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  • : Blog pour tous les passionnés du Brésil : actualités économiques, sociales et politiques.
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CV

Bruno MAGNIEZ

 
Email : bmagniez@netcourrier.com

 

Docteur en Sciences Economiques

 

Thèse de doctorat Université de Picardie Jules Verne (octobre 2001) :

-          « La place du secteur informel dans l’économie brésilienne : une étude centrée sur le commerce de rue à João Pessoa »
- Thèse sous la direction de B.Lautier, Professeur Université de Paris-I, Panthéon-Sorbonne. Mention très honorable.

-          Jury de thèse : Philippe Hugon, Jaime Marques Pereira, Christian Azais, Bruno Lautier, Christian Palloix


 

Professeur de Sciences Economiques et Sociales


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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 11:26

Le Premier ministre François Fillon arrivera au Brésil le mercredi 14 décembre au soir pour une visite de trois jours. Selon notre lettre hebdomadaire confidentielle MOCI news, qui dévoile en exclusivité son programme dans son édition du 8 décembre, il sera accompagné d’une importante délégation de chefs d’entreprises français. Le programme prévoit une rencontre à Sao Paulo avec les chefs d’entreprises brésiliens au siège de la puissante Fédération des industries de l’Etat de Sao Paulo (FIESP) et un entretien avec le gouverneur de cet Etat, Geraldo Alckmin. Le Premier ministre rencontrera aussi la communauté d’affaires françaises et tiendra une conférence de presse axée sur les questions économiques, destinée notamment à expliciter les positions du gouvernement français sur la crise de l’euro. François Fillon a en outre un rendez-vous à Brasilia avec la nouvelle présidente du Brésil, Dilma Rousseff, qui va revêtir une importance cruciale.

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Depuis son arrivée au pouvoir, le 1er janvier 2011, « Dilma » comme on l’appelle au Brésil, s’est surtout concentrée sur les questions de politique intérieure (programmes sociaux, soutien de la croissance, politique industrielle, lutte contre la corruption, etc.). En matière diplomatique, elle a eu tendance à se démarquer de Lula avec, notamment, un début de rapprochement avec les Etats-Unis. La visite de François Fillon intervient donc à point nommé pour donner un nouvel élan au partenariat stratégique France-Brésil élaboré pendant le mandat de Lula. Le Premier ministre se rendra enfin à Rio de Janeiro où il rencontrera le gouverneur de l’Etat, Sergio Cabral. L’objectif de cette étape sera d’appuyer la présence des entreprises françaises dans les contrats liés aux Jeux olympiques de 2016.

 

 

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C'est historique : jamais les finances du Brésil n'avaient été aussi bien portantes. Le niveau des réserves de change de la Banque centrale a dépassé de 4 milliards de dollars le montant de la dette extérieure des secteurs publics et privés du pays. _ Décidément, le pays n'en finit plus de surprendre. Lui qui, il y a à peine vingt ans, faisait figure de lanterne rouge des pays en développement, lui qui n'a jamais été dans le vert depuis son indépendance, voici deux siècle, a donc su combler son retard. Déjà, en 2005, le Brésil était parvenu à rembourser sa dette envers le Fonds monétaire international. Hasard de l'histoire, l'artisan de cette prouesse a été le président Lula, fondateur du parti des travailleurs en 1980, qui avait pour slogan à l'époque : “FMI dehors !” C'est désormais chose faite, mais par la grande porte. En fait, le Brésil a été plutôt chanceux ces dernières années. Il a surtout profité d'une très forte demande mondiale pour ses produits, soja, viande de bœuf ou minerai de fer. Et puis, ces derniers mois, la Banque centrale a été bien inspirée d'acheter des dollars pour disposer de liquidités. Résultat : le real, la monnaie nationale, n'a pas cessé de s'apprécier face au dollar ; ce qui lui permet d'importer moins cher. _ Il y a aussi une inflation plutôt maîtrisée, autour de 4% ; et une croissance en pleine forme, 5,25% l'an dernier. Bref, de quoi laisser espérer au Brésil le fameux investment grade, un satisfecit accordé par les agences de notation, qui signifie que les risques encourus par les investisseurs y sont faibles.

 

 

 

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 15:04

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C’est après un tour du monde entrepris pendant un an que Dimitri Mussard, 28 ans, fils de Pascale Mussard, directrice artistique d’Hermès et membre de la famille, décide de jeter l’ancre au Brésil.

 

Dimitri Mussard
Dimitri Mussard

Jeune courtier dans une banque anglaise à Londres, il change du tout au tout et se lance dans le développement d’un showroom de multimarques à São Paulo.


Rien ne semble arrêter Dimitri Mussard dans son entreprise Acaju do Brasil, créée il y a un an, pour défendre des créateurs français encore inconnus d’une certaine clientèle brésilienne qui ne jure que par les grandes marques.

C’est au fil de l’entretien, accordé à Aujourd'hui le Brésil, que se révèle l’ambition de ce jeune homme qui a décidé, sans compter sur les siens, d’imposer Acaju do Brasil dans le paysage de la mode brésilienne.

 

Après votre tour du monde, qu’est-ce qui vous a poussé à choisir le Brésil comme lieu de résidence ?

Après une année dans le monde à visiter des endroits magiques, la perspective de me retrouver assistant en salle de marché à la Société Générale de la Défense ne me faisait pas vibrer.

Pour être franc mon cœur hésitait entre Moscou et São Paulo mais je pense que le climat m’a fait pencher vers le Brésil. Et puis il y a beaucoup d’endroits, je pense, où je pourrais me plaire, mais São Paulo combinait deux choses qui m’attiraient : une explosion économique mais surtout une ville encore inconnue. Ce n’est pas comme Barcelone, Londres ou Shanghaï où il y a une énorme communauté d’expatriés français. J’avais l’impression de faire quelque chose de plus personnel en venant m’installer ici.

 

Pouvez-vous nous définir le concept Acaju do Brasil ? Etes-vous le seul dans ce secteur ?

Acaju do Brasil, que j’ai créé en 2010, aide les marques étrangères à s’installer au Brésil. Mon secteur est la mode et comme importer au Brésil est extrêmement compliqué et cher, je pense que peu de monde n’a envie de tenter l’aventure !

 

Nous importons, distribuons, représentons, nous occupons de la presse, des évènements, de la sélection de boutiques afin de construire l'image de marques encore inconnues sur ce pays continent. Notre positionnement est haut de gamme mais nous occupons un espace qui se situe entre les marques nationales, souvent mauvaises, et les marques internationales, très luxe.

