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  • : Blog pour tous les passionnés du Brésil : actualités économiques, sociales et politiques.
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Bruno MAGNIEZ

 
Email : bmagniez@netcourrier.com

 

Docteur en Sciences Economiques

 

Thèse de doctorat Université de Picardie Jules Verne (octobre 2001) :

-          « La place du secteur informel dans l’économie brésilienne : une étude centrée sur le commerce de rue à João Pessoa »
- Thèse sous la direction de B.Lautier, Professeur Université de Paris-I, Panthéon-Sorbonne. Mention très honorable.

-          Jury de thèse : Philippe Hugon, Jaime Marques Pereira, Christian Azais, Bruno Lautier, Christian Palloix


 

Professeur de Sciences Economiques et Sociales


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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 11:51

Prochainement, le Brésil va se trouver sous tous les projecteurs avec, en l’espace de deux ans, l’organisation de la Coupe du Monde de football en 2014 puis, dans la foulée, les Jeux Olympiques, durant l’été 2016. Le fait se caractérise par sa rareté et son ambition car enchainer, pour un pays, les deux événements, à résonance planétaire, sollicitent des investissements colossaux (la Grèce ne s’est jamais remise de son organisation des Jeux Olympiques de 2004). Cela prouve que le Brésil, encore identifié comme un pays émergent, se rapproche des plus grandes puissances économiques mondiales.

 

 

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Sixième puissance économique mondiale

Le pays se classe aujourd‘hui comme la première économie d’Amérique latine avec un PIB de plus de 2.500 milliards de dollars, en 2011. Son essor a débuté dans les années 70 grâce aux échanges importants avec les Etats-Unis et le Japon, mais l’accélération du niveau de vie général s’est réellement développé sous le mandat de Lula qui a mis la priorité sur la croissance et la réduction des inégalités, le tout  dans le respect des équilibres économiques fondamentaux.

 

L’ancien président a, en effet, imposé en 2007, un PAC (Pacte d’Accélération de la Croissance), en instaurant un large programme d’investissements dans les secteurs de l’énergie, du logement, des transports. Ces investissements étatiques, associés à une politique sociale intense aidant les plus démunis, ont permis d’élever globalement le niveau de vie général du pays où les disparités caractérisaient la population.


Depuis, la nation brésilienne, qui se classe actuellement au sixième rang des économies mondiales, a connu des taux de croissance qui peuvent paraitre insolents par rapport aux pays développés et notamment européens avec une moyenne annuelle de 4% sur la dernière décennie, néanmoins loin derrière les autres BRIC (Chine 10.9% et Inde 8.2 %).


Développement des investissements chinois

En 2010, le Brésil a brillé, avec une croissance de 7.5% mais la crise mondiale est venue brusquement interrompre le cycle vertueux, même si 2011 s’est soldée par une avancée de 2.5 points de PIB. Les moteurs de cette ascension économique (le pays est passé du 10e au 6e rang mondial en dépassant la Grande-Bretagne) se trouvent à plusieurs niveaux : politique économique et sociale stabilisant l’emploi, hausse des revenus des plus défavorisés et forte augmentation des exportations.


A ce jour, le Brésil regagne des places dans le classement des pays exportateurs, grâce principalement à l’agriculture (café, canne à sucre) et au secteur de l’énergie, qui s’est considérablement développé en 2008 avec la découverte de nouveaux gisements. L’Union européenne représente, par ailleurs, son premier client avec plus de 20% des exportations en direction du Vieux continent.


Les vastes chantiers assurés par les financements nationaux, associés avec la volonté historique d’attirer les investisseurs étrangers ont permis de booster le développement économique.


Les besoins en investissements demeurent fastidieux et la Chine profite de cet appel d’air pour se positionner comme premier commanditaire dans les secteurs dominants. Les chinois investissent, non seulement dans les secteurs porteurs comme l’énergie mais également dans « l’agrobusiness » avec l’achat de terre pour la production de soja à destination de leur propre marché national. Les Etats-Unis, allié historique du Brésil, se sont vus prendre la place de premier partenaire par Pékin.


Des taux d’intérêt encore élevés

Mais le PIB du pays reste encore concentré sur quelques régions, notamment la province de Sao Paulo qui constitue 30% de la richesse nationale, équivalent à elle seule au PIB de la Turquie.


Cette évolution rapide du niveau de vie oblige les autorités à surveiller l’inflation qui se situe encore à 5%. Cette maitrise nécessite la mise en place d’une politique de taux directeurs élevés (8.5%), évitant aussi un emballement des prix. La contrepartie de cette arme « anti-inflation », c’est l’envolée de la devise nationale qui au cours de ces dernières années s’est fortement appréciée.


En effet le réal créé en 1994 en remplacement du cruzado (mis à mal par l’hyperinflation et les hausses de prix de 50% mensuelles) a connu, de 2002 à 2008, les faveurs des cambistes intervenants massivement pour profiter non seulement de la rémunération mais aussi de l’expansion économique. Le réal a évolué au cours de cette période de 3.90 BRL à 1.60 BRL pour un dollar.

Evolution de la parité USD / Real Brésilien :






Quelle est la vraie notion de progrès économique ?


Le ralentissement actuel de la croissance doit constituer une opportunité pour le pays de connaître une baisse supplémentaire des prix, ce qui pourrait favoriser non seulement la demande interne, mais aussi dynamiser l’exportation.


Cet atterrissage économique se concrétise dans l’évolution de la bourse de Sao Paulo (BOVESPA) qui perd 14% sur une année glissante mais reste malgré tout largement bénéficiaire depuis dix ans avec des valorisations qui se sont envolées de près de 400%.


Evolution des taux d'inflation et des taux directeur brésiliens :


En blanc : Les taux directeur de la banque centrale brésilienne
En orange : Le taux d'inflation

La baisse des taux pourrait attirer davantage les investisseurs sur les actions (en sachant que le PER moyen de l’indice de référence ressort à 11x, ce qui laisse un réel potentiel d’appréciation), et  favoriser la baisse de la devise afin de revenir sur des niveaux de parité plus en adéquation, pour le dynamisme des exportations. En effet, les faibles gains de productivité sont stigmatisés en cas de maintien d’une devise forte. Cela passe par une amélioration de la qualité de la main d’œuvre qui doit s’apprécier en même temps que la progression du niveau de vie.

L’accession du Brésil dans le cercle des « grandes puissances économiques » n’est pas une fin en soi ; les gouvernants du pays ont conscience que si le niveau de pauvreté s’est éloigné des taux catastrophiques de ces dernières décennies, le réel progrès doit se vérifier avec d’autres critères. Selon l’IDH (Indice de Développement Humain) le Brésil n’arrive qu’en 84ème position tandis qu’au classement des capitales économiques mondiales, Sao Paulo ne se place qu’au 76ème rang.


Ces disparités montrent clairement le chemin à parcourir pour que le pays intègre un jour les pays développés, ce qui fait dire à un responsable politique, que « dépasser les britanniques en terme de PIB ne résout pas tous les problèmes ; le pays ne pourra avoir de repos tant que la misère ne sera pas globalement éradiquée et que la population ne souffrira plus de la faim ». Voila le réel défi que devra relever le Brésil lors de la prochaine décennie.

 

 

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Published by bruno magniez
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