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  • : Blog pour tous les passionnés du Brésil : actualités économiques, sociales et politiques.
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  • bruno magniez

CV

Bruno MAGNIEZ

 
Email : bmagniez@netcourrier.com

 

Docteur en Sciences Economiques

 

Thèse de doctorat Université de Picardie Jules Verne (octobre 2001) :

-          « La place du secteur informel dans l’économie brésilienne : une étude centrée sur le commerce de rue à João Pessoa »
- Thèse sous la direction de B.Lautier, Professeur Université de Paris-I, Panthéon-Sorbonne. Mention très honorable.

-          Jury de thèse : Philippe Hugon, Jaime Marques Pereira, Christian Azais, Bruno Lautier, Christian Palloix


 

Professeur de Sciences Economiques et Sociales


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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 17:50

Les caméras de la réalisatrice britannique Lucy Walker ont suivi pendant trois ans l'artiste brésilien Vik Muniz dans les entrailles de la plus grande décharge du monde situé à Jardim Gramacho dans la banlieue de Rio de Janeiro au Brésil.

Dans le ciel bleu du Brésil, une nuée d'oiseaux virevolte en cercle au-dessus d'une gigantesque montagne illuminée par le soleil. Une image digne des paysages de carte postale ? Pas vraiment,  car ce n'est pas la nature qui a placé là ce relief haut de plusieurs mètres mais bien l'homme. Cette montagne n'est autre que la plus grande décharge du monde, un amas considérable où s'accumulent chaque jour des tonnes et des tonnes d'ordures. Nous sommes à Jardim Gramacho dans la banlieue de Rio de Janeiro, là où la réalisatrice Lucy Walker a suivi pendant trois ans l'artiste d'origine brésilienne Vik Muniz.le-dvd-de-waste-land-sortira-le-5-juin_48499_w460.jpg

 

C'est au coeur de cette gigantesque décharge que celui-ci a décidé de mener un projet artistique inédit. Une idée qui n'apparait pas si étonnante quand on connait l'approche artistique quelque peu atypique de l'homme. Pour réaliser ses oeuvres, Vik Muniz se sert en effet de tous les matériaux qui lui tombent sous la main : terre, sucre, chocolat, fil de fer, corde, poussière, pâte à modeler, etc. Des matériaux qu'ils modèlent et disposent en fonction de son imagination avant de les immortaliser en les photographiant. Cette fois-ci, l'artiste avait donc décidé de voir les choses en grand et en allant bien au-delà de sa démarche habituelle.

 

En revenant sur les terres de son enfance, l'homme a voulu aller photographier les "catadores", les ramasseurs de déchets recyclables, dans des mises en scène composées à partir d'objets et de matériaux récupérés. Car en effet, cette montagne de déchets est loin d'être laissée pour compte. Chaque jour, s'y affairent des milliers de personnes, des "trieurs" équipés de grands sacs qui viennent ramasser les objets afin de les revendre aux sociétés de collecte. Un travail qui se fait bien évidemment dans des conditions pénibles mais dont les "catadores" sont fiers. 

 

Une plongée dans l'univers des "catadores"

Au fil des rencontres de Vik Muniz, on fait ainsi la connaissance de Tiao, président de l'Association des trieurs de Jardim Gramacho (ACAJMG), de Suelem, jeune mère qui collecte les objets pour nourrir sa famille, d'Irma qui cuisine chaque jour pour les "catadores" ou encore de Valter qui travaille à Jardim Gramacho depuis plus de vingt ans. Autant de "personnages" qui vont donner au projet artistique une toute autre dimension. En questionnant les trieurs, Vik Muniz saisit peu à peu tout le désespoir mais aussi la dignité et la joie de vivre qui les habitent. "C'est un travail honnête mieux que la prostitution", affirme Suelem quand Tiao explique que sur une tonne d'ordures abandonnées par les habitants de Rio et de sa banlieue, 500 kilos représentent "des matériaux recyclables".269c099a-96d2-4e9c-8b22-8a3932ca9104_display.jpg

 

A côté de ces témoignages frappants, le projet artistique prend peu à peu forme et tire les "trieurs" de leur quotidien, fournissant une profonde réflexion sur le fait qu'une oeuvre peut parfois changer des vies. Car c'est un travail véritablement incroyable qui va naitre de la collaboration de Vik Muniz et des "catadores" : des portraits saisissants de réalisme mais entièrement composés d'objets et de matériaux récupérés, de capsules, de bouchons, de bouts de métal, de vêtements, etc.

 

 

 

 

 

Un documentaire très récompensé

"D'après mon expérience, quand on mêle l'art aux projets sociaux, le plus important c'est que les gens puissent s'échapper même deux minutes de l'endroit où ils sont et de leur montrer un autre monde, un autre endroit. Même s'ils peuvent le voir d'où ils sont, ça change tout. Pas seulement pour montrer comment l'art peut changer les gens mais pour se demander si l'art peut vraiment changer les gens", explique Vik Muniz dans Waste Land. Et il suffit de voir le documentaire pour comprendre les dires de l'artiste.

 

 

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Published by bruno magniez
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