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  • : Blog pour tous les passionnés du Brésil : actualités économiques, sociales et politiques.
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Bruno MAGNIEZ

 
Email : bmagniez@netcourrier.com

 

Docteur en Sciences Economiques

 

Thèse de doctorat Université de Picardie Jules Verne (octobre 2001) :

-          « La place du secteur informel dans l’économie brésilienne : une étude centrée sur le commerce de rue à João Pessoa »
- Thèse sous la direction de B.Lautier, Professeur Université de Paris-I, Panthéon-Sorbonne. Mention très honorable.

-          Jury de thèse : Philippe Hugon, Jaime Marques Pereira, Christian Azais, Bruno Lautier, Christian Palloix


 

Professeur de Sciences Economiques et Sociales


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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 11:49

L’accroissement du nombre de visiteurs en provenance des pays émergents est l’un des éléments nouveaux du fait touristique mondial ces dernières années. Si le phénomène ne revêt pas le caractère massif qu’il peut avoir en ce qui concerne les touristes en provenance des pays du Nord, cette nouvelle donne touristique est révélatrice des mutations qui touchent l’ensemble des pays émergents où les effectifs des classes moyennes se sont considérablement étoffés ces dernières décennies. Ainsi, à mesure que le niveau de vie de ces pays progresse, les déplacements touristiques se densifient. Le total des populations concernées prend de plus en plus d’ampleur et s’étend en particulier aux classes moins aisées, reflétant ainsi le niveau de développement du pays.

 

 

Pour l'activité touristique - comme pour beaucoup d'autres domaines socio-économiques d’ailleurs – la décennie 1980, marquée par la fin de la dictature et le début du processus de redemocratização, constitue une rupture. Les autorités politiques brésiliennes prennent alors conscience que leur État-continent offre des potentialités énormes mais peu valorisées en matière de développement touristique. Au début des 1990, le gouvernement Cardoso définit une nouvelle « Politique Nationale du Tourisme », soucieuse de créer une dynamique de développement national. Pour y parvenir, il réforme l’Embratur (Entreprise brésilienne de tourisme créée en 1966 et chargée de répartir les subventions fédérales), désormais chargée de la mise en œuvre de la nouvelle « Politique Nationale du Tourisme » en matière de marketing et de promotion des différentes destinations du territoire national. L’Embratur devient un organisme dépendant du Ministère du Tourisme lui-même créé en 1993.

 

Suivant les recommandations de l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT), ce dernier s’attache, quant à lui, davantage à l’amélioration de la qualification des professionnels du tourisme, à la décentralisation des compétences en matière de tourisme en vue d’une gestion davantage régionalisée et de l’articulation des acteurs publics et privés à différentes échelles. En fonction des potentialités de mise en tourisme (qualité du patrimoine, localisation, accessibilité, mobilisation des acteurs publics et privés locaux, infrastructures d’accueil déjà existantes) des pôles de développement du tourisme sont identifiés qui doivent constituer les fondements de l’émergence du Brésil comme foyer touristique régional autant que comme destination du tourisme international. Pour ce faire, l’État brésilien bénéficie de financements de la Banque Interaméricaine de Développement, notamment en matière de transports (construction d’aéroports et amélioration de la voirie, notamment) et d’équipements collectifs (évacuation des eaux usées, électrification…). Enfin, une politique de développement de l’écotourisme est engagée en collaboration avec l’Institut Brésilien de l’Environnement (IBAMA), en particulier en Amazonie.

 

À partir de 2003 et avec l’arrivée au pouvoir du président Lula, l’Embratur voit son rôle modifié : ses opérations de marketing sont désormais destinées uniquement à la captation des flux du tourisme international. En outre, elle centralise l’élaboration des enquêtes d’opinion et des données statistiques sur le tourisme au Brésil. Ces dernières années ont conforté la logique de création de pôles de développement comme l’atteste la mise en place de régions touristiques et de circuits thématiques à l’échelle locale.

 

 

 

Les conséquences de ces évolutions récentes de la politique nationale brésilienne en matière de tourisme intérieur sont encore difficiles à évaluer, en particulier en termes statistiques. S’il est possible d’obtenir des données qualitatives et quantitatives sur les flux touristiques des nationaux au Brésil ces dernières années, le processus sur le long terme est plus difficile à quantifier même s’il est incontestable que la dynamique de démocratisation du pays à partir de la fin des années 1980 a eu pour corollaire une massification de la pratique touristique dans la population brésilienne.

 

 De même, le tourisme a acquis une place plus importante que par le passé dans l’économie brésilienne. Toutefois, sa part dans le PIB national demeure modeste : ainsi, les revenus du tourisme n’ont représenté que 3,6 % du PIB national en 2006 (IBGE). Le poids du secteur touristique se fait davantage sentir dans la structure des emplois : il représente 6,1 % de la population active, statistique à considérer avec précaution toutefois, les activités informelles étant, par définition, difficiles à comptabiliser.