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Showroom Acaju do Brasil
Acaju do Brasil

Quelles sont les marques ou créateurs français que représente Acaju do Brasil ?

Twins For Peace, Weill, Les Petits Joueurs, Barbara Casasola, Vicomte A., Clémence de Gabriac…et une dizaine d’autres marques.

 

Comment analysez-vous le goût de la clientèle brésilienne par rapport aux marques que vous défendez ?

Je pense que la clientèle brésilienne est assez proche de la clientèle russe. Ceux qui ont de l’argent aiment que ça se voit et ont une passion pour les marques comme Louis Vuitton. Il est assez donc assez difficile de les pousser vers des produits qu’ils qualifient "d’alternatifs".
Notre travail se mesure dans la durée car d'une part il faut plusieurs années pour bâtir une marque et d'autre part, nos produits sont chers en raison des taxes d'importation.

 

Cela doit-il passer par l’éducation de cette dite clientèle sur vos propres produits ?

C’est exactement ça ! C’est un terme un peu prétentieux surtout que je ne suis pas un expert de la mode, ce n’est même pas quelque chose qui me passionne en soi. Ce qui me passionne est de réussir à construire une histoire avec une marque afin qu’elle soit désirée par les Brésiliens/ennes.

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Showroom Acaju do Brasil
Acaju do Brasil

Quelle vision avez-vous du marché brésilien ?

Le marché brésilien est paradoxal. Il est en plein boom mais en même temps peu de marques arrivent à percer. C’est un marché immature et les Brésiliens commencent seulement à acquérir une culture de mode car ils voyagent plus, leur monnaie s’apprécie…
Mais c’est un marché d’avenir en raison d'une offre encore très faible et d'une demande qui croît tous les jours.

 

Quelles difficultés avez-vous rencontré lors de la création d’Acaju do Brasil ?

Il est important de réaliser que le Brésil n’est pas du tout l’eldorado que l’on essaye de nous vendre en Europe. Non, le Brésil est un pays très bureaucratique, les taxes d’importation sont les pires au monde et, selon une étude de la banque mondiale, c’est le pays où il est le plus difficile, pour un étranger, de monter sa société.

En plus il est quasi impossible d’emprunter à la banque car les taux d’intérêts sont absurdes. J’ai eu du mal au début à trouver des investisseurs locaux et surtout, à trouver des partenaires fiables. Je pense que le vrai problème fut celui-là.

 

Quelles sont les solutions apportées à long terme ?

Chaque jour nous apprenons énormément. En moins d'un an nous avons réussi à nous faire un nom sur le marché. Pour cela nous sommes plus intransigeants dans nos négociations et nous ne nous laissons pas "endormir" pas les beaux parleurs.

 

Comment fonctionnez-vous, avec des "mall" comme Daslu ?

Avec Daslu c’est assez simple. Nous leur présentons nos marques, ils passent commande, nous règlent toujours dans les délais. Tout le monde nous avait dit de nous méfier mais nous voulions vérifier par nous-même et je peux dire que c’est un plaisir de travailler avec eux.

 

Comment voyez-vous l’évolution d’Acaju do Brasil dans les prochaines années ?

La première chose que je vais faire, et c’est à très court terme, est d’augmenter ma structure, embaucher une commerciale pour chaque marque, créer un service de presse en interne et ouvrir un showroom plus grand.

Nous avons à court/moyen terme plusieurs projets qui sont l’ouverture de franchises pour certaines marques que nous distribuons, mais également le lancement d’un e-commerce ou d’un concept store.

 

Gardez-vous un lien avec l'Hexagone, en dehors de la famille ? Envisagez-vous un retour en France ?

Je ne suis pas un fan du téléphone, la seule personne que j’appelle régulièrement est ma mère. Sinon je garde contact par email avec ma famille et amis.


Je me plais énormément au Brésil et je n’ai pas du tout envie de revenir en France. J’aime la France, c’est mon pays mais je trouve que c’est un pays qui a sa gloire derrière lui mais qui, à la différence de l’Italie, ne le sait pas. Difficile d’avancer dans ces conditions-là. C’est une chance d’être dans un pays d’avenir où les gens sont agréables.

 

 

 

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 18:13

 C'est une tradition pour Jacques Ardiès, galériste et expert en art Naïf. Chaque fin d'année il réunit, jusqu'au 24 décembre, les oeuvres des principaux artistes nationaux, une manière de rendre hommage et célébrer la grande variété de la production artistique d'art Naïf brésilien.

 

Fazenda Inôcencia (Fazenda de l'Innocence) de Malu Delibo/Galerie Jacques Ardiès
Fazenda Inôcencia (Fazenda de l'Innocence) de Malu Delibo/Galerie Jacques Ardiès

"L'exposition regroupe toutes les formes d'expression de l'art Naïf, chacune avec ses valeurs et sa touche personnelle" explique Jacques Ardies, galériste depuis 30 ans à São Paulo.

 

 

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O Nascimento da cabra (la naissance de la chèvre) d'Antonio de Olinda
Galerie Jacques Ardiès

Les 120 toiles, exposées* dans la Galerie Jacques Ardiès, présentent à la fois des artistes aux traits dits "primitifs", sans réelle recherche de finition dans le dessin, un peu comme de l'art brut (Cristiano Sidoti, Antonio de Olinda, José Antonio da Silva) et des artistes qui, tels les poètes du pinceau, sont dans la quête du détail qui s'exprime à travers un processus méticuleux. (comme par exemple Ana Maria Dias, Malu Delibo, Edivaldo).

 

 

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Nova Sampa (Nouveau São Paulo) de Cristiano Sidoti
Galerie Jacques Ardiès

L'art Naïf brésilien : une singularité


Les principaux thèmes repris dans les oeuvres présentées évoquent les fêtes folkloriques et religieuses, les paysages bucoliques, les scènes de la vie quotidienne tirées d'expériences personnelles et interprétées de manière originale. Synthèse de ce qui fait les coutumes et traditions du pays, les oeuvres sont une forme particulière de valoriser et préserver les racines culturelles du Brésil.

 

 

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Forrobodo de Mara D.Toledo
Galerie Jacques Ardiès

"Ces artistes ont en commun la subtilité qui dépeint les thèmes de la nature et de la vie quotidienne. Utilisant la couleur avec talent, ils transmettent, à travers chacune de leurs oeuvres, le lyrisme et l'optimiste si caractéristiques du peuple brésilien" explique Jacques Ardiès apôtre et missionnaire de l'art Naïf brésilien.

