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  • : Blog pour tous les passionnés du Brésil : actualités économiques, sociales et politiques.
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  • bruno magniez

CV

Bruno MAGNIEZ

 
Email : bmagniez@netcourrier.com

 

Docteur en Sciences Economiques

 

Thèse de doctorat Université de Picardie Jules Verne (octobre 2001) :

-          « La place du secteur informel dans l’économie brésilienne : une étude centrée sur le commerce de rue à João Pessoa »
- Thèse sous la direction de B.Lautier, Professeur Université de Paris-I, Panthéon-Sorbonne. Mention très honorable.

-          Jury de thèse : Philippe Hugon, Jaime Marques Pereira, Christian Azais, Bruno Lautier, Christian Palloix


 

Professeur de Sciences Economiques et Sociales


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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 09:43

Frédéric Ronflard est responsable du développement d'un cabinet de recrutement anglo-saxon au Brésil. Pour Aujourd'hui le Brésil, il explique quelles sont difficultés pour les candidats à l'expatriation et comment se présente le marché du travail pour les étrangers.

Frédéric Ronflard, Directeur de Robert Walters au Brésil. Photo S.O
Frédéric Ronflard, Directeur de Robert Walters au Brésil. Photo S.O

 

Beaucoup de monde souhaite venir travailler au Brésil. Mais d'abord quelle est la "réalité Brésil" sur le plan personnel ?

La décision de venir, en famille, travailler au Brésil demande un véritable travail sur soi quand on regarde les statistiques sur la sécurité, l'investissement personnel pour apprendre le portugais-brésilien, le coût de la vie, de la scolarité, de la santé… La première fois je suis venu au Brésil c'était pour valider le fait que je pourrais vivre ici en acceptant pleinement ces contraintes.

Cette réalité permet aux personnes désireuses de venir au Brésil sans visa et sans parler la langue, de rencontrer moins de compétition dans leur pays d’origine.

 

Et sur le plan professionnel ?

Dans les sociétés internationales ou françaises, il y a des opportunités pour des Français à condition d'avoir le visa de travail, de parler le portugais et si possible d'avoir eu une expérience au Brésil, ce qui signifie que peu de personnes sont éligibles, surtout en raison des contraintes liées au visa de travail.

 

Quelles sont les possibilités pour un Français qui veut s'expatrier au Brésil ?

Si l'on parle d'un cadre expatrié, avec une famille, dont le poste est justifié par l'expérience, l'expatriation coûte encore plus cher aujourd'hui. Mais les entreprises commencent à faire l'arbitrage parce que le marché est tellement "bouillant" que les sociétés font de plus en plus le choix d'acheter une stabilité en étant sûre de garder la personne pendant sa période d’expatriation. Il y a toujours les +/-6 mois incontournables de procédure de visa qui restent un exercice compliqué.

 

Si l'on prend un jeune diplômé qui démarre, sans expérience professionnelle, les chances de trouver un travail au Brésil sont très faibles en raison du problème du visa. 90% des jeunes détenteurs d’un visa lié à des études au Brésil ne trouvent pas de travail par la suite.

 

Dotés de ce visa, ces jeunes n'ont le droit de travailler que 3 mois dans la même société en tant que stagiaire. Ils pourront renouveler l’expérience avec d’autres sociétés le temps de leur études.

Il va de soi, dans les deux cas, que si la procédure de visa était simplifiée les possibilités d’embauches seraient plus nombreuses au Brésil du fait du manque de main-d’œuvre qualifiée.

 

Quelles sont les opportunités pour un cadre français de trouver un contrat local?

Si la personne a déjà une expérience au Brésil, qu'elle parle le portugais, ses chances de trouver un emploi seront d’autant plus fortes si elle y réside actuellement et/ou détient un visa permanent. Il y a plusieurs cas d’expatriés qui ont travaillé pour une société française et qui n'ont pas voulu partir à la fin de leur mission.
Cette décision de rester au Brésil doit être pensée et analysée car retrouver un emploi peut prendre du temps et l’absence de ressources pendant cette période peut compliquer l’existence au Brésil où les coûts sont importants (logement, école, santé…).

 

Quels sont les secteurs qui recrutent ?

D’une manière générale, nous rencontrons chez Robert Walters Brésil des besoins dans la plupart des secteurs d’activités. Si nous devions mettre en avant quelques secteurs, ceux de l'Agro-business, le Fast Moving Consumer Goods, la Distribution, le Trading de matières premières, l'Industrie (équipements, infrastructure, pétrole…) seraient parmi les plus actifs.

 

Est-ce que les sociétés brésiliennes recrutent des étrangers?

L’exposition internationale des sociétés brésiliennes n’étant pas encore très forte, l’intérêt et/ou le besoin de recruter des Français ou des étrangers est encore très faible. Mais si on regarde bien, on n'a pas beaucoup d'exemples en France de sociétésfrançaises qui recrutent des étrangers.

Les quelques exceptions concernent les résidents permanents qui peuvent obtenir une légitimité au niveau managérial dans le cadre de partenariats avec l’étranger.

 

Dans les entreprises brésiliennes, l’accession aux postes à responsabilités peut être plus rapide qu’en France pour des jeunes professionnels. En effet, le taux d'encadrement en France est plus élevé qu'au Brésil, ce qui génère un besoin important en managers, profils en pénurie au Brésil.

 

Quelles sont les grilles de salaire appliquées au Brésil ?

En début de carrière au Brésil, la rémunération des professionnels à haut potentiel est encore très basse. A titre d’exemple : en France, un jeune professionnel qui sort d'une bonne école et qui rentre dans un cabinet d'audit va gagner en moyenne +/-R$ 90.000 (37.659 €) par an contre +/-R$ 20.000 (8.358 €) pour le même profil au Brésil.

Mais ensuite les progressions de salaires n'ont rien à voir avec la France et le rattrapage se fait rapidement pour se croiser autour de +/-7/8 ans d’expérience. A chaque changement de poste, et ils sont plus fréquents au Brésil, on observe des gaps énormes en salaires qui vont jusqu’à tripler en 1 an et demi.

 

Au-delà de 8 ans, le phénomène s'inverse car chaque professionnel bénéficie de sa rareté sur le marché, du poids des responsabilités du dirigeant associé au "coût Brésil". Le coût d’un mode de vie comparable à ce que l’on a coutume de connaître en Europe est important (loyers & charges de « condominium », voiture importée, santé, école, sécurité, risque de change, …).

Vous pouvez trouver plus de détails dans notre dernière enquête sur les salaires 2011.

 

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Quels conseils donneriez-vous pour trouver du travail au Brésil ?

A tous ceux qui affichent une forte motivation pour le Brésil mais qui n’ont pas de visa de travail, je conseille une recherche en France ciblée sur les groupes Français implantés au Brésil.
Entrer dans un groupe, s’y développer et porter un projet Brésil pourra s’avérer une voie plus rapide qu’une recherche sur place sans véritable avantage différenciant vis-à-vis des professionnels déjà en place!

 

C'est personnellement ce que j'ai fait. A 45 ans, j'avais envie de me lancer sur un projet passionnant à l’international dans un pays en croissance et d'offrir une expatriation à ma famille.
Après dix ans chez Robert Walters France, j'ai fait la proposition au groupe de lancer nos activités au Brésil et c'est comme ça que je suis venu, sans expérience préalable ici, sans visa, sans parler Portugais mais avec l’appui d’un groupe leader dans son secteur et doté d’une forte motivation.

Contact Frédéric Ronflard : fred.ronflard@robertwalters.com.br

 

 

 

 

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Published by bruno magniez
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