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  • : Blog pour tous les passionnés du Brésil : actualités économiques, sociales et politiques.
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  • bruno magniez

CV

Bruno MAGNIEZ

 
Email : bmagniez@netcourrier.com

 

Docteur en Sciences Economiques

 

Thèse de doctorat Université de Picardie Jules Verne (octobre 2001) :

-          « La place du secteur informel dans l’économie brésilienne : une étude centrée sur le commerce de rue à João Pessoa »
- Thèse sous la direction de B.Lautier, Professeur Université de Paris-I, Panthéon-Sorbonne. Mention très honorable.

-          Jury de thèse : Philippe Hugon, Jaime Marques Pereira, Christian Azais, Bruno Lautier, Christian Palloix


 

Professeur de Sciences Economiques et Sociales


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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 15:04

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C’est après un tour du monde entrepris pendant un an que Dimitri Mussard, 28 ans, fils de Pascale Mussard, directrice artistique d’Hermès et membre de la famille, décide de jeter l’ancre au Brésil.

 

Dimitri Mussard
Dimitri Mussard

Jeune courtier dans une banque anglaise à Londres, il change du tout au tout et se lance dans le développement d’un showroom de multimarques à São Paulo.


Rien ne semble arrêter Dimitri Mussard dans son entreprise Acaju do Brasil, créée il y a un an, pour défendre des créateurs français encore inconnus d’une certaine clientèle brésilienne qui ne jure que par les grandes marques.

C’est au fil de l’entretien, accordé à Aujourd'hui le Brésil, que se révèle l’ambition de ce jeune homme qui a décidé, sans compter sur les siens, d’imposer Acaju do Brasil dans le paysage de la mode brésilienne.

 

Après votre tour du monde, qu’est-ce qui vous a poussé à choisir le Brésil comme lieu de résidence ?

Après une année dans le monde à visiter des endroits magiques, la perspective de me retrouver assistant en salle de marché à la Société Générale de la Défense ne me faisait pas vibrer.

Pour être franc mon cœur hésitait entre Moscou et São Paulo mais je pense que le climat m’a fait pencher vers le Brésil. Et puis il y a beaucoup d’endroits, je pense, où je pourrais me plaire, mais São Paulo combinait deux choses qui m’attiraient : une explosion économique mais surtout une ville encore inconnue. Ce n’est pas comme Barcelone, Londres ou Shanghaï où il y a une énorme communauté d’expatriés français. J’avais l’impression de faire quelque chose de plus personnel en venant m’installer ici.

 

Pouvez-vous nous définir le concept Acaju do Brasil ? Etes-vous le seul dans ce secteur ?

Acaju do Brasil, que j’ai créé en 2010, aide les marques étrangères à s’installer au Brésil. Mon secteur est la mode et comme importer au Brésil est extrêmement compliqué et cher, je pense que peu de monde n’a envie de tenter l’aventure !

 

Nous importons, distribuons, représentons, nous occupons de la presse, des évènements, de la sélection de boutiques afin de construire l'image de marques encore inconnues sur ce pays continent. Notre positionnement est haut de gamme mais nous occupons un espace qui se situe entre les marques nationales, souvent mauvaises, et les marques internationales, très luxe.

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Showroom Acaju do Brasil
Acaju do Brasil

Quelles sont les marques ou créateurs français que représente Acaju do Brasil ?

Twins For Peace, Weill, Les Petits Joueurs, Barbara Casasola, Vicomte A., Clémence de Gabriac…et une dizaine d’autres marques.

 

Comment analysez-vous le goût de la clientèle brésilienne par rapport aux marques que vous défendez ?

Je pense que la clientèle brésilienne est assez proche de la clientèle russe. Ceux qui ont de l’argent aiment que ça se voit et ont une passion pour les marques comme Louis Vuitton. Il est assez donc assez difficile de les pousser vers des produits qu’ils qualifient "d’alternatifs".
Notre travail se mesure dans la durée car d'une part il faut plusieurs années pour bâtir une marque et d'autre part, nos produits sont chers en raison des taxes d'importation.

 

Cela doit-il passer par l’éducation de cette dite clientèle sur vos propres produits ?

C’est exactement ça ! C’est un terme un peu prétentieux surtout que je ne suis pas un expert de la mode, ce n’est même pas quelque chose qui me passionne en soi. Ce qui me passionne est de réussir à construire une histoire avec une marque afin qu’elle soit désirée par les Brésiliens/ennes.

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Showroom Acaju do Brasil
Acaju do Brasil

Quelle vision avez-vous du marché brésilien ?

Le marché brésilien est paradoxal. Il est en plein boom mais en même temps peu de marques arrivent à percer. C’est un marché immature et les Brésiliens commencent seulement à acquérir une culture de mode car ils voyagent plus, leur monnaie s’apprécie…
Mais c’est un marché d’avenir en raison d'une offre encore très faible et d'une demande qui croît tous les jours.

 

Quelles difficultés avez-vous rencontré lors de la création d’Acaju do Brasil ?

Il est important de réaliser que le Brésil n’est pas du tout l’eldorado que l’on essaye de nous vendre en Europe. Non, le Brésil est un pays très bureaucratique, les taxes d’importation sont les pires au monde et, selon une étude de la banque mondiale, c’est le pays où il est le plus difficile, pour un étranger, de monter sa société.

En plus il est quasi impossible d’emprunter à la banque car les taux d’intérêts sont absurdes. J’ai eu du mal au début à trouver des investisseurs locaux et surtout, à trouver des partenaires fiables. Je pense que le vrai problème fut celui-là.

 

Quelles sont les solutions apportées à long terme ?

Chaque jour nous apprenons énormément. En moins d'un an nous avons réussi à nous faire un nom sur le marché. Pour cela nous sommes plus intransigeants dans nos négociations et nous ne nous laissons pas "endormir" pas les beaux parleurs.

 

Comment fonctionnez-vous, avec des "mall" comme Daslu ?

Avec Daslu c’est assez simple. Nous leur présentons nos marques, ils passent commande, nous règlent toujours dans les délais. Tout le monde nous avait dit de nous méfier mais nous voulions vérifier par nous-même et je peux dire que c’est un plaisir de travailler avec eux.

 

Comment voyez-vous l’évolution d’Acaju do Brasil dans les prochaines années ?

La première chose que je vais faire, et c’est à très court terme, est d’augmenter ma structure, embaucher une commerciale pour chaque marque, créer un service de presse en interne et ouvrir un showroom plus grand.

Nous avons à court/moyen terme plusieurs projets qui sont l’ouverture de franchises pour certaines marques que nous distribuons, mais également le lancement d’un e-commerce ou d’un concept store.

 

Gardez-vous un lien avec l'Hexagone, en dehors de la famille ? Envisagez-vous un retour en France ?

Je ne suis pas un fan du téléphone, la seule personne que j’appelle régulièrement est ma mère. Sinon je garde contact par email avec ma famille et amis.


Je me plais énormément au Brésil et je n’ai pas du tout envie de revenir en France. J’aime la France, c’est mon pays mais je trouve que c’est un pays qui a sa gloire derrière lui mais qui, à la différence de l’Italie, ne le sait pas. Difficile d’avancer dans ces conditions-là. C’est une chance d’être dans un pays d’avenir où les gens sont agréables.

 

 

 

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Published by bruno magniez
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