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  • : Blog pour tous les passionnés du Brésil : actualités économiques, sociales et politiques.
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Bruno MAGNIEZ

 
Email : bmagniez@netcourrier.com

 

Docteur en Sciences Economiques

 

Thèse de doctorat Université de Picardie Jules Verne (octobre 2001) :

-          « La place du secteur informel dans l’économie brésilienne : une étude centrée sur le commerce de rue à João Pessoa »
- Thèse sous la direction de B.Lautier, Professeur Université de Paris-I, Panthéon-Sorbonne. Mention très honorable.

-          Jury de thèse : Philippe Hugon, Jaime Marques Pereira, Christian Azais, Bruno Lautier, Christian Palloix


 

Professeur de Sciences Economiques et Sociales


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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 15:46

En marge de Rio+20 se tiendra le Sommet des peuples. Le sociologue Boaventura de Sousa Santos en esquisse l’ordre du jour. 1117-rio_20-A.jpg


 


L'auteur, proche du mouvement altermondialiste, est l’un des intellectuels les plus en vue du monde lusophone. Il dirige le Centre d’études sociales de la prestigieuse université de Coimbra, au Portugal. Il tient une chronique régulière dans l’hebdomadaire Visão.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Adresse du site web de la conférence :  http://www.uncsd2012.org/rio20/index.html

 

La société civile se prépare à présenter plusieurs pistes de réflexion sur l’avenir de notre planète à l’occasion du Sommet des peuples, qui aura lieu à Rio de Janeiro en juin prochain, parallèlement à Rio+20 – la conférence des Nations unies sur le développement durable. En voici quelques-unes.

Premièrement, la défense des biens communs de l’humanité comme réponse à la marchandisation, à la privatisation et à la financiarisation de la vie. Les biens communs sont des biens produits par la nature ou par des groupes humains, qui doivent appartenir à la collectivité et non au secteur privé ou à l’Etat, même s’il incombe à ce dernier de participer à leur protection. Ils sont le contrepoint du développement capitaliste et non un simple accessoire comme l’est le concept de développement durable. Parmi les biens communs, on compte l’air, l’eau, les aquifères [couche de terrain contenant de l’eau], les cours d’eau, les océans, les lacs, la terre communale ou ancestrale, les semences, la biodiversité, la langue, le paysage, la mémoire, la connaissance, Internet, le langage HTML, les logiciels libres, Wikipédia, l’information génétique, etc. L’eau commence à être considérée comme un bien commun par excellence. Les combats contre sa privatisation dans plusieurs pays figurent parmi ceux qui remportent le plus de victoires.

Deuxièmement, le passage graduel d’une civilisation anthropocentrique à une civilisation biocentrique. Cela implique de reconnaître les droits de la nature ; de redéfinir le bien-être et la prospérité de façon à ne pas dépendre de la croissance infinie ; de promouvoir des énergies véritablement renouvelables (les agrocarburants n’en font pas partie) qui n’impliquent pas l’expulsion des paysans et des populations autochtones de leurs terres ; d’imaginer des politiques de transition pour les pays dont les finances sont trop dépendantes de l’extraction et de la production de matières premières – pétrole, minerais ou produits agricoles en monoculture dont les prix sont contrôlés par des grandes entreprises monopolistiques du Nord.

Troisièmement, défendre la souveraineté alimentaire, principe selon lequel, dans la mesure du possible, chaque communauté doit avoir le contrôle des biens alimentaires qu’elle produit et qu’elle consomme, en rapprochant les consommateurs des producteurs, en préservant l’agriculture paysanne, en favorisant l’agriculture urbaine, en interdisant la spéculation financière sur les produits alimentaires. La souveraineté alimentaire implique également d’interdire l’achat massif de terres arables (notamment en Afrique) par des pays étrangers (Chine, Japon, Arabie Saoudite, Koweït, etc.) ou des multinationales (à l’image du projet du sud-coréen Daewoo d’acquérir 1,3 million d’hectares à Madagascar).

Quatrièmement, la consommation responsable, qui suppose une nouvelle éthique et une nouvelle éducation : la responsabilité vis-à-vis de ceux qui n’ont pas accès à une consommation minimale pour garantir leur survie ; la lutte contre l’obsolescence artificielle des produits ; la préférence pour des produits issus d’économies sociales et équitables basées sur le travail et non sur le capital, sur l’accomplissement personnel et collectif et non sur l’accumulation infinie ; la préférence pour des consommations collectives et partagées autant que possible ; une meilleure connaissance des processus de production, de façon à pouvoir refuser de consommer des produits fabriqués au prix d’une exploitation des travailleurs, de l’expulsion de paysans et d’autochtones, de la pollution de l’eau, de la destruction de lieux sacrés, d’une guerre civile ou encore d’une occupation de type colonial.

Cinquièmement, intégrer comme exigence dans toutes les luttes et toutes les propositions alternatives un approfondissement de la démocratie et de la lutte contre les discriminations sexuelles, raciales, ethniques et religieuses, et contre la guerre.

 

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 15:40

Maria das Graças Silva Foster prend aujourd'hui les rênes du champion brésilien. Après des résultats décevants en 2011, elle doit redresser la situation. Petrobras Flag

Augmenter la production, contrôler les coûts pour améliorer les comptes, surmonter le manque de certains équipements : Maria das Graças Silva Foster, l'ingénieure chimiste qui prend aujourd'hui les commandes de Petrobras, se retrouve confrontée à une sérieuse série de défis.

Trente-quatre ans après y avoir effectué son premier stage, elle devient la première femme à diriger une grande compagnie pétrolière dans le monde(Lire Petrobras, premier géant du pétrole bientôt dirigé par une femme). Avec un objectif : remettre le champion brésilien sur la voie de la croissance. Car si les gisements découverts ces dernières années par Petrobras dans les eaux ultra-profondes du Brésil paraissent immenses, les performances de l'entreprise publique restent pour l'heure en deçà des attentes.

Résultat net divisé par deux

C'est ce qu'on montré les résultats publiés la semaine dernière. Au dernier trimestre, le résultat net a été divisé par deux, à 5 milliards de reais (2,9 milliards de dollars), malgré une progression du chiffre d'affaires de 15% et une hausse de l'excédent brut d'exploitation de 5%. Sur l'ensemble de l'année, Petrobras a engrangé un bénéfice net de 33,3 milliards de reais, en repli de 5%. Le directeur financier Almir Barbassa a eu beau décrire Petrobras comme un « navire à grande vitesse, en pleine phase de croissance», le titre Petrobras a bu la tasse, chutant de 8% vendredi.

La détérioration des résultats s'explique par la pression des coûts et par la variation du taux de change, selon Petrobras. La production a également été amputée de quelque 40.000 barils par jour en raison d' « arrêts non programmés » de certaines plateformes, afin de satisfaire aux nouvelles exigences de sécurité après la marée noire d'avril 2010 aux Etats-Unis. « Les questions de sécurité sont abordées de façon différente. Ces arrêts de production ont été déterminés par l'Agence nationale du pétrole », a expliqué Guilherme Estrella, le directeur de l'exploration et de la production, qui prévoit de nouvelles interruptions de ce type au cours de cette année.

