suivi de l'Argentine, du Venezuela et de la Colombie avec trois milliardaires chacun. 

 

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Par contraste, «il y a plus de deux milliards de personnes qui vivent (survivent) avec moins de deux dollars par jour, ce qui révèle les extrêmes disparités des existences dans l'économie mondiale», soulignent les auteurs de l'étude du Cepal.

«L'extrême concentration des revenus et du patrimoine entre les mains de petites élites diminue la légitimité du capitalisme en tant que système qui, s'il génère bien des inégalités, ouvre aussi des opportunités», estiment-ils. 

Les Nations unies ont récemment proposé de créer «un impôt pour les milliardaires» qui taxe de 1% les richesses des personnes possédant des actifs nets supérieurs à un milliard de dollars. Cet impôt pourrait rapporter entre 40 et 50 milliards de dollars par an, selon les estimations de l'ONU.

 

 

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 18:54

Un émergent à la mode, le Brésil, peut en cacher d’autres, comme le Mexique, la Colombie, le Chili ou encore l’Argentine. L’ouvrage de Pierre Salama sur Les économies émergentes latino-américaines : entre cigales et fourmis (qui vient de paraître aux éditions Armand Colin) replace dans son contexte l’engouement suscité actuellement par les Brésiliens.

 

Il ne se limite pas à comparer les performances des principales économies d’Amérique latine, il les confronte aux dragons et tigres asiatiques et à l’émergence de la Chine comme une nouvelle puissance, qui bouscule le vieux schéma sur le centre et la périphérie

La comparaison entre l’Amérique latine et l’Asie tempère sérieusement l’optimisme des analystes incapables de prendre en compte les ombres et lumières du tableau. La croissance latino-américaine, notamment la brésilienne, reste très modeste par rapport à celles de la Chine et de l’Inde. Il ne faut pas prendre l’acronyme des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) pour argent comptant. 

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Le poids du Brésil dans l’économie mondiale peine à dépasser les 1 %, tandis que la Chine est parvenue à atteindre les 10 %. La compétitivité de l’industrie brésilienne se dégrade, alors que celle de l’industrie chinoise s’améliore. Si les Chinois concurrencent désormais les Américains aux yeux des Latino-Américains, l’inverse n’est pas vrai : l’Amérique latine reste marginale pour Pékin.

Salama décortique aussi les programmes sociaux et évalue leur contribution à la notable réduction de la pauvreté enregistrée dans la région. Il met en lumière l’importance de la croissance, de la création d’emplois et de la hausse des salaires dans l’amélioration du sort des Latino-Américains au bas de l’échelle. Il pointe du doigt la fiscalité régressive, qui n’aide pas à combler le fossé des inégalités.

 

Le social étant l’autre face de l’économie, l’auteur aborde un défi autrement plus complexe à comprendre et à relever que la dette des Etats : la montée des violences, avec l’explosion du nombre d’homicides à des niveaux insupportables en Amérique centrale, au Mexique, au Brésil, au Venezuela, alors qu’ils sont en baisse en Colombie, malgré l’absence de règlement du conflit armé interne. Salama avance prudemment sur ce terrain, conscient que les explications socio-économiques restent insuffisantes, mais qu’il n’est plus possible d’éluder l’insécurité dans une évaluation des chances de l’Amérique latine à s’imposer comme un partenaire dans le nouvel ordre économique international.

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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 15:24

La présidente du Brésil, Dilma Rousseff, a affirmé dimanche être "optimiste" pour son pays en 2013 en dépit de la crise économique mondiale, se disant décidée à accroître la compétitivité de l'industrie brésilienne, notamment en baissant les prix de l'électricité. eCrLl.jpg

"Je suis certaine que 2013 sera une année encore meilleure pour tous les Brésiliens," a-t-elle déclaré lors d'un discours de Noël diffusé par les médias.

