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  • : Blog pour tous les passionnés du Brésil : actualités économiques, sociales et politiques.
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CV

Bruno MAGNIEZ

 
Email : bmagniez@netcourrier.com

 

Docteur en Sciences Economiques

 

Thèse de doctorat Université de Picardie Jules Verne (octobre 2001) :

-          « La place du secteur informel dans l’économie brésilienne : une étude centrée sur le commerce de rue à João Pessoa »
- Thèse sous la direction de B.Lautier, Professeur Université de Paris-I, Panthéon-Sorbonne. Mention très honorable.

-          Jury de thèse : Philippe Hugon, Jaime Marques Pereira, Christian Azais, Bruno Lautier, Christian Palloix


 

Professeur de Sciences Economiques et Sociales


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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 15:30

Raimundo arpente les rangées d’arbustes qu’il plante dans son lopin de terre d’un village pauvre du nord-est : le ricin a remplacé ses cultures vivrières et sert à fabriquer des biocarburants, le grand pari énergétique du Brésil. Les graines et les coques de ricin contiennent des produits toxiques, le principal étant une protéine, la ricine. Elles renferment également un allergène plus difficile à rendre inactif que la ricine et pouvant provoquer une hypersensibilité chez les humains en contact avec ce produit.

 

la-recolte-du-ricin-est-un-travail-penible-mais-les-cultiva.jpg

 

Ses mains calleuses témoignent de toute une vie consacrée au travail des champs, tourné désormais vers l’énergie renouvelable. A 65 ans, Raimundo Barbosa da Silva, vit depuis treize ans à Olivencia, près de Quixada dans l’Etat de Ceara, à quelque 3 000 km de Rio, sur des terres données aux paysans par le gouvernement dans le cadre de la réforme agraire.

« Je plante du ricin mais aussi des haricots et du maïs, mais ces derniers sont uniquement pour ma consommation personnelle et plus pour la vente », explique-t-il.

 

Le ricinus communis qu’il cultive depuis peu pousse très rapidement en grappes et prend la forme d’un gros arbuste. Son fruit épineux et toxique sert de base à la production de combustibles propres, alternatifs à l’essence.

Raimundo sépare délicatement les grappes avec une baguette pour ne pas se piquer et les met dans des sacs en plastique.

 

Le géant pétrolier brésilien Petrobras a commencé il y a trois ans à encourager la culture de ricin dans la région, en garantissant l’achat de toute la production pour approvisionner son usine de Quixada qui produit 108,6 millions de litres de biodiesel par an.

« C’est un dur labeur mais on y est habitué. Je travaille dans les champs depuis l’âge de sept ans », déclare un autre paysan, Raimundo Neto, qui comme tous ici chausse des tongs en plastique et revêt une chemisette et un pantalon boueux.

 

A chaque récolte – jusqu’à cinq par an – les agriculteurs obtiennent 24 sacs de 32 kilos de ricin qu’ils vendent pour 30 dollars.

Petrobras a passé des contrats avec 40 000 paysans du Ceara et de quatre autres Etats de cette région pour approvisionner son usine de Quixada qui traite aussi du coton, de la graisse animale, du soja et du tournesol pour fabriquer du biodiesel.

 

Second producteur mondial de biocarburants derrière les Etats-Unis, le Brésil possède 74 usines d’une capacité de production de six millions de mètres cubes de carburant par an. En 2010, sa production a été de 2,4 millions de m3 et 276.000 petits agriculteurs y ont participé.

 

Petrobras, qui opère dans quinze usines, prévoit d’investir 4,1 milliards de dollars d’ici à 2015 dans les biocarburants (2 % de ses investissements) surtout dans l’éthanol à base de canne à sucre.

 

Cette année, la compagnie pétrolière brésilienne a prévu d’acheter neuf tonnes de ricin aux petits producteurs de Quixada, selon le responsable des biocarburants, Miguel Rossetto. Petrobras a annoncé des investissements de 6,25 millions de dollars dans la région pour le traitement des sols et de 2,5 millions de dollars en améliorations technologiques. A Olivencia, dix familles sur quatorze ont des accords avec le géant pétrolier qui achète leur récolte et leur donne une assistance technique.

« Nous avons de meilleures conditions pour planter maintenant », s’est félicité l’agriculteur Evaristo Oliveira.

Néanmoins, à la différence des installations sophistiquées de l’usine de Quixada, les masures et les plantations témoignent de la misère qui règne encore dans les campagnes du Brésil.

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Published by bruno magniez
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