La production stagne

Conséquence : la production de pétrole stagne. Elle demeure proche des 2 millions de barils par jour, alors que l'objectif 2011 avait été fixé à 2,1 millions de barils par jours, et que Petrobras a lancé l'an dernier un ambitieux plan de 225 milliards de dollars afin d'augmenter la production de pétrole à 3 millions de barils par jour en 2015, et plus de 6 millions en 2020... Petrobras pourrait alors devenir le numéro trois mondial de l'or noir.

Le président sortant José Sergio Gabrielli a aussi souligné les déficiences de l'industrie locale, qui peine à répondre à la demande de Petrobras. Le groupe doit acheter 65% de ses commandes localement, mais il se retrouve face à une pénurie de produits en acier, de certaines turbines, etc. Un point de blocage que Graça Foster devra lever pour que le paquebot Petrobras puisse atteindre sa vitesse de croisière.

 

Augmenter la production, contrôler les coûts pour améliorer les comptes, surmonter le manque de certains équipements : Maria das Graças Silva Foster, l'ingénieure chimiste qui prend aujourd'hui les commandes de Petrobras, se retrouve confrontée à une sérieuse série de défis.

 

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Trente-quatre ans après y avoir effectué son premier stage, elle devient la première femme à diriger une grande compagnie pétrolière dans le monde(Lire Petrobras, premier géant du pétrole bientôt dirigé par une femme). Avec un objectif : remettre le champion brésilien sur la voie de la croissance. Car si les gisements découverts ces dernières années par Petrobras dans les eaux ultra-profondes du Brésil paraissent immenses, les performances de l'entreprise publique restent pour l'heure en deçà des attentes.

Résultat net divisé par deux

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C'est ce qu'on montré les résultats publiés la semaine dernière. Au dernier trimestre, le résultat net a été divisé par deux, à 5 milliards de reais (2,9 milliards de dollars), malgré une progression du chiffre d'affaires de 15% et une hausse de l'excédent brut d'exploitation de 5%. Sur l'ensemble de l'année, Petrobras a engrangé un bénéfice net de 33,3 milliards de reais, en repli de 5%. Le directeur financier Almir Barbassa a eu beau décrire Petrobras comme un « navire à grande vitesse, en pleine phase de croissance», le titre Petrobras a bu la tasse, chutant de 8% vendredi.

La détérioration des résultats s'explique par la pression des coûts et par la variation du taux de change, selon Petrobras. La production a également été amputée de quelque 40.000 barils par jour en raison d' « arrêts non programmés » de certaines plateformes, afin de satisfaire aux nouvelles exigences de sécurité après la marée noire d'avril 2010 aux Etats-Unis. « Les questions de sécurité sont abordées de façon différente. Ces arrêts de production ont été déterminés par l'Agence nationale du pétrole », a expliqué Guilherme Estrella, le directeur de l'exploration et de la production, qui prévoit de nouvelles interruptions de ce type au cours de cette année.

La production stagne

Conséquence : la production de pétrole stagne. Elle demeure proche des 2 millions de barils par jour, alors que l'objectif 2011 avait été fixé à 2,1 millions de barils par jours, et que Petrobras a lancé l'an dernier un ambitieux plan de 225 milliards de dollars afin d'augmenter la production de pétrole à 3 millions de barils par jour en 2015, et plus de 6 millions en 2020... Petrobras pourrait alors devenir le numéro trois mondial de l'or noir.

Le président sortant José Sergio Gabrielli a aussi souligné les déficiences de l'industrie locale, qui peine à répondre à la demande de Petrobras. Le groupe doit acheter 65% de ses commandes localement, mais il se retrouve face à une pénurie de produits en acier, de certaines turbines, etc. Un point de blocage que Graça Foster devra lever pour que le paquebot Petrobras puisse atteindre sa vitesse de croisière.

 

 

 

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 14:36

RIO DE JANEIRO (Brésil) - Le Conseil d'administration de Petrobras a nommé jeudi à la tête de la compagnie pétrolière brésilienne l'actuelle directrice du secteur Gaz et énergie, Maria das Graças Foster, en remplacement de l'actuel PDG, selon un communiqué du géant pétrolier.

Mme Foster, 58 ans, qui a été proposée à ce poste par le gouvernement le 23 janvier, devient ainsi la première femme à diriger la première entreprise du Brésil qu'elle aura pour mission de relancer. 

 

C’est une femme qui va donc diriger Petrobras, le géant brésilien des hydrocarbures. Actuellement chargée de la division Gaz & Electricité, Maria das Graças Silva Foster a pris la direction de la 5ème entreprise énergétique mondiale le 9 février.268808_maria-das-gracas-foster-et-sergio-gabrielli-alors-pr.jpg

 

Elle remplace Sergio Gabrielli, 62 ans, qui dirigeait la compagnie depuis 2005, et prendra ses fonctions le 13 février, précise le communiqué de Petrobras.

Ce changement à la direction de Petrobras, dont l'Etat est l'actionnaire majoritaire, intervient après la publication de résultats décevants.

Mme Foster, ingénieur chimiste de formation, a fait toute sa carrière à Petrobras où elle est entrée en 1978 comme stagiaire. Elle était directrice du secteur Gaz et énergie depuis 2007.

Connue pour avoir une main de fer dans sa gestion, elle est une proche de la présidente brésilienne Dilma Rousseff.

En 2010, Petrobras était la troisième compagnie pétrolière du monde en valeur de marché avec 228 milliards de dollars. Fin décembre 2011, elle ne valait plus que 156 milliards, selon le journal O Globo.pre-sal-bocao-news-metas-300x201.jpg

 

 

Ce sera un changement majeur pour le Brésil comme pour le monde du pétrole. La présidente du Brésil, Dilma Rousseff, a décidé de porter à la tête du géant Petrobras, la directrice de la division Gaz & Electricité du groupe, Maria das Graças Silva Foster, en remplacement du patron actuel. Sa nomination sera proposée par le gouvernement lors du conseil d'administration qui se tiendra le 9 février prochain, a indiqué le groupe brésilien cet après-midi. Agée de 55 ans, Maria Foster est considérée comme très proche de Dilma Rousseff.

Un profil plus technique

Jusqu'à présent, jamais une femme n'avait dirigé une compagnie pétrolière de cette taille dans le monde. Petrobras vaut aujourd'hui plus de 148 milliards de dollars en bourse. Le groupe se classe au cinquième rang mondial, derrière les géants Shell, ExxonMobil, Petrochina et Chevron. Petrobras réalise à lui seul 22 % de la production de pétrole et de gaz en eaux profondes de la planète. C'est une société de référence mondiale en la matière.

 

Cette nomination va également marquer l'arrivée d'un profil beaucoup plus technique à la tête de Petrobras. Ingénieur chimiste, Maria Foster a fait toute sa carrière au sein de la compagnie nationale, où elle a débuté en 1978, via un stage. Son prédécesseur, Sergio Gabrielli, 62 ans, était économiste et avait peu d'expérience de l'industrie pétrolière. Il avait rejoint le groupe en tant que directeur financier en 2003, avant de prendre la tête de l'entreprise en 2005.