Appelant les chefs d'entreprises à investir dans le pays, Mme. Rousseff a réaffirmé l'engagement de son gouvernement à nouer de nouveaux partenariats entre le secteur public et le privé.
La baisse annoncée des prix de l'électricité, tant pour les particuliers que les entreprises, aura bien lieu l'année prochaine, a-t-elle en outre assuré. Celle-ci "est fondamentale pour permettre aux industries brésiliennes d'abaisser leurs coûts de production, de conquérir de nouveaux marchés et de continuer à créer des emplois", a plaidé la présidente.
Les tarifs de l'électricité devraient reculer de 16,7% en 2013, a annoncé le gouvernement début décembre, accédant à une demande de longue date des industriels au Brésil qui se plaignent de coûts de l'énergie parmi les plus élevés au monde.

Mme. Rousseff a aussi mis en avant les mesures décidées par le gouvernement pour accroître la compétitivité des industries brésiliennes.

 
Le Brésil a annoncé de gros investissements dans des projets d'aéroports, d'autoroutes, de ports et de lignes ferroviaires en partenariat avec le secteur privé, pour moderniser les infrastructures vieillissantes du pays et relancer l'économie qui ne devrait avoir crû que de 1% cette année.


 


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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 17:20

Le nouveau président de la Cour suprême brésilienne, Joaquim Barbosa, a prêté serment, le 22 novembre dernier, lors d'une cérémonie à laquelle assistait la présidente Dilma Rousseff. C'est le premier Noir à occuper cette fonction.

 

 

Le 10 octobre, le juge brésilien Joaquim Benedito Barbosa Gomes était élu à la présidence de la Cour suprême où il siégeait depuis neuf ans. Le 22 novembre, il en a officiellement pris la tête au cours d'une cérémonie en présence de la présidente Dilma Rousseff. « Je promets de respecter les devoirs de la fonction de président du Tribunal suprême fédéral et du Conseil national de justice, conformément à la loi », a-t-il déclaré en prêtant serment devant un parterre de plus de 2 000 invités, parmi lesquels sa famille, des personnalités du monde politique et juridique, des artistes et des militants noirs. 2650565-4066-rec.jpg


Bien que son élection n'ait pas été une surprise – c'est toujours le magistrat le plus âgé qui recueille la majorité des suffrages -, il s'agit d'une grande première au Brésil où 51% de la population est noire et métisse mais reste discriminée et reléguée en bas de l'échelle sociale.

 

Star de l'anti-corruption

« Le système éducatif brésilien crée des mécanismes d'expulsion », explique fréquemment Joaquim Barbosa. Il raconte aussi que lorsqu'il était déjà juge à la Cour suprême, on le prenait parfois pour le voiturier dans les restaurants chics de Rio...

 

Le juge est devenu une star auprès de ses compatriotes depuis l'ouverture du procès pour corruption du « mensalao », fin août, dont il a instruit le dossier et qu'il mène avec intransigeance. Vingt-sept accusés - dont José Dirceu, l'ancien bras droit du président Lula - ont déjà été condamnés pour corruption. Ils avaient mis en place un vaste système d'achat de votes au Parlement entre 2003 et 2005 sous le premier mandat de Lula (2003-2010).

 

untitled.pngLa notoriété de Joaquim Barbosa ne s'arrête pas là. Pour le prochain carnaval de Rio de Janeiro, en février, il aura droit à une marionnette le représentant. Sans conteste, la plus haute distinction populaire au Brésil !



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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 16:31

Les hommages, suite à la disparition d’Oscar Niemeyer sont nombreux. Des politiques, mais aussi des artistes et architectes saluent l’homme, et l’œuvre du "dernier monstre sacré des architectes de la modernité du XXème siècle". 9822-004-3DF41909.jpg