 

La Galerie Jacques Ardiès, une référence depuis 30 ans


Depuis 1979, Jacques Ardiès a réalisé plus d´une centaine d´expositions individuelles et 152 expositions collectives notamment à La Maison de l'Amérique Latine à Monaco, la Galerie Jacqueline Bricard en France, la GinaGallery en Israël, le Musée d'Art Contemporain de Campinas et le Musée d'Art Moderne de Goiania.

 

 

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Galerie Jacques Ardiès à São Paulo
J.A
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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 09:43

Frédéric Ronflard est responsable du développement d'un cabinet de recrutement anglo-saxon au Brésil. Pour Aujourd'hui le Brésil, il explique quelles sont difficultés pour les candidats à l'expatriation et comment se présente le marché du travail pour les étrangers.

Frédéric Ronflard, Directeur de Robert Walters au Brésil. Photo S.O
Frédéric Ronflard, Directeur de Robert Walters au Brésil. Photo S.O

 

Beaucoup de monde souhaite venir travailler au Brésil. Mais d'abord quelle est la "réalité Brésil" sur le plan personnel ?

La décision de venir, en famille, travailler au Brésil demande un véritable travail sur soi quand on regarde les statistiques sur la sécurité, l'investissement personnel pour apprendre le portugais-brésilien, le coût de la vie, de la scolarité, de la santé… La première fois je suis venu au Brésil c'était pour valider le fait que je pourrais vivre ici en acceptant pleinement ces contraintes.

Cette réalité permet aux personnes désireuses de venir au Brésil sans visa et sans parler la langue, de rencontrer moins de compétition dans leur pays d’origine.

 

Et sur le plan professionnel ?

Dans les sociétés internationales ou françaises, il y a des opportunités pour des Français à condition d'avoir le visa de travail, de parler le portugais et si possible d'avoir eu une expérience au Brésil, ce qui signifie que peu de personnes sont éligibles, surtout en raison des contraintes liées au visa de travail.

 

Quelles sont les possibilités pour un Français qui veut s'expatrier au Brésil ?

Si l'on parle d'un cadre expatrié, avec une famille, dont le poste est justifié par l'expérience, l'expatriation coûte encore plus cher aujourd'hui. Mais les entreprises commencent à faire l'arbitrage parce que le marché est tellement "bouillant" que les sociétés font de plus en plus le choix d'acheter une stabilité en étant sûre de garder la personne pendant sa période d’expatriation. Il y a toujours les +/-6 mois incontournables de procédure de visa qui restent un exercice compliqué.

 

Si l'on prend un jeune diplômé qui démarre, sans expérience professionnelle, les chances de trouver un travail au Brésil sont très faibles en raison du problème du visa. 90% des jeunes détenteurs d’un visa lié à des études au Brésil ne trouvent pas de travail par la suite.

 

Dotés de ce visa, ces jeunes n'ont le droit de travailler que 3 mois dans la même société en tant que stagiaire. Ils pourront renouveler l’expérience avec d’autres sociétés le temps de leur études.

Il va de soi, dans les deux cas, que si la procédure de visa était simplifiée les possibilités d’embauches seraient plus nombreuses au Brésil du fait du manque de main-d’œuvre qualifiée.

 

Quelles sont les opportunités pour un cadre français de trouver un contrat local?

Si la personne a déjà une expérience au Brésil, qu'elle parle le portugais, ses chances de trouver un emploi seront d’autant plus fortes si elle y réside actuellement et/ou détient un visa permanent. Il y a plusieurs cas d’expatriés qui ont travaillé pour une société française et qui n'ont pas voulu partir à la fin de leur mission.
Cette décision de rester au Brésil doit être pensée et analysée car retrouver un emploi peut prendre du temps et l’absence de ressources pendant cette période peut compliquer l’existence au Brésil où les coûts sont importants (logement, école, santé…).

 

Quels sont les secteurs qui recrutent ?

D’une manière générale, nous rencontrons chez Robert Walters Brésil des besoins dans la plupart des secteurs d’activités. Si nous devions mettre en avant quelques secteurs, ceux de l'Agro-business, le Fast Moving Consumer Goods, la Distribution, le Trading de matières premières, l'Industrie (équipements, infrastructure, pétrole…) seraient parmi les plus actifs.

 

Est-ce que les sociétés brésiliennes recrutent des étrangers?

L’exposition internationale des sociétés brésiliennes n’étant pas encore très forte, l’intérêt et/ou le besoin de recruter des Français ou des étrangers est encore très faible. Mais si on regarde bien, on n'a pas beaucoup d'exemples en France de sociétésfrançaises qui recrutent des étrangers.

Les quelques exceptions concernent les résidents permanents qui peuvent obtenir une légitimité au niveau managérial dans le cadre de partenariats avec l’étranger.

 

Dans les entreprises brésiliennes, l’accession aux postes à responsabilités peut être plus rapide qu’en France pour des jeunes professionnels. En effet, le taux d'encadrement en France est plus élevé qu'au Brésil, ce qui génère un besoin important en managers, profils en pénurie au Brésil.

 

Quelles sont les grilles de salaire appliquées au Brésil ?

En début de carrière au Brésil, la rémunération des professionnels à haut potentiel est encore très basse. A titre d’exemple : en France, un jeune professionnel qui sort d'une bonne école et qui rentre dans un cabinet d'audit va gagner en moyenne +/-R$ 90.000 (37.659 €) par an contre +/-R$ 20.000 (8.358 €) pour le même profil au Brésil.

Mais ensuite les progressions de salaires n'ont rien à voir avec la France et le rattrapage se fait rapidement pour se croiser autour de +/-7/8 ans d’expérience. A chaque changement de poste, et ils sont plus fréquents au Brésil, on observe des gaps énormes en salaires qui vont jusqu’à tripler en 1 an et demi.

 

Au-delà de 8 ans, le phénomène s'inverse car chaque professionnel bénéficie de sa rareté sur le marché, du poids des responsabilités du dirigeant associé au "coût Brésil". Le coût d’un mode de vie comparable à ce que l’on a coutume de connaître en Europe est important (loyers & charges de « condominium », voiture importée, santé, école, sécurité, risque de change, …).

Vous pouvez trouver plus de détails dans notre dernière enquête sur les salaires 2011.

 

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Quels conseils donneriez-vous pour trouver du travail au Brésil ?