 

L'arrivée de Maria Foster intervient enfin alors que le groupe a dévoilé des résultats décevants en matière de production d'hydrocarbures. Trop ambitieux, le géant brésilien a souvent raté ses objectifs en la matière ces dernières années. Mais sur la durée, son essor a tout de même été très spectaculaire. Grâce à la découverte et la mise en valeur de ses gisements offshore, Petrobras a augmenté sa production de plus de 1,4 million de barils par jour depuis 2000.

 

A l'avenir, cette montée en puissance va encore s'accélérer. D'ici à 2014, la production de pétrole et de gaz de Petrobras devrait théoriquement progresser de plus de 9 % par an pour dépasser celle de Shell et atteindre environ 3,9 millions de barils équivalent pétrole par jour. Petrobras a prévu d'investir 224 milliard de dollars sur la période 2010-2015.

 

 

 

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 15:10

Les autorités brésiliennes ont mis en concession les deux aéroports de Sao Paulo et celui de la capitale, Brasilia, pour près de 14 milliards de dollars.

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A deux ans de la Coupe du Monde de football qui va voir affluer des centaines de milliers de touristes au Brésil, le gouvernement fédéral a décidé de laisser des sociétés privées prendre en main la gestion de ses grands aéroports.


Au total, les concessions pour plus de vingt ans des trois principales plateformes aéroportuaires du pays - Guarulhos et Campinas à Sao Paulo et Brasilia - ont été cédées aux enchères à des consortiums différents pour la somme record de 14 milliards de dollars, selon les chiffres fournis ce lundi 6 février par la Bourse de Sao Paulo. 

L'entreprise française d'ingénierie Egis, détenue à 75% par la Caisse des dépôts, fait partie du consortium qui a remporté la concession de Viracopos, l'aéroport de Campinas à 120 km de Sao Paulo.

Viracopos a été concédé pour 30 ans au consortium formé par les Brésiliens Triunfo Participações, UTC Participações et le Français Egis, via sa filiale Egis Airport Operation, qui détient une part minoritaire du consortium.

Le groupement a offert pour cet aéroport 2,2 milliards de dollars. 

"Egis est déjà implanté dans le rail au Brésil. Avec cette concession, c'est une entrée très visible d'Egis sur le marché de l'exploitation aéroportuaire", s'est félicité le directeur d'Egis Avia, Cédric Barbier, interrogé par l'AFP.


Le trafic aérien au Brésil augmente de 15% par an, a souligné M. Barbier.

Egis Airport Operation, avec 170 salariés et 30 millions d'euros de chiffre d'affaires, exploite déjà une douzaine d'aéroports dans le monde, représentant 12 millions de passagers.

 

La concession de l'aéroport international de Guarulhos (Sao Paulo), le plus important du pays, a été remportée par le groupe formé par la société brésilienne d'investissement Invepar, le constructeur brésilien OAS et l'opérateur sud-africain ACSA (Airports company South Africa), avec une offre de plus de 9,4 milliards de dollars (7,17 milliards d'euros). La concession s'étend sur vingt ans.

 

L'aéroport de Brasilia a été concédé pour 25 ans au consortium Inframérica Aeroportos, comprenant le Brésilien Engevix et l'Argentin Corporación América pour 2,6 milliards de dollars.

En août, l'aéroport Sao Gonçalo d'Amarante, près de Natal (nord-est), avait été le premier du pays à être privatisé. Il était déjà allé au consortium Inframérica Aeroportos. 

 

Près d'un tiers du trafic passager au Brésil Une des principales exigences de l'appel d'offre était que "le concessionnaire de chaque aéroport devra conclure les travaux d'ici au Mondial de 2014". Les trois aéroports représentent 30% du trafic passager du Brésil.

 

aeroport_passagers_attente_belem_12-2006_orm.jpgLa concession de l'aéroport international de Guarulhos (Sao Paulo), le plus important du pays, a été remportée par le groupe formé par les sociétés Invepar, OAS et la sud-africaine ACSA, avec une offre de plus de 9,4 milliards de dollars. Un concessionnaire français choisi Viracopos, à Campinas à 120 kilomètres de Sao Paulo, a été remis au consortium formé par Triunfo Participações, UTC Participações et le français Egis qui a offert 2,2 milliards de dollars.

L'aéroport de Brasilia est allé au consortium comprenant Engevix et l'argentin Corporación América pour 2,6 milliards de dollars. Les offres ont été plus de quatre fois supérieures au minimum requis par l'Agence de l'aviation civile (Anac). 

 

Plusieurs groupes internationaux se disputent donc le contrôle de trois aéroports brésiliens. Une vente aux enchères inédite doit se dérouler lundi à la Bourse de São Paulo. Les vainqueurs des appels d'offres seront majoritaires à 51% dans chaque aéroport, et la part de l'Etat sera réduite à 49%. La construction de nouveaux terminaux est prévue dans les trois aéroports.

Le français Egis et plusieurs autres poids lourds du secteur sont en lice pour gérer et moderniser l'aéroport international de São Paulo (Guarulhos, le plus important du pays), l'aéroport de Campinas et celui de Brasilia. L'objectif est d'attirer les grands groupes internationaux afin de relancer les investissements et de répondre à l'explosion de la demande (+16% l'an dernier). Mission : moderniser les infrastructures et mettre fin à la saturation des aéroports. Le tout, à deux ans de la Coupe du monde de football.

Concessions de service public

Pudiquement, il n'est officiellement question que de concessions de service public, qui seront délivrées pour des périodes allant de 20 à 30 ans au plus offrant. Mais dans la pratique, c'est bien d'une révolution qu'il s'agit, car pour la première fois, le monopole d'Infraero est battu en brèche. L'entreprise publique administre actuellement une soixantaine d'aéroports au Brésil. Son inefficacité notoire est largement responsable des problèmes actuels, qui font régulièrement l'objet de critiques de l'IATA (l'association du transport aérien international) et des passagers.

Dans les starting-blocks pour cette première étape de la privatisation, une douzaine d'opérateurs internationaux. Le singapourien Changi s'est allié au géant du BTP local Odebrecht, alors que l'allemand Fraport et le suisse Flughafen Zurich ont fait cause commune avec des opérateurs d'autoroutes privatisées (Ecorodovias et CCR, respectivement). Egis est quant à lui allié au groupe brésilien Triunfo. Les Aéroports de Paris (ADP) ainsi que Vinci pourraient également prendre leur marque dans la perspective des concessions à venir. Une sorte de galop d'essai.

Un impératif avant la Coupe du monde et les JO

Dans la liste des prétendants, on trouve encore des concurrents américains, britanniques, espagnols, sud africains, argentins et mexicains... Seul le gouvernement portugais s'est opposé à la participation de l'entreprise publique ANA. Pour stimuler la concurrence, le gouvernement brésilien a stipulé que chaque groupe ne pourra remporter qu'une seule concession. Quitte à participer au prochain round, qui pourrait inclure l'aéroport de Rio de Janeiro.