Oscar Niemeyer était le "Matisse" de l'architecture, a estimé jeudi le célèbre architecte français Jean Nouvel. "Oscar Niemeyer était le dernier monstre sacré des architectes de la modernité du XXème siècle", avec Frank Lloyd Wright, Mies van der Rohe et Le Corbusier, a déclaré M. Nouvel, Prix Pritzker 2008.  
"Si on veut faire une comparaison avec la peinture, on peut dire que Le Corbusier a été le Picasso et Oscar Niemeyer le Matisse" de l'architecture.  "Très touché" par la disparition de l'architecte brésilien, Jean Nouvel, rappelle que lorsqu'il était étudiant, "Niemeyer était l'un des maîtres absolus du moment". "Toute le monde parlait de sa relation avec Le Corbusier", ajoute-t-il.  "Niemeyer partait d'un geste le plus simple, d'un dessin élémentaire qui devenait par le changement d'échelle quelque chose d'inimaginable. Il représentait directement l'esprit d'une époque, celle des années 1950-1970. Son œuvre est clairementdatée, comme celle de tous les grands architectes". architecture-brazil2005-Brasilia-OscarNiemeyerMuseum.jpg
Le directeur de l'Institut Français de l'Architecture (IFA) Francis Rambert souligne de son côté  que "l'architecte avait une relation très forte avec notre pays où il s'était exilé pendant plusieurs années sous la dictature brésilienne. Il parlait très bien le français et en appréciait notre culture".

 

Pour l'architecte Elizabeth de Portzamparc, Niemeyer était un "génie". Née au Brésil, elle confie une affection particulière pour son compatriote. "Dans ma petite enfance, mon père nous emmenait, ma soeur et moi, voir le nouveau quartier de Pampulha, à Belo Horizonte, réalisé par Oscar Niemeyer au début des années 1940. Il nous faisait aussi visiter Brasilia. C'était magique".  A ses yeux, "le trait de génie de Niemeyer a été de toujours rechercher l'allègement". n13.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le révolutionnaire de 105 ans qui dessinait au feutre noir et à main levée, des palaces sans barrières, des rampes traversant des miroirs d’eau, des musées en forme d’Ovni, des cathédrales et des mosquées de verre au milieu de pelouses, était un farouche optimiste « Il faut apprendre à rêver, sinon rien ne se passe  ».        oscarnovo.jpg


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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 17:22

Au Brésil, les trois principaux partis ont montré la force de leur implantation locale. Le Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB, centre), formation charnière de la coalition gouvernementale, reste le premier parti en nombre d'élus (1.031 mairies). Le Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB, opposition) conserve son deuxième rang (702 mairies), malgré la défaite de José Serra à São Paulo. Le triomphe du candidat de Lula à São Paulo, Fernando Haddad, et la progression du Parti des travailleurs (PT, gauche) en nombre de municipalités (636), dissimulent les difficultés de la formation présidentielle dans les autres grandes villes.

 

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La bataille de São Paulo a pris une dimension nationale, avec la participation de l’ancien président Luiz Inacio Lula da Silva et l’engagement de son successeur, Dilma Rousseff. La victoire du candidat de Lula, son ancien ministre Fernando Haddad, à la tête de la principale mégapole sud-américaine, est une divine surprise. C’est une performance, à la fois pour le candidat, qui n’avait jamais brigué un mandat électif, et pour son mentor Lula, dont l’implication et les alliances ont suscité beaucoup de critiques.

Malgré son cancer, Lula confirme sa stature de grand électeur, de faiseur de rois. Il a renouvelé au profit de Fernando Haddad le transfert de popularité qu’il avait déjà effectué pour faire élire Dilma Rousseff à la présidence en 2010.

Comme Haddad, Dilma ne s’était jamais présentée à des élections auparavant.

Le triomphe de la formation présidentielle, le Parti des travailleurs (PT, gauche), à São Paulo, aura l’avantage de dissimuler un bilan mitigé à l’échelle nationale, et franchement médiocre dans les grandes villes. Le succès de Lula aura l’inconvénient de relancer au PT la course souterraine entre les partisans d’une réélection de Dilma et ceux qui lui préfèrent un retour de l’ancien président, dont le charisme reste intact.