A tous ceux qui affichent une forte motivation pour le Brésil mais qui n’ont pas de visa de travail, je conseille une recherche en France ciblée sur les groupes Français implantés au Brésil.
Entrer dans un groupe, s’y développer et porter un projet Brésil pourra s’avérer une voie plus rapide qu’une recherche sur place sans véritable avantage différenciant vis-à-vis des professionnels déjà en place!

 

C'est personnellement ce que j'ai fait. A 45 ans, j'avais envie de me lancer sur un projet passionnant à l’international dans un pays en croissance et d'offrir une expatriation à ma famille.
Après dix ans chez Robert Walters France, j'ai fait la proposition au groupe de lancer nos activités au Brésil et c'est comme ça que je suis venu, sans expérience préalable ici, sans visa, sans parler Portugais mais avec l’appui d’un groupe leader dans son secteur et doté d’une forte motivation.

Contact Frédéric Ronflard : fred.ronflard@robertwalters.com.br

 

 

 

 

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 11:18

S'installer à São Paulo n'est pas une partie gagnée au moment où l'on pose le pied sur le sol brésilien. Depuis 32 ans, São Paulo Accueil apporte une aide aux familles françaises et francophones à travers son accueil et le partage des "clés" pour comprendre cette mégapole bouillonnante de 20 millions d'habitants.

 

Visite organisée par São Paulo Accueil au Pavillon de la Biénale
Visite organisée par São Paulo Accueil au Pavillon de la Biénale

 

Quand on évoque le Brésil on pense souvent "Club Méd'" : les plages, la samba, la chaleur, l'exotisme, la caïpirinha… C'est vrai pour celui qui vient découvrir ce beau pays en touriste. Mais pour ceux qui s'installent à São Paulo, la réalité pauliste est bien loin de l'image d'Epinal et provoque plus de frustrations que d'enthousiasme, du moins dans les premiers temps de l'installation.

 

Il faut imaginer une famille qui débarque le plus souvent en juillet, en hiver, ou en décembre, en été ! Elle ne connaît pas la langue, est logée provisoirement dans un hôtel appartement en attendant la réception de son container (qui peut prendre jusqu'à 6 mois en raison des formalités de dédouanement), avec des enfants qui cherchent leurs repères et un conjoint accaparé par son travail. Un sentiment d'isolement et d'impuissance s'empare rapidement de celui ou celle qui a la charge de remettre la famille sur les rails.

 

Les premiers pas de l'installation

Depuis quelques années, avec l'arrivée massive des familles françaises, São Paulo Accueil a bien compris le problème et a renforcé sa structure auprès des nouveaux arrivants.

"Ce sont en général les familles qui nous contactent le plus souvent directement grâce à nos réseaux d'accueil comme le FIAFEou d'autres accueils dans le monde" explique Nathalie Dumont, présidente.

 

Un pré-accueil se fait généralement via le site de l'association qui donne les premiers "dicas" pour faire ses premiers pas aux Brésil.

 

L'échange de mails (nouvelles@saopauloaccueil.org.br) permet aux bénévoles de répondre aux premières questions qui concernent principalement la sécurité (autonomie des jeunes, les précautions à prendre), la gestion du décalage des 6 mois par rapport au calendrier de l'hémisphère nord, le choix du logement en fonction du budget (les quartiers, appartement ou maison, agences immobilières…), le mode de transport scolaire (bus scolaire, taxi de confiance ou chauffeur) et la problématique du travail pour le conjoint expatrié.

"La sécurité au Brésil est la plus grande préoccupation des nouvelles. Nous devons rassurer en expliquant que l'on arrive à vivre normalement en prenant les précautions qui s'imposent" précise Fatima Kamel, chargée de la cellule Accueil avec Florence Balaÿ.

 

Une fois sur place, l'association dispose d'une antenne au Lycée Pasteur, point de ralliement incontournable de la communauté française et francophone. Il suffit aux personnes fraîchement débarquées de s'y rendre pour y rencontrer une ou plusieurs volontaires prêtes à répondre aux premières des mille questions qui surgissent au moment de l'installation.

 

Et comme la communication est le principal obstacle (l'anglais n'est d'aucun recours dans la vie quotidienne), l'association propose un "coaching" qui peut aller jusqu'à l'accompagnement des nouveaux arrivants en les guidant dans leurs premiers achats.

Mensuellement, l'association organise des cafés-rencontres de quartier dont l'objectif est à la fois de mettre en relation avec les autres familles françaises et de fournir des informations très pratiques : où trouver un magasin pour se meubler ? un professeur de portugais ? quelles sont les crèches de quartier ? quelles sont les démarches pour recruter une empregada (aide ménagère) ? où acheter des fournitures scolaire ? où trouver un pédiatre ?…

 

Après l'installation, les activités de loisir

Une fois que l'on a pris ses marques, São Paulo Accueil offre aux 251 familles membres des activités, gratuites pour la plupart, pour accompagner les conjoints dans leur vie quotidienne.

Cours de conversation portugaise, bibliothèques tournantes, sorties culturelles guidées, activités sportives, artistiques sont organisés par des bénévoles dans le but de faire partager, à l'ensemble de la communauté, les informations et les compétences de chacun et chacune et de faciliter l'intégration des nouveaux arrivants en tissant un réseau.

"On essaie de savoir rapidement quels sont leurs centres d'intérêt pour les accueillir assez vite dans des activités et leur permettre de rencontrer d'autres françaises ou francophones" commente Sylvie Breton, trésorière.

L'association vient de publier la dernière édition de son guide, un ouvrage incontournable qui offre une sélection utile des meilleures adresses pour organiser son quotidien. Il est distribué gratuitement aux membres de l'association ou consultable à la FIAFE Paris.

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Guide Sao Paulo Accueil
SPA

 

 

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 11:00

Des milliers d'agriculteurs brésiliens ont manifesté mardi devant le parlement à Brasilia, réclamant un assouplissement de la loi sur la protection des forêts. Une demande à laquelle s'opposent fermement les défenseurs de l'environnement qui craignent l'impact que pourrait avoir cet assouplissement sur la déforestation de l'Amazonie.bresil-des-milliers-d-agriculteurs-reclament-un-code-forest.jpg

 

Luis Carlos Heinz, député du groupe parlementaire défendant les intérêts des propriétaires terriens, réclame comme des milliers d'agriculteurs une révision du code forestier en vigueur au Brésil. Une loi adoptée en 1965, et durcie au fil des années, qui vise à limier la déforestation pratiquée au profit de la progression des terres agricoles. Comme l'explique Romandie, le code forestier brésilien contraint les propriétaires de forêts à en préserver une partie intacte. Un part qui doit atteindre 80% en Amazonie. La loi préserve en outre des zones sensibles telles que les rives de fleuves.