Pour le Brésil, c'est une page qui se tourne non sans douleur. L'ancien président Lula avait commencé à l'évoquer il y a trois ans et demi. Il aura fallu surmonter la farouche opposition d'une aile de son propre parti, le PT (Parti des travailleurs) et le corporatisme de l'Infraero. Mais la succession de crises dans les aéroports brésiliens, et l'impératif de mettre les choses en ordre avant la Coupe du monde de 2014 et les jeux Olympiques de Rio en 2016, ont encouragé le gouvernement de Dilma Rousseff à passer à l'acte.

 


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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 09:46

Après l'élection de Tiririca au parlement, en 2010, d'autres célébrités ambitionnent de suivre l'exemple de l'amuseur public à l'occasion des élections municipales qui auront lieu cette année, en octobre.

AFP PHOTO/HO

 

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Suivant l'exemple de la reconversion du clown Tiririca, élu député en 2010, d'autres saltimbanques se lancent en politique en prévision des municipales d'octobre prochain 

Au Brésil, le métier de clown peut servir de rampe de lancement en politique. Après l'élection de Tiririca au parlement, en 2010, d'autres célébrités ambitionnent de suivre l'exemple de l'amuseur public à l'occasion des élections municipales qui auront lieu cette année, en octobre. L'exemple de Tiririca a de quoi faire rêver: deuxième député fédéral le mieux élu de l'histoire de l'état de São Paulo, ce "pionnier" siège maintenant à Brasilia avec un confortable salaire de député. Une ascension sociale fulgurante. 

 

Inspiré par cet exemple qui a permis de rameuter des électeurs mécontents, le Parti de la République (PR), auquel appartient Tiririca, a récemment recruté le comédien Bubu, très connu dans la petite ville de Mogi das Cruzes (Etat de São Paulo). L'artiste de rue s'était déjà présenté comme candidat sans étiquette lors des deux dernières élections municipales. Mais sans succès. Cette fois, il sera appuyé par un véritable parti-tremplin. Cynique, le PR tire profit de la notoriété des célébrités de seconde zone pour attirer le vote protestataire. 

La "femme poire" ou la "femme merveille?

Des vocations naissent dans d'autres formations. Clown lui aussi, Tirulipa, le fils de Tiririca, a été courtisé par trois partis différents, dont celui de son père, avant de rejoindre le Parti socialiste brésilien (PSB). Il se présentera aux élections municipales de Fortaleza (Nord-Est du pays), où il adoptera un positionnement politique différent de celui de son père, lequel était purement humoristique. Dans ses spots publicitaires aussi absure qu'hilarant, Tiririca interpellait en effet ainsi les téléspectateurs: "Savez-vous à quoi sert un député fédéral? Eh bien, moi non plus! Alors, votez pour moi et je vous raconterai tout!" Message reçu cinq sur cinq: Tiririca fut le député le mieux élu du Brésil, avec un total de 1 348 295 voix. 

 

Tiririca, Tirulipa et Bubu ne sont pas les seules personnalités du spectacle, plus ou moins célèbres, à s'intéresser à une (lucrative) reconversion dans la politique. Le célèbre comique Charles Henrikipedia, du programme "Panico" et la danseuse Mulher-Pera (la "femme-poire", ainsi surnommée en référence à son joli postérieur) viennent de rejoindre le Parti travailliste du Brésil (PT do B). Les Démocrates (DEM, auquel appartient le vice-président du Brésil Michel Temer) ont, quant à eux, recruté la danseuse Mulher-Maravilha (la "femme merveille") toujours vêtue d'un costume de Superwoman, et le danseur nain Pepy Safado (Pépy l'obsédé). 

Le singe le mieux élu du monde...

 

Ce n'est pas la première fois que le peuple brésilien vote en connaissance pour des célébrités. En 1959, le rhinocéros Cacareco avait été élu avec 100 000 voix (davantage que tous les autres candidats!) au poste très convoité de maire de la ville de São Paulo. Evidemment, la bête à cornes n'a jamais présidé aux déstinés de la capitale économique du pays. Mais sa campagne électorale reste dans les mémoires comme un épisode important des campagnes de dénonciation de la corruption. 

 

Un autre grand personnage a marqué la vie politique. Son nom: Tião. Sa profession: singe. Avec 400 000 voix, il était arrivé en troisième position lors des élections législatives de Rio de Janeiro, en 1988. Au zoo de Rio, le chimpanzé le mieux élu du monde a, par la suite, bénéficié d'un traitement de faveur: un coin repos privatif et... double ration de bananes! Ingrat, ce farceur jetait ses détritus sur les visiteurs, y compris les politiciens. A la mort de Tião, en 1996, le maire de la ville, pas rancunier, a déclaré trois jours de deuil officiel. 

 

 

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 15:11

Le Forum social mondial s'ouvre mardi à Porto Alegre, au Brésil, où il est né en 2001 et les nouveaux mouvements de protestation "Occupy Wall Street" et "les Indignés" seront présents parmi les milliers d'altermondialistes réunis pour trouver des solutions à la crise.  

 

Il y a douze ans, la première rencontre de Porto Alegre avait réuni 20.000 militants du monde entier pour dire 'non' au capitalisme.

 

Au cours des années, le Forum social mondial (FSM) a attiré jusqu'à 150.000 personnes dans différentes villes du monde sous la devise "Un autre monde est possible" mais dernièrement il s'était quelque peu essoufflé.
Cette année, les organisateurs veulent redonner de la force au mouvement et ont convoqué un 'Forum social thématique'.

 

De mardi à dimanche quelque 70.000 altermondialistes concentreront leurs efforts en quête de solutions à un monde plongé dans une "crise économique, politique et environnementale".

 

"Le Forum social mondial est né pour contester l'arrogance des néo-libéraux du Forum économique mondial de Davos (qui réunit chaque année les dirgigeants politiques et industriels des pays riches). Nous avions dit clairement que nous voulions un autre monde. Maintenant ce dont nous avons besoin c'est de construire les solutions, les chemins, les alternatives", a déclaré à l'AFP Candido Grzybowski, fondateur et coordinateur du FSM.
"Nous avons été surpris de la réceptivité au Forum. Même la présidente Dilma Rousseff va venir", a-t-il ajouté.

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Le FSM accueillera les nouveaux mouvements surgis dans le monde: le Printemps arabe, Occuper Wall Street, les Indignés et les étudiants du Chili.
"Ce sont des mouvements qui ne sont pas marqués par la tradition de la gauche classique. Il sont surprenants parce qu'ils ont eu le courage de sortir dans la rue pour faire face" au système qu'ils critiquent, a souligné M. Grzybowski.
En temps de crise mondiale et de désenchantement général, Occuper Wall Street, les Indignés et le FSM ont montré "les limites des partis politiques comme unique forme de participation politique et la distance qui sépare aujourd'hui les gouvernants, les syndicats et les partis, de la base de la société", a exstimé Chico Whitaker, un autre des fondateurs du Forum de Porto Alegre.
"Dernièrement, la démocratie ressemble plutôt à une maison occupée par un groupe d'extraterrestres, qui décide démocratiquement de ses intérêts et de façon dictatoriale des intérêts des grandes majorités", a dit le sociologue portugais Boaventura de Souza pour résumer le desanchantement général.
Une des priorités du forum sera de préparer le Sommet des peuples que les mouvements sociaux organiseront en marge de Rio+20 pour faire "entendre la voix de ceux qui résistent aux progrès du développement prédateur qui se cache sous un visage vert", selon le message de convocation.jpg.jpeg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Forum social s'ouvrira avec une marche dans les rues de Porto Alegre mardi et mercredi avant le coup d'envoi aux débats, au moment où la chancelière allemande Angela Merkel inugurera le 42ème Forum économique de Davos, en Suisse.