La dispute interne au PT minera la coalition de centre-gauche, qui sort assez secouée des municipales. Rien de tel que les appétits de pouvoir locaux pour ébranler les accords au sommet entre les partis ! Le Parti socialiste brésilien (PSB), qui a enregistré des progrès spectaculaires au premier tour, se prend à rêver d’un destin présidentiel et de l’éventuel intérêt à quitter la coalition gouvernementale.

Le progrès du Parti socialiste brésilien (PSB, gauche) est spectaculaire, sans égal en pourcentage, puisqu'il passe de 310 à 443 mairies, mais le PSB reste encore loin des trois grandes formations. Son dirigeant Eduardo Campos, gouverneur du Pernambouc, devra juger de l'opportunité de rester dans la coalition gouvernementale ou de la quitter, en vue de la présidentielle de 2014. Même si ses chances sont réduites face à une réélection de Dilma Rousseff ou à un retour de l'ancien président Lula, Eduardo Campos a encore besoin d'étendre la notoriété du PSB à l'échelle nationale.

Outre Recife et Fortaleza dans le Nord-Est, la victoire du PSB à Belo Horizonte (capitale du Minas Gerais), Campinas (Etat de São Paulo) ou Petropolis (Etat de Rio de Janeiro), constitue une première percée dans l'électorat du Sud, mais reste insuffisante pour disputer la présidence. A moins de prendre date avec une candidature en 2014 et d'envisager sérieusement de se lancer en 2018.

A défaut d'avoir menacé à Rio de Janeiro le maire Eduardo Paes (PMDB), malgré le soutien de l'intelligentsia carioca à son candidat Marcelo Freixo, le petit Parti socialisme et liberté (PSOL, extrême gauche), remporte une première capitale d'Etat, Macapa, en Amazonie.

 

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 18:28

Le Brésil est un adepte du soft power. Il n’y a plus de sommet international sans qu’il y soit invité. Il aspire à jouer un rôle nouveau à l’image de la médiation qu’il mène avec la Turquie sur le dossier du nucléaire iranien, contrant ainsi les EU d’Obama…

 

Dans son discours du 1er mars 2012 face aux chefs d’entreprise, Dilma Rousseff dénonce la « guerre des monnaies » en particulier l’avalanche de dollars qui arrive au Brésil et enchérit le real9782130594260.jpg

Le Brésil serait-il aussi une solution à nos problèmes ? Selon Eike BATISTA (homme le plus riche du pays) « Le Brésil détient tout ce dont le monde a expressément besoin ». L’Amazonie peut apparaitre comme une solution. Les firmes pharmaceutiques y recherchent des plantes rares pour guérir l’humanité de ses maux. Les gouvernements successifs ont espérer y trouver une solution pour les paysans sans terre, les laissant défricher une partie de la forêt.
Le Brésil, une solution dans un monde assoiffé d’énergie ? En 2007 est découvert Pré sal, une nappe longue de 800 km au large de Santos et Rio mais à plus de 7 000 mètres sous l’eau, elle livre son pétrole depuis 2011 et devrait livrer 2 millions de barils/jour vers 2020. Le potentiel en énergie renouvelable est aussi réel pour le solaire ou l’éolien
 En résumé, « Dieu a décidé de passer au Brésil, il ne veut plus partir " Lula.
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Une solution pour des sociétés confrontées à des marchés européens en berne ? PSA va y doubler son usine pour à terme fabriquer 400 000 voitures par an à Porto Real imitant Toyota, Chevrolet ou Hyundai. 

Le Brésil se convertit au multilatéralisme quand cela l’arrange, sinon préfère les relations bilatérales… Le leadership impose aussi des responsabilités, le Brésil est-il vraiment apte à les prendre ? Il n’a pas de monnaie capable de remplacer le dollar, il n’a pas non plus encore la capacité de proposer des solutions aux grands problèmes actuels, l’échec sur le dossier iranien le souligne. La hausse récente de son budget militaire ne laisse par pour autant prévoir une substitution à l’armée américaine dans le monde.

