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  • : Blog pour tous les passionnés du Brésil : actualités économiques, sociales et politiques.
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CV

Bruno MAGNIEZ

 
Email : bmagniez@netcourrier.com

 

Docteur en Sciences Economiques

 

Thèse de doctorat Université de Picardie Jules Verne (octobre 2001) :

-          « La place du secteur informel dans l’économie brésilienne : une étude centrée sur le commerce de rue à João Pessoa »
- Thèse sous la direction de B.Lautier, Professeur Université de Paris-I, Panthéon-Sorbonne. Mention très honorable.

-          Jury de thèse : Philippe Hugon, Jaime Marques Pereira, Christian Azais, Bruno Lautier, Christian Palloix


 

Professeur de Sciences Economiques et Sociales


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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 11:42

Adriana, 10 ans, prêche la bonne parole devant une assemblée de fidèles suspendus à ses lèvres. Le verbe facile, le geste sûr, elle harangue l’assistance, micro en main, pendant près d’une heure. Persuadée que la présence divine qui l’anime va transformer la vie de ceux qui l’écoutent.

 

enfants_precheurs.jpg

 

A l’image du pays entier, Sumaré, une ville de 230 000 habitants dans l’Etat de São Paulo, possède de nombreuses églises évangéliques. Au Brésil, la religion évangélique monte en puissance. Le fer de lance de cette progression : les enfants, dont l’image de pureté attire des nouveaux fidèles. Ils prient avec ferveur, donnent de l’espoir à des gens désespérés, guérissent leurs maladies… Pour les fidèles en transe, ces enfants sont des icônes, des stars. Pour d’autres, ils ne sont que le fruit d’une épouvantable manipulation que personne n’ose dénoncer.

 

Il y a trois ans, l’Amérique latine comptait près de 6 000 enfants prêcheurs. Aujourd’hui, on ne connaît pas leur nombre, mais ils représentent un business florissant qui attire toujours plus de fidèles.

 

 

Prenez 22 min. pour regarder ce reportage proposé par la chaîne ARTE (il est disponible pour un temps limité). Voici le résumé qu’on trouve sur le site de la chaîne: “Adriana, 10 ans, prêche la bonne parole devant une assemblée de fidèles suspendus à ses lèvres. Le verbe facile, le geste sûr, elle harangue l’assistance, micro en main, pendant près d’une heure. Persuadée que la présence divine qui l’anime va transformer la vie de ceux qui l’écoutent”. Le reportage est bien fait, notamment parce qu’il donne la parole à un sociologue brésilien qui apporte un éclairage intéressant sur le phénomène des “enfants prêcheurs”.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plusieurs thèmes sont abordés; deux me semblent particulièrement riches:

  • la place des enfants dans les communautés de type pentecôtistes. Le reportage montre assez bien l’ambiguïté de la place des enfants dans ces communautés. On les aime car ils représentent l’avenir du groupe et l’innocence, mais en même temps on les fait jouer aux adultes et on admire leur capacité à prêcher comme des adultes. De ce point de vue, le reportage peut être mis en parallèle avec le documentaire Jesus Camp.
  • l’existence d’une sorte de grammaire du prêche qui passe par des gestes, des types de déplacements sur l’estrade et dans la salle, une utilisation de la voix (notamment l’usage du crescendo vocal qu’on retrouve dans de très nombreuses Eglises). Le reportage passe trop vite sur ce point qui est fascinant. C’est justement quand on voit ses enfants “jouer” aux pasteurs que l’on réalise à quel point les prêches sont codifiés dans la forme.

Le reportage n’évite pas quelques clichés, notamment l’opposition entre la “transe africaine” et les “cultes protestants traditionnels”. Rappelons que l’idée selon laquelle ce sont les Africains qui ont apporté les transes, les danses, les chants etc…. est tout simplement fausse, et témoigne d’une forme de racisme déguisé, du style: “ces gens là ont le rythme dans la peau”. Il suffit de regarder l’histoire du Protestantisme pour trouver des phénomènes ne collant pas avec l’idée que l’on se fait du “Protestantisme traditionnel”. Par exemple, la secte protestante connue sous le nom de “Shakers” (de l’anglais “to shake”, secouer), apparue en Grande-bretagne au 18ème siècle et qui se développa aux Etats-Unis au cours du 19ème siècle. Le surnom de “shakers” a pour origine la danse exécutée collectivement et dont

 

on voit ci-contre un dessin fameux.

 

Autre exemple, la langue anglaise utilise l’expression “holy-roller” (holy = saint et to roll = rouler) pour désigner un Chrétien pentecôtiste, et par extension, toute personne connue pour son engagement religieux. Le terme apparut pour la première fois dans les années 1840. On le retrouve notamment sur le site urban dictionary, un excellent outil pour parfaire son anglais.

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Published by bruno magniez
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