 

Porto Alegre (Brésil) accueille du 24 au 29 janvier 2012, un Forum social mondial thématique : « Crise capitaliste, justice environnementale et sociale » auquel Attac France participera, aux côtés des Attac du monde.  logo

 

Fonctionnant à travers de nombreux groupes thématiques et activités auto-organisées, ce forum a trois objectifs principaux :
- alimenter en propositions et analyses les débats et mobilisations qui sont en train de se nouer autour de la nouvelle Conférence des Nations-Unies pour un développement durable, dite Rio+20, qui se tiendra à Rio de Janeiro du 20 au 22 juin 2012, pour ce faire différents groupe de travail vont se réunir les 25 et 26 janvier, sur la crise économique, les défis environnementaux, la crise des institutions internationales, etc., groupes qui poursuivront leurs travaux par échanges sur Internet jusqu’à Rio + 20,


- analyser le contexte de crise économique, financière et sociale qui touche aujourd’hui l’Europe et les États-Unis, dont les conséquences se feront ressentir dans le monde entier au cours des prochains mois ; cette crise multidimensionnelle avait été caractérisée, lors du Forum social mondial de Belem (2009) comme une « crise de civilisation », qui ébranle l’hégémonie du monde occidental,


- faire le lien entre la dynamique altermondialiste et les acteurs du cycle de mobilisations et de luttes de l’année 2011, qui, de la place Tahrir à Wall Street en passant par la Puerta Del Sol et les rues de Tunis, représente un approfondissement et un renouvellement du processus des forums sociaux.

 

Comme tous les Forum sociaux, le Forum thématique de Porto Alegre permettra à tous les mouvements qui le désirent d’y tenir des séminaires et groupes de travail, de même que se tiendront toute une série de Forum parallèles : Forum Science et Démocratie, Forum des autorités locales, Forum sur l’éducation, etc.

 

Le 28 janvier se tiendra une « Assemblée des mouvements sociaux », appelée par le Mouvement des Sans-Terre, la CUT, le grand syndicat brésilien, et la Marche mondiale des femmes. Cette assemblée devrait être l’occasion de préciser la position des mouvements sociaux avant la conférence Rio + 20 et de critiquer en particulier la promotion de « l’économie verte » qui est au cœur du document officiel de préparation de la conférence et qui n’est qu’une nouvelle tentative de « verdir » les politiques actuelles et de promouvoir les marchés (marché du carbone, marché des droits à polluer, etc.) comme la seule alternative possible à la crise environnementale.

 

Loin de l’essoufflement, le Forum social mondial s’affirme ainsi comme un espace à nul autre pareil, dédié à l’élaboration de propositions qui tiennent compte de l’urgence sociale sans renoncer à faire face à l’urgence écologique et climatique.

 

http://www.forumsocialmundial.org.br

 

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 14:02

Le gouvernement du Mozambique est en train de concéder l’usage de six millions d’hectares de terres, soit l’équivalent des deux tiers de la superficie du Portugal à de grands exploitants agricoles brésiliens.

 

Cela avec l’intention de tirer profit de l’expérience brésilienne dans le Cerrado, où, à partir des années 60, la frontière agricole a progressé vers l’intérieur, avec l’élevage extensif et les grandes plantations de soja.

 

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Au Brésil, cette progression de l’élevage vers l’intérieur a entraîné la destruction de 80% du Cerrado, qui est considéré comme la savane la plus riche du monde en biodiversité. La dégradation de ce biome, qui couvre un quart du territoire brésilien, vient recouvrir et polluer les principaux bassins versants du pays, qui se situent justement dans cette région, considérée comme le château d’eau du Brésil.

 

« Pour chaque problème africain, une solution brésilienne »

Grâce à l’offre du gouvernement du Mozambique, la frontière agricole brésilienne envisage de traverser l’Atlantique en direction de la savane africaine. Pour le géographe Eli Alves Penha, auteur du livre « Relaçoes Brasil-Africa e Geopolítica do Atlantico » (« Relations Brésil-Afrique et Géopolitique de l’Atlantique »), les « similitudes écologiques et culturelles » conduisent à un « emboîtement écologique » entre le Brésil et le continent africain.

 

Dans un entretien pour les Editions de l’université fédérale de Bahia [entretien dans lequel l’auteur résume sa thèse sur l’intérêt géopolitique du Brésil pour l’Afrique subsaharienne, ndlr], Penha, après avoir développé ses idées, commente l’affirmation du spécialiste en agriculture du Kenya, Calistous Juma, selon laquelle « pour chaque problème africain, il existe une solution brésilienne ». « Je dirais que la réciproque est également vraie », ajoute Penha.

 

L’agrobusiness brésilien, basé sur l’épuisement des ressources naturelles, envisage maintenant d’exporter son modèle insoutenable de semences génétiquement modifiées, d’utilisation dégradante du sol et de grands domaines exploités aux dépens d’un modèle de réforme agraire ayant échoué. En 2006, le site Reporter Brasil indiquait déjà une nouvelle voie pour la frontière agricole brésilienne :  2504854197_1006a3c00e_o.jpg

 

« La rapide dégradation du sol est un exemple [de pertes irréversibles dans la région, ndlr]. Selon un rapport de Conservaçao Internacional, la culture traditionnelle du soja, comme elle est pratiquée dans le Cerrado, entraîne la perte de près de 25 tonnes de sol par hectare chaque année. Si des techniques de conservation, comme le labour minimal, étaient employées, ce chiffre pourrait être réduit à 3 tonnes par an. »

 

Pour Rosane Bastos [biologiste qui fait partie du Réseau Cerrado, ndlr], le manque de productivité peut provoquer la destruction d’autres écosystèmes : « Si les grands producteurs se retrouvent sans sol, ils vont se déplacer en Amazonie », prévoit-elle.

 

« De bonnes lois ne garantissent pas de bonnes pratiques »

Que le gouvernement du Mozambique recherche des accords afin d’augmenter la productivité agricole n’est pas nouveau, comme Global Voices s’en est fait l’écho en janvier et juillet 2010. Le site Reporter Brasil faisait déjà part de sa préoccupation au sujet des communautés traditionnelles du Mozambique :

 

« La Constitution du Mozambique déclare que toutes les terres du pays sont propriété de l’Etat, qui peut concéder son usage à des entreprises pour des périodes de cinquante ans. Cette concession, toutefois, est conditionnée à l’absence de communautés traditionnelles sur son territoire. Tout montre que là-bas, comme au Brésil, de bonnes lois ne garantissent pas de bonnes pratiques. »

 

70% des Mozambicains sous le seuil de pauvreté

Une des exigences du gouvernement du Mozambique pour la concession des terres est l’emploi de 90% de main d’œuvre nationale pour les travaux agricoles. Sur au moins la moitié du territoire cédé par l’Etat aux Brésiliens vivent des paysans sur de petites propriétés.