 

"Le monde veut une Amazonie gratuite et que ce soient les agriculteurs brésiliens qui payent pour préserver l'environnement. Personne ne paye sa part, ni la population, ni les grandes entreprises", s'insurge Luis Carlos Heinze. "Pour le Brésil, qui est devenu le second exportateur d'aliments du monde, cette loi est devenue obsolète", estime de son côté la Confédération nationale de l'agriculture.

 

Mardi, plus de 10.000 agriculteurs ont manifesté devant le parlement à Brasilia pour réclamer un assouplissement du Code forestier. Une revendication qui inquiète les écologistes, car ce sont quelque 690.000 kilomètres carrés de végétation qui seraient privés de protection si la réforme demandée était adoptée. Le Brésil ne pourrait alors pas atteindre son objectif de réduction de la déforestation fixée à 80%, alerte l'association Observatoire du climat.

 

Le lobby agricole vient de remporter une importante victoire au Brésil, au détriment de la lutte contre la déforestation mise en place par le pays. Les députés ont approuvé une modification du code forestier qui assouplit les mesures de protection de l'Amazonie.


Le Brésil fait un pas en arrière dans la lutte contre la déforestation de l'Amazonie. Après deux ans de débats houleux, les députés ont approuvé la révision du code forestier de 1965, rapporte le site Sciences et Avenir. Une modification qui doit désormais être examinée par le Sénat. Jusqu'alors, le code forestier limitait l'usage agricole des terres, contraignant les propriétaires de forêts à en préserver une partie pouvant aller jusqu'à 80% en Amazonie. Le texte vise également à protéger des zones considérées comme sensibles, telles que les rives des fleuves, les sommets ou les coteaux des collines.

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La révision du code forestier légalise les zones illégalement déboisées jusqu'en juillet 2008, de même qu'elle autorise l'activité agricole dans certaines zones sensibles. Il s'agit d'un véritable "passeport pour la déforestation et l'expansion débridée de l'agriculture et de l'élevage", s'insurge l'association écologiste Greenpeace quand les agriculteurs et éleveurs "célèbrent les progrès obtenus", se réjouit la présidente de la Confédération nationale de l'Agriculture, Katia Abreu. "Ce qui est en jeu, c'est la production d'aliments au Brésil, qui soutient l'économie nationale", affirme-t-elle.

Alors que le Brésil abrite aujourd'hui 5,3 millions de kilomètres carrés de forêts, il est à la fois l'un des principaux producteurs et exportateurs du monde de soja, de céréales et de viande, et le cinquième plus grand émetteur de gaz à effet de serre. Alors que le vote des députés est considéré comme la première défaite de Dilma Rousseff au parlement, sa ministre de l'Environnement, Izabella Teixeira, a tenu à souligner que la présidente envisage de faire valoir son droit de veto sur certains points de la loi.

 

 

 

 

 

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 10:14

La marée noire au large de Rio, au Brésil, le 18 novembre 2011.AP/Rogerio Santana L'Institut brésilien de l'environnement (Ibama) a infligé une amende de 50 millions de reais (20 millions d'euros) au pétrolier américain Chevron pour la marée noire provoquée au large de Rio, a annoncé le secrétaire à l'environnement de Rio, Carlos Minc. La fuite à l'origine de la marée noire s'était déclarée le 9 novembre sur un puits en cours de perforation dans le champ de Frade, à 370 km des côtes de l'Etat de Rio. M. Minc a ajouté, dans une conférence de presse, qu'il demandera en justice des indemnités supplémentaires pour réparer les dégâts provoqués par la marée noire. Au total, les amendes frappant Chevron pourront totaliser cent millions de reais (40 millions d'euros). Dans la matinée, il avait précisé que l'Etat de Rio allait de son côté infliger une amende "qui peut aller jusqu'à 30 millions de reais" (13 millions d'euros) et que d'autres seront demandées pour les dégâts provoqués.

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La présidente Dilma Rousseff devait se réunir lundi après-midi avec le ministre de l'énergie et le directeur de l'Agence nationale du pétrole (ANP) pour discuter des conséquences de cet accident. RIO NE SERA PAS "LE THÉÂTRE DE L'IMPUNITÉ" Carlos Minc a accusé le pétrolier américain de "négligence". "Ils ont sous-estimé la pression excessive (du liquide) à côté d'une fissure (...). Cet accident aurait pu être évité", a dit M. Minc qui a ajouté que "l'autre erreur est qu'ils n'ont pas réussi à contenir la fuite". Il a averti que le pétrolier américain pourrait "ne plus avoir le droit de participer à des appels d'offres pendant cinq ans". "Rio ne sera pas le théâtre de l'impunité" en matière de délits écologiques, a-t-il dit. De son côté, le directeur de Chevron au Brésil, George Buck, a déclaré lundi que son "groupe avait mis quatre jours à colmater la fuite le 13 novembre" et qu'il était "fier" de voir comment le problème avait été résolu. "L'important est que la source qui alimentait la fissure (dans la roche) a été stoppée en quatre jours alors que notre base de soutien est à 370 km des côtes", a dit M. Buck lors d'une conférence de presse au siège de la compagnie à Rio. Actuellement ne remontent à la surface "que moins de 20 barils de pétrole résiduel par jour", selon lui. ENGAGEMENT DE CHEVRON Selon M. Buck, "l'équivalent de 2 400 barils" ont fui, mais deux à trois fois plus selon l'ANP, soit l'équivalent de 5 000 à 8 000 barils.

 

"Nous avons perforé un puits où la pression était plus forte que prévu, la roche était plus fragile (que prévu) et le pétrole est monté à la surface" d'une profondeur de plus de 500 m, a souligné M. Buck. Il a dit que la compagnie enquêtait sur la différence de pression : "c'est un engagement de Chevron pour que cela ne se reproduise plus au Brésil ni ailleurs". Il a souligné que Chevron avait respecté les normes de l'Ibama. "Jeter du sable ne marchait pas, et il était très difficile de retirer la nappe, qui est très fine, en raison des conditions de la mer. Nous avons dispersé la nappe avec des produits chimiques autorisés par l'Ibama", a dit M. Buck.

 

Le géant pétrolier américain Chevron manquait totalement de préparation pour faire face à la fuite qui s'est produite sur l'un de ses puits dans l'océan Atlantique, provoquant une marée noire au large du Brésil, a affirmé samedi le chef des affaires environnementales de la police fédérale de ce pays.