L’émergence du Brésil contribue au basculement du monde, les lignes bougent en sa faveur, le Brésil est en passe d’obtenir une meilleure place dans l’architecture mondiale, sans pour autant rechercher un leadership que ni les grandes puissances occidentales, ni la Chine ne sont prêts à lui laisser !

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 11:36

Un tribunal fédéral brésilien vient d'ordonner la suspension des travaux du barrage de Belo Monte, au cœur de l'Amazonie brésilienne. Les indiens habitants dans la région de construction n'ont pas été consultés avant le début du chantier.

Début juillet, des Indiens ont une nouvelle fois manifesté pour réclamer la fin des travaux sur le barrage de Belo Monterrage de © Reuters

 

C'est le troisième plus grand barrage en construction dans le monde. Un édifice bâtit sur le fleuve Xingu en plein cœur de l'Amazonie brésilienne censé fournir 11% de la capacité électrique du pays. Il coute 13 milliards de dollars et inondera 502 km2 de terres.

 

Ces terres jouxtent un territoire indien et ces derniers s'opposent depuis le début à la construction du barrage. Si leur territoire ne sera pas véritablement inondé, sa présence risque de changer le mode de vie des communautés dépendant de la pêche pour leur subsistance.

 

Une décision historique

 

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Ainsi les indiens ont mené de nombreuses actions pour demander à ce que leurs droits soient respectés. Le Tribunal fédéral de la première région vient donc de rendre une décision ordonnant la suspension de ces travaux. Selon les juges, les populations habitants dans la région n'ont pas été consultées avant le début du chantier, mais après. Ce qui contrevient à la loi. Une décision qualifiée "d'historique" par la Antonia Melo, la coordinatrice du Mouvement Xingu Vivo. 

le barrage a acquis au fil des années une notoriété mondiale. Des célébrités se sont mobilisées, comme le chanteur Sting ou le réalisateur James Cameron. Lors du sommet sur le développement durable à Rio de Janeiro en juin dernier, le célèbre chef indien Raoni avait réclamé l'arrêt des travaux. 

 

 

 

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Les indiens vont désormais devoir être auditionnés par les parlementaires avant que les travaux ne puissent reprendre. Reste que cette décision est susceptible d'appel par le consortium public Norte Energia. La première turbine doit toujours entrer en activité en 2015, la dernière en 2019.

 

 

 

 

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 15:03

Le pays le plus grand et le plus peuplé d'Amérique latine veut faciliter le processus d'attribution de visas pour les immigrants qualifiés et séduire ainsi ceux qui cherchent à échapper à la crise européenne.

 


Après les interminables files d'attente, le tapis rouge ! Selon le secrétariat aux Affaires stratégiques de la présidence de la République (SAS), chargé d'élaborer une politique nationale d'immigration, c'est ainsi que le gouvernement compte accueillir les professionnels étrangers hautement qualifiés intéressés par un poste au Brésil. En revanche, les files d'attente seront maintenues pour les immigrants sans qualification, comme la plupart des Haïtiens arrivés récemment par la frontière nord du pays (Etat d'Acre et Amazonie).

L'économiste Ricardo Paes de Barros, coordinateur du projet, affirme qu'en suivant de près cette question le gouvernement serait en mesure d'inaugurer un nouveau cycle d'immigration européenne vers le Brésil. Il faudra alors supprimer les obstacles qui freinent le processus d'attribution de visas. En dépit de nombreuses modifications au cours des dernières années, c'est toujours le statut des étrangers, une loi de 1980 – donc de l'époque du régime militaire [1964-1985] –, qui précise les règles en matière de permis de travail.

 

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De janvier à septembre 2011, le ministère du Travail a octroyé 51 353 permis de travail à des étrangers, soit une augmentation de 32 % par rapport à la même période de l'année précédente. Les demandeurs sont tenus, entre autres, d'attester de leurs qualifications à l'aide de documents authentifiés par un consulat brésilien. D'après certains spécialistes, ces règles sont trop rigoureuses et subjectives.