 

Le Mozambique est l’un des 49 pays les plus pauvres du monde, avec 70% de sa population sous le seuil de pauvreté, et les agriculteurs y éprouvent de grandes difficultés à accéder au crédit pour la production de nourriture.

 

« Le mode de vie de petits cultivateurs et éleveurs, mis en péril »

Les structures foncières et les acquisitions de terres par des sociétés étrangères dans les pays africains ont fait l’objet d’une étude de l’Organisation des Nations unies, citée par Fundaçao Verde.5251939008_74f81fd265_z.jpg

 

« Ce document souligne que les acquisitions (réalisées en Afrique de manière générale par l’intermédiaire de contrats de location de cinquante ou de cent ans pour lesquels aucun argent n’est versé) peuvent constituer un profit en supposant des investissements étrangers.

 

Cela peut également amener une attraction technologique, un accroissement de la productivité agricole et la création d’emplois et d’infrastructures.

 

 

 

 

 

Mais la façon dont elles sont conduites, avec peu de consultation de la population locale, un manque de transparence et sans garantir dans les contrats les engagements d’investissement, d’emploi ou de développement d’infrastructures, peut mettre en péril le mode de vie de milliers de petits cultivateurs ou éleveurs, dont l’existence dépend de la terre. »

Le « néocolonialisme brésilien » au Mozambique ne contribuera certainement pas au développement socialement juste de ce pays. Si, d’un côté, le Brésil peut offrir des connaissances techniques pour la culture de semences dans la savane africaine, il est d’un autre côté en train de proposer un modèle insoutenable d’agrobusiness, basé sur la monoculture, la dégradation de l’environnement et la concentration des terres entre les mains de quelques uns.

 

Lectures complémentaires sur :

l'accaparement des terres
une nouvelle forme de colonisation ?

Bibliographie

Il faut cesser l’accaparement mondial des terres

GRAIN – LA REVUE DURABLE, n°37, 2010/05, P. 30-31
Plus de 40 millions d'hectares dont 20 millions rien qu'en Afrique ont changé de main ou sont l'objet de négociations avec la complicité des fonctionnaires des pays hôtes. L'ONG Grain prend nettement position contre cette tendance : promouvoir la production alimentaire à vocation exportatrice contrôlée par les multinationales. Elle ne croit pas au discours "gagnant-gagnant" avancé par la Banque Mondiale mais pense que l'accaparement des terres ne peut qu'aggraver la crise alimentaire en favorisant les monocultures à grande échelle, les OGM, le remplacement des paysans par des machines et l'utilisation de produits chimiques et d'énergies fossiles. C'est une agriculture qui nourrit les bénéfices de quelques uns et accroît la pauvreté des autres.

La menace de l'appropriation foncière à grande échelle

BURNOD, Perrine; ANSEEUW, Ward; EVEN, Marie Aude - LA REVUE DURABLE, n°37, 2010/05, P. 27-29
La volonté d'investisseurs étrangers ou nationaux, publics ou privés, de s'approprier de très vastes surfaces agricoles prend de l'ampleur dans tous les continents. Les motifs sont divers : garantir un approvisionnement en matières premières, assurer la sécurité alimentaire du pays d'origine ou sécuriser l'approvisionnement d'entreprises agroalimentaires, considérer le foncier comme une valeur refuge en temps de crise. Il s'agit généralement de baux de longue durée (souvent 99 ans) avec peu ou pas de contrepartie financière. Les droits fonciers d'origine coutumière des ruraux ne sont pas pris en compte. Il est primordial de sécuriser les droits des ruraux sur la terre et les ressources naturelles et d'impliquer les institutions locales dans la gestion du foncier. Les investisseurs devraient contribuer à la sécurité alimentaire du pays hôte en approvisionnant les marchés nationaux, mais ils risquent d'entrer en concurrence avec l'agriculture familiale. Pour réguler ces investissements, les institutions internationales incitent les investisseurs à entrer dans la démarche RSE.

Acquisitions et locations de terres à grande échelle : ensemble de principes minimaux et de mesures pour relever le défi au regard des droits de l'homme

DE SCHUTTER, Olivier - GENEVE : CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME DES NATIONS UNIES, 2009/12/28, 20 P.
[En ligne : http://www.srfood.org/index.php/fr/... consulté le 3 juin 2010]
La tendance des acquisitions et locations de terres à grande échelle s'est accélérée après la crise mondiale des prix alimentaires de 2008. Le Rapporteur spécial fait le point de l'effet que peut avoir cette situation sur le droit à une alimentation suffisante et rappelle les obligations que le droit international impose aux États. Il propose ensuite un ensemble de mesures et de principes fondamentaux à l'intention des États hôtes et des investisseurs, concernant les politiques foncières et la participation des populations locales notamment.

Ruées sur les terres africaines : un mouvement spéculatif mondial

BAXTER, Joan - LE MONDE DIPLOMATIQUE, n°670, 2010/01, P. 18
Après les minerais et le pétrole, les terres africaines suscitent les convoitises étrangères. Des millions d'hectares cultivables ont déjà été cédés, dans une grande opacité, par les autorités du continent. A l'initiative de multinationales de l'agroalimentaire et d'États, notamment du Proche-Orient et de l'Asie, de nombreux projets sont à l'étude qui, s'ils vont à leur terme, mettront en danger les sociétés, les équilibres naturels et l'agriculture locale.

Cession des terres : consulter les populations rurales

TRAVAUX ET INNOVATIONS, n°162, 2009/11, P. 53-56
De plus en plus d'entreprises privées achètent ou louent des terres, en particulier en Afrique, pour sécuriser leurs approvisionnements suite aux crises alimentaires et financières de 2007 et 2008. Parmi les plus gros acquéreurs figurent l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar. D'autres pays comme la Chine, la Corée du Sud et l'Inde, dont les terres sont insuffisantes pour répondre à leurs besoins croissants, délocalisent leur production agricole. Les populations concernées ne sont pas consultées et ne sont pas associées aux transactions. Le fonds international de développement agricole (FIDA) et l'Institut international de l'environnement et du développement (IIED) préconisent d'associer à ces négociations des représentants agricoles des régions concernées pour qu'ils puissent défendre leurs intérêts à condition qu'ils se structurent et se forment.

Les nouveaux propriétaires fonciers

GRAIN - INFORMATIONS ET COMMENTAIRES, n°149, 2009/10, P. 25-31
Même si les gouvernements facilitent les accords, les principaux responsables de l'actuel accaparement de terres sont les grandes entreprises privées. Le capital financier (fonds et sociétés d'investissement) joue un rôle absolument considérable, un nouveau lobby extrêmement puissant se met en place pour se débarrasser de toutes règlementations contraignantes. Et leurs intérêts ne sont pas ceux des gouvernements ou des populations. Comme le constate un des leaders d'une organisation paysanne au Bénin, l'accaparement des terres est essentiellement "une façon d'exporter l'insécurité alimentaire".