 

Fabio Scliar a déclaré lors d'un entretien téléphonique à l'Associated Press que le personnel de Chevron sur le site avait avoué à ses enquêteurs être "absolument pas préparé à gérer une urgence de ce genre". Selon lui, Chevron a été alerté de la fuite le 7 novembre par la société pétrolière d'Etat brésilienne Petrobras, qui exploite un puits non loin.

 

L'agence brésilienne de protection de l'environnement, Ibama, a estimé vendredi que près de 416.400 litres de pétrole brut s'étaient répandus dans l'océan Atlantique, alors que Chevron avait évoqué une fuite de 442.136 à 103.342 litres.

Le groupe pétrolier a déclaré qu'il s'employait à colmater la fuite et avait déployé 18 navires pour la surveillance et le nettoyage.

 

Sollicité par courrier électronique, Chevron n'a pas fait de commentaire sur les propos de M. Scliar.

Des experts ont estimé que le pétrole s'échappait du plancher sous-marin près du puits et non du puits lui-même. Les autorités brésiliennes enquêtent sur l'origine de la fuite mais jugent que le forage l'a significativement aggravée.

Le puits fait partie du projet Frade mené par Chevron. Il est situé par 1.200 mètres de fond et à 370km de la côte nord-est de l'Etat de Rio de Janeiro (sud-est). Selon l'agence Ibama, la marée noire, qui s'éloigne de la côte, est principalement concentrée autour de la plate-forme de forage, formant une couche d'un mètre d'épaisseur.

L'entreprise chargée du forage est Transocean, propriétaire de la plate-forme Deepwater Horizon louée à BP qui fut causa la plus grave marée noire de l'histoire des Etats-Unis, l'an dernier dans le golfe du Mexique.

 

L'agence nationale brésilienne du pétrole, ANP, a déclaré sur son site Web que le cimentage du puits, dans la perspective de son abandon définitif, était en cours et que l'on saurait "dans les prochains jours" si c'est un succès. L'ANP a fait état d'une "fuite résiduelle" mais a estimé que la marée noire était en cours de dispersion en s'éloignant de la côte. Chevron écrit sur son site qu'il semble que la fuite soit réduite à "des gouttelettes peu fréquentes".

 

 

 

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 11:44


viva-brasil.jpgUne fois n'est pas coutume, Standard and Poor's vient de relever la note d'un pays. Cela pourrait presque avoir valeur de scoop dans l'ambiance actuelle. L'heureux bénéficiaire : le Brésil. Raisons invoquées : les fortes capacités de résistance du pays face à la dégradation de la conjoncture économique mondiale.

S&P vient ainsi d'attribuer au Brésil  la note BBB, cette dernière étant jusqu'à présent positionnée à BBB-. La notation est assortie d'une perspective stable. Dans un communiqué, l'agence de notation indique que « l'engagement du Brésil à poursuivre une politique économique prudente, associé à une économie diversifiée et à l'amélioration progressive de son image internationale devraient limiter l'impact d'éventuels chocs extérieurs et soutenir ses perspectives de croissance à long terme ». Selon l'agence, les mesures prises en 2011 par le nouveau gouvernement de Dilma Rousseff en vue de lutter contre l'inflation « ont envoyé un important signal sur sa réactivité et son engagement à défendre la stabilité économique ». Autre élément positif : les performances fiscales de l'année, lesquelles se révèlent supérieures aux estimations incluses dans le budget. Un contexte qui - selon l'agence - offre une pays une plus grande marge de manoeuvre pour mener une politique monétaire plus souple. Position avantageuse qui devrait permettre au Brésil « de limiter les effets négatifs d'une éventuelle baisse de la demande extérieure », si l'on en croit S&P.

 

Tout n'est pas rose pour autant dans le pays. Début septembre, le ministre brésilien des Finances, Guido Mantega, aviat indiqué lors d'une conférence à la presse étrangère s'attendre « à une croissance encore basse au troisième trimestre 2011 et à une accélération de la croissance au quatrième » tablant au final sur une croissance proche de 4% pour l'ensemble de l'année 2011. Un chiffre inférieur aux estimations antérieures lesquelles tablaient sur un taux de 5 %, valeur d'ores et déjà nettement inférieure aux 7,5 % enregistrés en 2010. Parallèlement l'Institut brésilien de géographie et statistiques (Ibge) avait indiqué pour sa part que le produit intérieur brut (PIB) du Brésil avait progressé de 0,8% au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent, confirmant ainsi le ralentissement de la croissance de l'économie brésilienne. Selon Guido Mantega, ce ralentissement serait dû en partie aux mesures prises par le gouvernement fin 2010 en vue de freiner la consommation et de contenir l'inflation. Parmi elles : hausse des taux d'intérêts et coupes budgétaires.

 

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En juin dernier, alors que l'agence de notation Moody's avait annoncé relever d'un cran la note attribuée à la dette souveraine du Brésil, l'économie du pays  affichait parallèlement des indicateurs pour le moins satisfaisants. Le ministre du travail brésilien, Carlos Lupi, avait ainsi annoncé que l'économie brésilienne avait généré 1,17 million de nouveaux emplois entre janvier et mai. Tous les secteurs semblant profiter de la vague, et tout particulièrement les services, la construction et l'agriculture. Le relèvement d'un cran de la note du Brésil  par l'agence de notation Moody's est "une reconnaissance de la solidité de la politique économique" du pays, avait affirmé alors le directeur de la Banque centrale, Alexandre Tombini. Selon lui, le passage de Baa3 à Baa2 reflétait également "l'amélioration des fondements de la politique économique, grâce à des politiques de contrôle de l'inflation, de taux de change flottants, d'accumulation de réserves internationales, de responsabilité fiscale et de solidité du système financier". 

 

Si au début de l'année, de nombreux investisseurs s'étaient inquiétés des perspectives économiques du Brésil, redoutant notamment une flambée du crédit, Moody's expliquait encore au début de l'été, que les mesures budgétaires et monétaires prises par le nouveau gouvernement brésilien "étaient de nature à désamorcer les sources de la surchauffe économique". A la même période, le ministre du travail avait quant à lui maintenu sa prévision d'une création de trois millions de nouveaux emplois sur l'ensemble de l'année. Rappelons à toutes fins utiles que le Brésil  est la huitième économie mondiale et le cinquième pays de la planète par sa population.

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 17:54

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En 1978, le Movimento Negro Unificado décrète le 20 novembre, jour national de la conscience noire au Brésil.