Javier Garcia-Ramos, un Espagnol de 41 ans, s'apprête à apporter sa contribution aux chiffres concernant la poussée de l'immigration. Dès l'obtention de son visa, il quittera Madrid pour tenter une nouvelle vie à São Paulo. En raison de la crise économique des quatre dernières années, le nombre d'Espagnols a augmenté de plus de 45 % au Brésil. Javier appartient à cette catégorie de professionnels qui quittent l'Espagne en crise, et intéressent désormais les entreprises brésiliennes, qui, non seulement, leur offrent de bons salaires, mais prennent aussi en charge les paperasseries administratives relatives aux demandes de visas.

"La bureaucratie est plus tatillonne que je ne pensais. Le consulat brésilien n'a pas servi à grand-chose", se plaint Garcia-Ramos. Pour accélérer le processus, celui-ci a alors décidé de faire appel à une entreprise brésilienne de conseil juridique en matière d'immigration, désignée par la Chambre de commerce Brésil - Espagne : "Je ne vais pas reporter mon voyage pour un problème de visa. Entre-temps, j'apprends le portugais, et je découvre le pays."

Le SAS veut installer un processus de sélection. La première version de son projet, élaborée par une équipe constituée d'économistes, de juristes, de démographes et de sociologues devrait être présentée dans deux mois. Les responsables admettent que l'objectif est de proposer ce que Paes de Barros appelle un processus d'immigration sélective, qui accorde la priorité à l'entrée de "cerveaux", tout en fixant des limites aux étrangers qui fuient la pauvreté dans leur pays.

Ricardo Paes de Barros explique que le projet s'inspire de la politique d'immigration adoptée par le Canada et l'Australie, des pays qui continuent à accueillir des professionnels étrangers : dans les années 1930, São Paulo a reçu beaucoup d'immigrants européens.

Pour Moreira Ranco, ministre qui couvre les activités du SAS, l'octroi de visas doit revenir à un transfert de technologie. "Ce transfert ne se fait pas en achetant des produits à l'étranger. Il faut faire venir des cerveaux. La technologie appartient à ceux qui l'inventent", ajoute-t-il, en considérant les cohortes de chômeurs nées de la crise en Europe.

Plutôt que de perdre du temps avec les tracasseries administratives imposées par les services de l'immigration, l'entreprise d'Ingénierie Technip a choisi d'ouvrir l'année dernière une filiale à Lisbonne. Elle a embauché 45 professionnels portugais qui se consacrent au développement de projets liés aux secteurs du pétrole et du gaz au Brésil, sans toutefois négliger ses activités au Portugal. Son directeur des ressources humaines, Nelson Prochet, affirme que l'entreprise peine à recruter des ingénieurs brésiliens : le marché est en pleine croissance et connaît une pénurie de main-d'œuvre.

 

 

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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 11:46

Si les bonnes idées transcendent les frontières, celle-ci le fait à bicyclette. Ou plutôt, à Bicyclothèque [en portugais], un vélo qui transporte une petite bibliothèque à travers la métropole brésilienne de São Paulo.

 

Il s'agit d'une façon innovante et dynamique d'encourager la lecture, notamment chez ceux qui vivent dans la rue, car les bibliothèques exigent en général une pièce d'identité et un justificatif d'adresse pour prêter des livres, ce que n'ont pas les sans domicile fixe.

 

L'initiative de la Bicyclothèque est née de ce besoin même et s'est gagné le soutien des habitants, médias et entreprises de São Paulo. En août 2012, cela fait un an qu'elle distribue des livres et encourage la lecture.

The Bicicloteca at Praça da Sé, São Paulo. Photo from GreenMobility on Flickr (CC BY-NC 2.0)

La Bicyclothèque sur la Praça da Sé, São Paulo. Photo de GreenMobility sur Flickr (CC BY-NC 2.0)

 

Un bibliothécaire de 61 ans, Robson Mendonça, qui a vécu dans les rues de São Paulo, enfourche la Bicyclothèque. La lecture du roman de George Orwell La ferme des animaux a été l'étincelle qui a tout changé, et fait basculer son horizon en prouvant que la lecture transforme la vie.