Mainmise sur les terres africaines ?

LAISHLEY, Roy - AFRIQUE RENOUVEAU, n°3, 2009/10, P. 4-5, P. 22
Des sociétés et des gouvernements étrangers achètent des terres africaines. Ce néocolonialisme se fait à des échelles sans précédent, dans plusieurs pays africains. Pour les investisseurs, l'intérêt est d'assurer la sécurité alimentaire de leur propre pays et de produire des agrocarburants. Les projets agricoles sont exclusivement prévus pour l'exportation et stimulent peu l'économie africaine. C'est une attaque contre le droit à la terre, traditionnel pour les paysans africains.

Le Sud se rebiffe

COURRIER INTERNATIONAL, n°991, 2009/10/29, P. 36-43
Les terres arables d'Afrique, de certains pays d'Asie du sud est et d'Amérique latine sont l'objet d'accords commerciaux entre des pays investisseurs et leurs gouvernements. Ces terres sont louées ou vendues pour y cultiver principalement du riz, du maïs, du soja de la canne à sucre ou des lentilles. Les accords se font rarement au profit de la population locale : ils posent le problème de l'accès à la terre et de l'approvisionnement en eau. De plus, les technologies apportées par les investisseurs ne profitent pas aux agriculteurs locaux et les exploitations d'agriculture intensive ne créent que peu d'emplois.

Des marchés prometteurs pour l'Afrique

LAISHLEY, Roy - AFRIQUE RENOUVEAU, n°2, 2009/07, P. 16-20
Il y a de aspects positifs et négatifs au développement accéléré des liens économiques entre l'Afrique et les économies émergentes comme la Chine, le Brésil et l'Inde. Les consommateurs africains en tirent profit, les exportations augmentent. Les groupements régionaux des pays africains pourraient présenter un front commun aux investissements et acheteurs potentiels. Les investissements sud-sud pourraient, à long terme, sortir renforcés de la crise. Mais les pratiques commerciales et les procédures d'investissement de certaines économies émergentes sont critiquables ; la concession de larges surfaces foncières à des étrangers est un des problèmes.

Main basse néo-coloniale sur les terres agricoles

RABEHERIFA, Jean-Claude - AUJOURD'HUI L'AFRIQUE, n°111, 2009/03, P. 25
Dans l'histoire de l'humanité la volonté expansionniste des grandes puissances s'est exercée à l'encontre des communautés indigènes, contraintes de quitter leurs terres. Actuellement, il y a une phase d'accaparement des terres au niveau mondial en raison de la crise alimentaire et de la crise financière. Sociétés agroalimentaires et investisseurs privés accaparent les terres agricoles des pays pauvres pour externaliser la production alimentaire et énergétique.

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 11:11

Au Brésil, la concurrence que se livrent Carrefour et Casino pour la grande distribution ou Renault et PSA Peugeot Citroën pour l’automobile reflète le potentiel économique d’une puissance émergente. Boosté par une croissance de 7,5%, le Brésil attire de plus en plus de groupes français à la conquête de nouveaux marchés.

 

 

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Depuis plusieurs mois, les relations commerciales franco-brésiliennes sont dominées par les aléas du Rafale. Mais après le triomphalisme qui avait accompagné la visite du président Sarkozy en décembre 2008, le dossier du Rafale n’a pas vraiment avancé, l’avionneur Dassault étant toujours en course pour un contrat de 36 avions de chasse. Si ce dossier commercial est hautement stratégique, il ne faut pas oublier que le spectre des activités des sociétés françaises implantées au Brésil est bien plus large.

Dernier dossier en date : l’ambition du groupe de distribution Carrefour, dont la filiale brésilienne voudrait fusionner ses activités avec le groupe de distribution local Grupo Pao de Açucar (GPA). Avec 17% des parts de marché, GPA avive l’appétit du groupe Carrefour. Ce dernier a d’ailleurs mandaté la banque d’affaire Lazard pour élaborer un scénario de fusion.

A la recherche de nouveaux débouchés, les groupes français visent les marchés où la structure sociale est marquée par un accroissement des classes moyennes, et donc une hausse du pouvoir d’achat. En tant que puissance émergente, le Brésil est un terrain de concurrence pour des groupes comme Carrefour ou Casino. Le premier est implanté au Brésil depuis 1975, pays qui représente son deuxième marché après la France.

 

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Mais dans sa tentative de prise de contrôle de GPA, il devra composer avec le groupe Casino, qui détient déjà 33,7% de GPA et ne semble pas vouloir s’en séparer. Très logiquement, le groupe de Jean-Charles Naouridevrait s’opposer à cette opération. GPA représente en effet un élément moteur de la stratégie internationale du groupe Casino. Renforcé par d’excellent résultat à l’étranger (l’activité à l’international représente 10% du chiffre d’affaires réalisé en 2010), le groupe Casino ambitionne d’achever la prise de contrôle de GPA d’ici juin 2012 pour conforter sa position dans un pays dans lequel il est implanté depuis 1999. Dans ce contexte, on peut avoir de sérieux doute quant à la capacité capitalistique de Carrefour à mettre en œuvre une telle fusion.

D’autre part, il semble que les autorités brésiliennes n’aient aucune intention de laisser l’espace économique brésilien se transformer en un eldorado où les entreprises étrangères pourraient parvenir à des positions dominantes. Or la fusion de Carrefour et GPA porterait la part de marché de la nouvelle structure à 31,5%. Dans les grandes villes, où GPA est particulièrement bien implanté, ce chiffre atteindrait même 50%. Autrement dit, la fusion Carrefour/GPA créerait une position dominante que l’autorité brésilienne en charge de la concurrence devrait vraisemblablement

rejeter.

Autre marché en pleine expansion : l’automobile. Les grands constructeurs automobiles mondiaux sont d’ailleurs présents au Brésil, de General Motors à Ford, en passant par Toyota, ou les français PSA Peugeot Citroën et Renault. Avec une production de 172 500 véhicules pour une part de marché de 4,8%, Renault est le cinquième constructeur automobile au Brésil. Il s’appuie sur une production locale, centralisée dans le complexe de Curitiba, ainsi qu’un centre de design automobile. C’est ce centre de design qui a d’ailleurs redessiné la berline Sandero, confortant ainsi la renommée montante des designers automobiles brésiliens.

De son côté, PSA Peugeot Citroën veut s’appuyer sur le Brésil pour renforcer sa stratégie de globalisation. Le constructeur automobile est déjà implanté en Chine, en Russie et au Brésil, pays dans lequel il a vendu 151 000 véhicules en 2009. Ces résultats sont évidemment perfectibles et le constructeur automobile compte bien s’appuyer sur des modèles spécifiques au marché qui s’ajouteraient à la Peugeot 207 et à la Citroën C3 déjà commercialisées. Le développement de modèles locaux devrait d’ailleurs mobiliser un investissement de 530 millions d’euros d’ici 2012.