 

Le Brésil continue d’enregistrer des chiffres positifs en 2010

Embratur, l’Institut du Tourisme brésilien, annonce ses derniers chiffres liés au tourisme international. Le pays a accueilli plus de 4,8 millions de visiteurs étrangers en 2009, dont 205 860 Français. D’autre part, malgré le ralentissement du tourisme mondial en 2008, le Brésil enregistre des chiffres très encourageants depuis janvier 2010.

Les Argentins en tête du podium, les Français en 5ème position

Les Argentins ont été plus de 1 211 159 visiteurs à traverser la frontière pour visiter le Brésil en 2009, soit 193 484 de plus qu’en 2008. Puis viennent respectivement les Etats-Unis, l’Italie et l’Allemagne. Quant à la France, celle-ci se positionne au 5ème rang des principaux pays émetteurs de touristes au Brésil, avec 205 860 visiteurs.

« La majorité des voyages internationaux sont intra-régionaux. Ce phénomène est constaté pour de nombreux voyages en Europe, en Asie et même en Amérique du Sud. Cette tendance confirme ainsi l’orientation donnée à la promotion touristique internationale du Brésil ces dernières années » affirme le ministre du Tourisme, M. Luiz Barretto. « Il faut également tenir compte du fait que la baisse du nombre de visiteurs étrangers a été compensée par une hausse sur le marché national. En 2009, le pays a enregistré une croissance de 3,7% des vols nationaux par rapport à 2008 », conclut-il.

 

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Embratur, l’office du Tourisme du Brésil, est certainement un des organismes touristiques les plus entreprenant quand il s’agit de faire la promotion de son pays.Pour faire connaître davantage les charmes du Brésil, Embratur s’est mis au Web 2.0 en ouvrant une chaîne sur la très célèbre plateforme de vidéos Youtube : VisitBrasil.

 

Grâce à VisitBrasil les internautes pourront découvrir très précisément l’emplacement géographique des différents sites touristiques du Brésil présentés à travers de 88 vidéos très bien réalisées.

 

Alors que 27,6% des touristes qui sont allés au Brésil en 2008 ont utilisé Internet comme source d’information pour organiser leur voyage, Embratur ne pouvait pas laissé de côté un support aussi important et aussi connu que Youtube.

Plusieurs vidéos présentées par Embratur sur VisitBrasil proviennent des différentes campagnes de promotion Brasil Sensational. D’autres vidéos présentées sont des témoignages de touristes venus des quatre coins du monde pour découvrir le Brésil.

 

 

La planche de cartes 2 permet de préciser ces observations en détaillant, pour les trois nationalités les plus représentées dans le total des touristes étrangers ayant visité le Brésil en 2005, la fréquentation des dix États les plus touristiques du pays. L’observation des chiffres relatifs permet, tout d’abord, de constater que la part des touristes brésiliens est moins importante dans les États les plus touristiques (São Paulo et Rio de Janeiro) alors que leur proportion est beaucoup plus forte dans les États dont la fréquentation est moindre (Pará, Ceará). Les territoires encore peu intégrés à l’espace touristique brésilien sont d’abord visités par des nationaux avant une éventuelle internationalisation de leur fréquentation.

 

 

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La répartition des touristes européens au Brésil présente assez peu de contrastes d’un État à un autre, à l’exception de l’État amazonien du Pará et de ceux du Santa Catarina et du Rio Grande do Sul, dans le sud du pays. L’État de Rio accueille le plus grand nombre d’Européens mais sans que cette prépondérance soit spectaculaire. Les autres États présentent des niveaux assez similaires. On peut expliquer cela par le type même de voyage réalisé par les visiteurs européens qui voyagent en suivant un circuit pré-établi. En effet, la longue distance parcourue en avion et la courte durée de leur séjour les incitent à rentabiliser leur investissement physique et financier (à l’inverse, les nationaux ont plutôt tendance à privilégier une unique destination au sein de leur pays, notamment du fait d’un niveau de vie plus faible). La carte permet de retrouver les principales étapes de ces circuits : le Nordeste (bien souvent Salvador, éventuellement Recife ou Fortaleza), Rio, São Paulo et le Paraná (chutes d’Iguaçú). À l’inverse, les États du sud du pays aux caractéristiques moins tropicales intéressent moins les touristes Européens venus au Brésil en quête d’exotisme.

 

Le tourisme américain au Brésil présente des différences assez sensibles avec le tourisme des Européens. On voit, en effet, qu’il se concentre dans le Sudeste, particulièrement les États de Rio de Janeiro et de São Paulo. Une même concentration spatiale caractérise la pratique touristique des Argentins qui fréquentent surtout le sud du pays (Rio Grande do Sul, Santa Catarina, Paraná) dont ils apprécient les plages et les eaux plus chaudes que celles de leurs côtes... Les logiques de proximité géographique sont essentielles pour comprendre ce niveau de fréquentation élevé, d’autant plus que la circulation entre l’Argentine et le Brésil est facilitée par l’ouverture des frontières dans le cadre du Mercosur et l’existence d’infrastructures routières d’assez bonne qualité, même si de nombreux efforts sont encore à accomplir.

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Published by bruno magniez
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