 

Robson Mendonça garde sa voie ouverte pour que d'autres puissent la suivre, parcourt les rues avec les vendeurs de la revue Ocas [en portugais], déjà présentée ici dans ce billet, ou par le Movimento Estadual da População em Situação de Rua (Mouvement d'Etat pour la population dans la rue), conduit par Mendonça et les défenseurs de centaines de SDF.

 

La vidéo ci-dessous [en portugais] montre la Bicyclothèque en action à São Paulo:

 

 

 

 

L'opération fait partie des activités de l'Instituto Mobilidade Verde (IMV) [en portugais], une association pour des moyens de transports alternatifs et durables dans les villes. Par courriel, son président, Lincoln Paiva, en a retracé les débuts :

A Bicicloteca é um movimento independente que nasceu em diversos lugares do mundo com o objetivo de chegar onde as bibliotecas tradicionais não chegam e da forma mais simples e barata possível. A bicicloteca dos Moradores de rua nasceu depois de um encontro que eu tive com o Robson Mendonça, ex-morador de rua que saiu das ruas depois de ter lido “Revolução dos Bichos”. O instituto doou a primeira bicicloteca e depois vieram outras doadas pela iniciativa privada.

La Bicicloteca est un mouvement indépendant qui a émergé en divers endroits de la planète, avec pour objectif d'aller là où les bibliothèques traditionnelles ne vont pas, et de le faire de la façon la plus simple et la moins chère. La bicyclothèque pour les sans-abri est née de ma rencontre avec Robson Mendonça, un ancien habitant de la rue qui l'a quittée après avoir lu “La Ferme des Animaux”. L'institut a apporté la première bicyclothèque et les suivantes ont ensuite été données par l'initiative privée.

 

En un an d'existence, la Bicyclothèque a effectué plus de 107.000 prêts sans la moindre paperasse, puisant dans un fonds de plus de 30.000 livres. En ce moment, l'Instituto Mobilidade Verde s'attelle à superviser le projet et son extension à d'autres associations qui aimeraient l'adopter. La bicyclothèque prête aussi des ouvrages en Braille aux malvoyants, organise des activités sur les places publiques et des promenades historique [en portugais] à travers les rues.

Logomarca do projeto, publicada no Flickr do GreenMobility sob licença Creative Commons BY-NC 2.0

Le logo du projet, GreenMobility sur Flickr (CC BY-NC 2.0)

 

Tout ce travail a eu un effet positif, et, preuve de sa reconnaissance, l'IMV et l'initiative Bicicloteca ont été sélectionnées pour le Prêmio Cidadão Sustentável (Prix Citoyen Durable) [en portugais] dans les catégories Environnement et Culture.

 

Même dans l'adversité, qui aurait pu mettre fin à l'opération, la ville de São Paulo unanime a montré son bon vouloir et son respect. En septembre 2011, la bicyclothèque a été volée, mais la forte répercussion dans les médias locaux a favorisé la récupération de l'engin. L'épreuve a été transformée en mobilisation sur Movere [en portugais], une plate-forme en ligne de financement participatif. La vidéo ci-après a été utilisée pour recueillir 12.000 reais en vue de fabriquer deux bicyclothèques :

 

L'innovation ne s'arrête pas là : la bicyclothèque amène aussi partout où elle va un accès Internet gratuit alimenté à l'énergie solaire [en portugais]. Et pas seulement pour les sans-abri. Sans restrictions, la bicyclothèque démocratise l'accès à l'information, les loisirs et la culture pour tous, travailleurs et étudiants.

 

Au Brésil, partout où elle va, la bicyclothèque porte le message qu'un livre peut changer une vie. Une idée avec laquelle l'organisation Bibliothèques sans Frontières, par exemple, rend possible la lecture pour les personnes en situation de précarité de Haïti, en montant des bibliothèques mobiles au service de la population locale. Les bibliothèques ne sont pas à court d'initiatives imaginatives.

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