A l'origine, le 20 novembre est l'anniversaire de la mort de Zumbi dos Palmares, personnage du XVII ème siècle qui symbolise au travers de sa révolte, la résistance noire face aux colons. Cette date est alors considérée pour beaucoup comme le véritable début d'abolition de l'esclavage. Souvent on l'oppose au 13 mai 1888, date à laquelle la princesse Isabel déclare l'abolition.

A la recherche de racines et d'identité, la légende de Zumbi s'est vu réapropriée par de nombreux mouvements afros à partir des années 70. Ainsi, de fil en aiguille cette journée est aussi devenue le jour de la capoeira et des diverses représentations de résistance noire au Brésil.

 

Roger Sidokpohou, écrivain français d’origine béninoise, installé au Brésil, nous raconte et donne son point de vue sur cette journée de commémoration de la conscience noire célébrée au Brésil depuis 2003.

 

Zumbi dos Palmares- Salvador - copyright S.O

 

Né au Burkina Fasso en 1948, Roger Sidokpohou a passé 23 ans en Afrique, puis 23 ans en France.
Il est au Brésil depuis 16 ans où il a été en poste pour une société française d’assurances et membre du Directoire de la Chambre de Commerce France-Brésil de São Paulo.
Il a écrit trois ouvrages sur l’Afrique,
Les Années lumière en 2003, le Griot en 2007 et Nuit de Mémoire, en 2009, une oeuvre sur la mémoire de l’Afrique face à la traite négrière.
En 2000, à l’occasion de la commémoration des 500 ans du Brésil, il reçoit le titre de Commandeur dans l’Ordre du Mérite Civique Afro-Brésilien qui se dit en portugais “Commendador na Ordem Cruz do Merito Memoria e Atma de Zumbi”.

 

Qui était pour vous Zumbi dos Palmares?

Zumbi dos Palmares incarne la lutte pour la liberté. Son histoire se situe dans le Brésil du 17ème siècle où Salvador était alors la capitale. Zumbi est né à une période de résistance qui sévissait principalement dans le Nordeste, à Bahia et dans le Pernambuc, principales régions de plantations de canne à sucre.

 

A cette époque des mouvements de révolte sont concentrés dans les Quilombos, communautés territoriales d’esclaves, d’indiens ou de blancs marginaux en fuite. Les Quilombos deviennent progressivement un ensemble de villes fortifiées, organisées politiquement et socialement pour résister aux colonisateurs. La plus célèbre des Quilombos étaitPalmares car elle a résisté, tout au long du 17ème siècle, aux portugais et aux hollandaise.

Zumbi nait libre à Palmares. Vers 1655 la ville est attaquée par les armées portugaises. Zumbi, qui a 6 ans, est fait prisonnier et donné à au père Antonio Melo qui l’élève comme son enfant, l’éduque, l’instruit au latin, au portugais et au catholicisme.

 

A 15 ans, formé à l’occidentale, il atteint la maturité qui lui fait prendre conscience de l’injustice qui l’entoure, du désir de liberté de ses “frères et soeurs” à la chicotte. Il s’enfuit de la paroisse pour retourner àPalmares.

En arrivant il est l’instruit, le “sachant”. Le Roi du Quilombo de Palmares, Ganga Zumba, son oncle, le promeut à de hautes fonctions d’administration de la Cité. A cette époque dans les Quilombos, la préservation de l’identité africaine constituait, avec les coutumes, le ciment communautaire. Courageux, doué d'une bonne capacité d'organisation et de commandement, il devient un grand chef.

Le grand tournant de sa vie s’opère lorsqu’il a 20 ans. Son oncle, sous la pression militaire, pactise avec les Portugais. Il rend les armes. En contre-partie les esclaves protégés dePalmares doivent revenir à leur condition d’origine en retournant travailler dans les fazendas (grandes exploitations agricoles).

Zumbi se révolte car il ne veut pas renoncer à la liberté. Ganga Zumba est assassiné et Zumbi prend le pouvoir pour poursuivre la résistance en défendant son "peuple" et ses terres.

En 1695 les portugais mènent une attaque contre le Quilombo de Palmares et Zumbi en fuite est trahi par un des siens.
Capturé, il est décapité sur la place publique, le 20 novembre. Sa tête est exhibée sur le Pelorinho de Olinda pour dissuader la communauté de toute velléité.

Le Quilombo de Palmarès représentait à l’époque 15% de la population du Brésil et constitutait un danger à la fois politique et économique pour les Portugais. Le Portugal ne pouvait pas se permettre que s’installent des ilôts de révolte qui auraient amoindri sa puissance politique et économique.

 

Le 20 novembre est la journée de commémoration de la conscience noire au Brésil, qu’est ce que cela évoque pour vous?

Le 20 novembre 1695 est à mettre en regard avec la date du 13 mai 1888, date officielle de l’abolition de l’esclavage au Brésil par la Princesse Isabel, c’est à dire 40 ans après l’abolition de l’esclavage en Europe.

Le Brésil a été le dernier pays à abolir l’esclavage, poussé par des raisons principalement religieuses (l’église catholique condamnait l’esclavage) et économiques (la traite étant interdite, le coût devenait de plus en plus onéreux).

Il faut attendre 1971, une prise de conscience tardive, pour que se crée un mouvement noir de reconnaissance de Zumbi comme le premier héros noir brésilien à commémorer.

Mais ce n’est qu’en 2003 qu’une loi institue le 20 novembre comme journée de la commémoration de la conscience noire.



En 2006 le président Lula est allé se recueillir avec émotion, à Ouidah, au Bénin, d’où partaient les esclaves vers le Brésil.

 

En 2010 seulement 11 Etats commémorent cette journée. L’Etat de São Paulo, qui est la deuxième localité en population noire en dehors de l’Afrique, le fait depuis 2004.

Derrière les faits il existe encore une résistance à la reconnaissance du mouvement de résistance mené par Zumbi.

Dia national da consciença negra, incarnée par Zumbi dos Palmares, est la célébration d’une prise de conscience de l’importance de la communauté noire au Brésil, de sa force économique et du besoin de reconnaissance et d’existence.

Un premier pas pour le Brésil qui sera franchi lorsqu’il aura integré la diversité comme une vraie richesse.

 

 

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 17:19

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Version carte postale, le Brésil fait rêver : 8000 kilomètres de côtes, des vagues de ouf et les plus belles femmes du monde.

 

Côté réalité, c’est plus difficile : la pauvreté, l’exclusion, la violence des favelas.