Le Brésil semble bien être le débouché idéal des activités internationales des grands groupes français. Avec une croissance de 7,5% l’année dernièreet l’émergence d’une classe moyenne en mal de société de consommation, le Brésil est un marché où la consommation se porte plutôt bien. À tel point que les cabinets parisiens d’intelligence économique regorgent de demande d’accompagnement à l’implantation. Enfin, il faut souligner les anticipations de plus long terme liées à deux évènements sportifs qui vont irriguer les secteurs des BTP et du tourisme : la Coupe du monde de football de 2014, suivie des Jeux Olympiques de Rio en 2016.

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 15:29

 

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 09:47

Les jeunes du Vieux Continent tentent leur chance dans un pays qui offre croissance et qualité de vie.Benjamin Cano, 33 ans a quitté son emploi à Toulouse pour ouvrir un petit hôtel de luxe au pied d'une favela de Rio de Janeiro.

  • Benjamin Cano, 33 ans a quitté son emploi à Toulouse pour ouvrir un petit hôtel de luxe au pied d'une favela de Rio de Janeiro. Crédits photo : Lamia Oualalou Le figaro/Lamia Oualalou Le figaro

    Les jeunes du Vieux Continent tentent leur chance dans un pays qui offre croissance et qualité de vie.

Benjamin Cano n'en croit pas ses yeux. L'été a tout juste commencé, et la Casa Mosquito, le petit hôtel qu'il a ouvert au pied d'une favela de Rio de Janeiro il y a un mois affiche déjà complet. À regarder le jeune homme de 33 ans, tee-shirt de marin, bermuda et Havaianas aux pieds, on a du mal à l'imaginer en consultant en ressources humaines dans une multinationale. En 2009, il découvre Rio de Janeiro à l'occasion d'un voyage offert par ses amis à l'occasion de ses trente ans. Le coup de foudre. Il quitte son emploi à Toulouse, alors que son compagnon, vétérinaire, vend sa clinique. Ils investissent toutes leurs économies dans la Ville merveilleuse, en transformant une maison bourgeoise des années 1940 en hôtel de luxe. «C'est un risque, mais il est minime. Nous ne sommes pas assaillis par les charges, on a le temps de faire du chiffre d'affaires avant de payer des taxes», explique-t-il, enthousiaste. «En France, monter une affaire est devenu impossible, surtout pour faire totalement autre chose, comme nous le voulions», poursuit-il.

Sixième économie du monde

Le Toulousain n'est pas le seul à tenter de se «réinventer» au Brésil. Selon le ministère de la Justice, le nombre de carte de séjour délivrées a bondi de 67% entre 2009 et 2010 et la tendance s'est encore accélérée cette année. Si les Portugais sont en tête des arrivants, aidés par la langue, suivis par les Boliviens, les Chinois, les Paraguayens et les Coréens, les autres ressortissants européens se bousculent. Tous sont attirés par le dynamisme de la sixième économie mondiale, qui a enregistré 7,5% de croissance en 2010 et devrait maintenir 3% cette année malgré la crise. «Je reçois des CV quotidiennement», témoigne Éric Fajole, directeur d'Ubifrance Brésil. «De plus en plus de diplômés arrivent en ayant déjà appris le portugais en Europe», poursuit-il.

 

Les prétendants ont entendu dire que les salaires étaient souvent supérieurs à ceux pratiqués sur le Vieux Continent: ici, le chômage est de 6%, le plus bas historiquement. Le statut d'expatrié, tombé en désuétude et ne concernant plus que les directeurs des filiales locales, est redevenu à la mode. «Même si on prend en compte toutes les dépenses qu'il suppose pour l'entreprise, comme le loyer ou l'école des enfants, les expatriés coûtent moins cher que les Brésiliens aujourd'hui, quand il s'agit d'un ingénieur ou d'un directeur financier», poursuit Éric Fajole. «Et si le coût est équivalent, ils sont plus fidèles, alors que les cadres locaux partent à la moindre surenchère», poursuit-il.

 

Outre les nouveaux arrivants, il y a ceux qui, envoyés pour un temps, ne veulent plus partir. C'est le cas de Thomas Valantin, arrivé en 2008 à Sao Paulo pour piloter l'antenne latino-américaine de Tandberg, le spécialiste norvégien de visioconférence. Lorsque Sisco rachète l'entreprise, elle propose au directeur de rentrer à Paris. «Aucune envie», laisse tomber le cadre de 41 ans. «Quand on voit ce qui se passe en Europe, où les affaires sont paralysées, on se dit que c'est idiot de lâcher un pays où ça marche, et où on est bien», explique-t-il. Thomas Valantin a choisi de vendre ses talents à un autre groupe français, Arkadin, qui cherchait à s'installer à Sao Paulo.

Une épicerie française à Rio

«Le Brésil n'est plus un passage, mais un endroit où on peut faire carrière, avec une qualité de vie supérieure à ce qu'on aurait en Inde, en Chine ou à Singapour», résume Patrick Hollard, directeur Amérique latine du cabinet de recrutement Michael Page. La forte croissance, la pénurie de compétences, les salaires élevés et la montée en puissance des groupes brésiliens, qui offrent désormais des parcours internationaux, changent la donne. «Le Brésil apparaît aujourd'hui sur le radar des cadres et des jeunes diplômés, c'est un pays crédible, qui a de l'avenir, tout le contraire de ce qu'offre l'Europe aujourd'hui», poursuit-il. Une perception renforcée par l'apparent naufrage de la zone euro. «Il suffit que je regarde le journal télévisé français sur TV5 pour avoir des bouffées d'angoisse», confie Jérémie Leclerq, qui vient de monter à 31 ans «Madame Foie Gras», une entreprise de confection de produits fins français avec l'ambition d'ouvrir une épicerie fine à Rio de Janeiro. En 2008, ce titulaire d'un master d'économie fait partie des charrettes des banques d'investissement. Il profite de l'installation temporaire de ses parents au Brésil pour connaître le géant latino-américain et se lancer dans l'aventure. «Monter une entreprise est plus facile en France, car ici la bureaucratie est lourde, mais en Europe, les perspectives sont sombres. J'adore Paris, ce n'est juste pas un bon moment pour vivre en France», conclut-il.

 

Le Brésil n'est pourtant pas un eldorado. «Personne ne nous attend, ils sont très bien formés, ceux qui arrivent la fleur au fusil sans parler la langue seront déçus», tempère Patrick Hollard. Si les salaires sont élevés, le coût de la vie l'est aussi: la santé, l'éducation, tout est privé, et le real, la monnaie locale, est très valorisée. «D'ici à 2016, après les Jeux olympiques de Rio de Janeiro, peut-être que tout cela se dégonflera», reconnaît Thomas Valantin. En attendant, il se dit sûr de la solidité de son activité pour les prochaines années et se félicite que ses deux enfants deviennent parfaitement bilingues et adoptent la culture locale. «On se dit que pour leur futur, ce n'est pas plus mal pour eux de miser sur le Brésil», résume-t-il.

 

 

 

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