 

Rio de Janeiro a environ 750 favelas regroupant 1,7 millions d’habitants. Cela correspond à 17% de la population de Rio de Janeiro. Le sport tel que le football, le volleyball et de nos jours le surf, a été un des moyens pour les ONG de rentrer dans les favelas. Favela Cantagalo et Pavao-Pavaozinho sont entre les plages de Copacabana et Ipanema sur la colline de l’Arpoador.

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Depuis la fin des années 1990, quelques jeunes de ces favelas ont décidé de se mobiliser afin de sortir les enfants des favelas, à distance des dealers de drogue et de la violence. Arpoador est un des meilleurs spots de surf de Rio de Janeiro. Deux clubs de surf sont nés dans cette 3 en 1 favela. Favela Surf Clube et Surf Gloria essaient de donner un peu d’espoir à ces enfants et pour certains d’entre eux peut être une nouvelle vie en tant que surfer professionnel.

 

Aujourd’hui, à Rio de Janeiro, près d’un habitant sur trois vit dans l’une des sept cents favelas de la ville. Au final, ça fait quand même quatre millions de personnes. Le taux d’homicide est parmi les plus élevés de la planète : près de six mille meurtres par an à Rio !

 

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Pour ceux qui ont vu « La cité de dieu », ce film est presque un documentaire ! Des petits trafiquants qui se tirent dessus, des flics qui font des descentes meurtrières. Le chiffre qui tue ? En cinq ans, dix mille personnes tombées sous les balles de la police de Rio et de Sâo Paulo. Nos CRS sont de gentils agneaux à côté des cops cariocas.

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Bocão termine de réparer une planche qui va bientôt servir à un des kids de la favela de Rocinha.

 

Ricardo Ramos, alias Bocão
C’est là, au cœur de Rocinha, que Ricardo Ramos, plus connu sous le nom de Bocão, a décidé de mettre les mômes des favelas sur la bonne vague.
« On a commencé en récupérant les planches cassées que les touristes laissaient là, raconte-t-il. On manquait de planches ici, mais pas de résine ni de papier de verre. J’ai donc appris à les réparer. Du vrai recyclage mon pote, une vraie deuxième vie pour les boards ! Si elles se re-cassent, c’est pas un problème, on va les re-réparer, si à l’infini nécessaire. Après chaque session, les enfants me disaient : Bocão, Bocão, je veux essayer ! Prête-moi une planche ! J’ai donné les cinq premières que j’ai réparées à mes petits voisins, puis j’ai réparé de plus de plus de planches pour que plus de kids puissent en profiter. Et en 1993, on a créé le Surf Club. On était plusieurs à être bien motivé et aujourd’hui on apprend aux gamins de Rocinha à surfer. Gratuitement bien sûr ! C’est un projet complètement tourné vers l’intégration sociale. »
Au Brésil, le surf est un sport de riches, réservé normalement à une certaine tranche de la population. Donner l’occasion de surfer aux enfants de Rocinha, c’est fissurer les murs d’une société cloisonnée. C’est aussi augmenter les liens entre favelas et beaux quartiers, ouvrir des portes. Au Brésil comme ailleurs, quand les mômes sont dans l’eau, il n’y a plus de différences sociales. Tout le monde surfe, blancs, noirs, jaunes, verts… « Tous dans le même état d’esprit », ponctue Bocão.

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Trois fois par semaine, donc, une trentaine de kids suit Bocão sur le chemin des vagues de São-Conrado, un joli beachbreak à deux pas de la favela.
Certains vont à l’école, d’autres travaillent ou mendient, certains ont une famille et une maison, d’autres dorment dans la rue : Bocão ne fait pas de différences et leur transmet à tous sa passion et leur offre même un petit repas après la leçon. À chaque session, c’est la fête, ça rit, ça chante, les gamins sont heureux, pendant quelques heures ils vont tout oublier et profiter à fond.
Échauffements, take-off sur le sable et tous à l’eau. Marée basse, c’est fat aujourd’hui, un peu gros pour les débutants qui prennent les mousses. Bocão guide les plus dégourdis depuis le bord à grands coups de sifflet et de gestes, il accompagne les néophytes en les lançant sur les vagues. L’ambiance est à la bonne humeur,

 

 

 

Pas facile à gérer les mômes ! Fin de la session, retour au Surf Club, on y mange une tambouille qui fait du bien à quelques estomacs trop habitués à jeûner.

 

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Bocão met un point d’honneur à donner un apprentissage qui va au-delà de la pratique sportive, ici on apprend les valeurs essentielles, la vie en collectivité, le respect de l’autre, la politesse. Bocão sait l’importance de ces cours pour ces enfants souvent désœuvrés. Les occuper par le surf, leur remplir la tête de good vibes qu’ils pourront se remémorer et qui pourront les faire rêver. Un gamin qui a un rêve est bien moins tenté de tomber dans les embrouilles, les mauvaises combines et les dangers de la rue.

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Si Bocão se bat un peu tout seul, il reçoit parfois des aides inestimables. C’est comme cela qu’on a pu voir des gars comme Tom Carroll ou Mike Stewart venir surfer avec les kids de Rocinha. De quoi créer quelques vocations.

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De la favela au WCT ?
Plusieurs jeunes ont fait plus qu’accrocher et se verraient bien champion de surf pour échapper à la misère ambiante. Pour le petit Ricardo, le choix est fait : « je veux être surfeur pro, gagner le championnat brésilien et partir habiter ailleurs avec ma mère ». À treize ans, il surfe déjà pas mal et fait partie des gros espoirs du club.

 

Un champion de surf originaire de sa favela ! Voilà qui pourrait bien aider Bocão dans sa lutte contre la délinquance juvénile de son quartier. Un exemple, un but auquel s’accrocher, une réussite à laquelle ils puissent s’identifier, à la manière des footballeurs pro de la selecão, tels Adriano, Juan ou Kafu, tous trois issus des favelas et qui font figures de modèles. Leur présence à la coupe du monde flatte l’ego de tous les habitants des favelas, alors pourquoi pas un surfer, un jour, dans pas trop longtemps si possible…

 

 

 

Bocão a raison d’être fier de l’aide qu’il apporte chaque année à près d’une cinquantaine de gamins turbulents. Tout comme il est fier de nous montrer sa favela, où vivent et travaillent des gens “normaux“, des gens qui s’épanouissent malgré la misère et la pauvreté, tout ça grâce à un petit bout de rêve auquel s’accrocher. Et Bocão, avec sa petite touche de rêve au goût salé, n’y est pas étranger.

 

 

 

 

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