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  • : Blog pour tous les passionnés du Brésil : actualités économiques, sociales et politiques.
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  • bruno magniez

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Bruno MAGNIEZ

 
Email : bmagniez@netcourrier.com

 

Docteur en Sciences Economiques

 

Thèse de doctorat Université de Picardie Jules Verne (octobre 2001) :

-          « La place du secteur informel dans l’économie brésilienne : une étude centrée sur le commerce de rue à João Pessoa »
- Thèse sous la direction de B.Lautier, Professeur Université de Paris-I, Panthéon-Sorbonne. Mention très honorable.

-          Jury de thèse : Philippe Hugon, Jaime Marques Pereira, Christian Azais, Bruno Lautier, Christian Palloix


 

Professeur de Sciences Economiques et Sociales


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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 09:47

Les jeunes du Vieux Continent tentent leur chance dans un pays qui offre croissance et qualité de vie.Benjamin Cano, 33 ans a quitté son emploi à Toulouse pour ouvrir un petit hôtel de luxe au pied d'une favela de Rio de Janeiro.

  • Benjamin Cano, 33 ans a quitté son emploi à Toulouse pour ouvrir un petit hôtel de luxe au pied d'une favela de Rio de Janeiro. Crédits photo : Lamia Oualalou Le figaro/Lamia Oualalou Le figaro

    Les jeunes du Vieux Continent tentent leur chance dans un pays qui offre croissance et qualité de vie.

Benjamin Cano n'en croit pas ses yeux. L'été a tout juste commencé, et la Casa Mosquito, le petit hôtel qu'il a ouvert au pied d'une favela de Rio de Janeiro il y a un mois affiche déjà complet. À regarder le jeune homme de 33 ans, tee-shirt de marin, bermuda et Havaianas aux pieds, on a du mal à l'imaginer en consultant en ressources humaines dans une multinationale. En 2009, il découvre Rio de Janeiro à l'occasion d'un voyage offert par ses amis à l'occasion de ses trente ans. Le coup de foudre. Il quitte son emploi à Toulouse, alors que son compagnon, vétérinaire, vend sa clinique. Ils investissent toutes leurs économies dans la Ville merveilleuse, en transformant une maison bourgeoise des années 1940 en hôtel de luxe. «C'est un risque, mais il est minime. Nous ne sommes pas assaillis par les charges, on a le temps de faire du chiffre d'affaires avant de payer des taxes», explique-t-il, enthousiaste. «En France, monter une affaire est devenu impossible, surtout pour faire totalement autre chose, comme nous le voulions», poursuit-il.

Sixième économie du monde

Le Toulousain n'est pas le seul à tenter de se «réinventer» au Brésil. Selon le ministère de la Justice, le nombre de carte de séjour délivrées a bondi de 67% entre 2009 et 2010 et la tendance s'est encore accélérée cette année. Si les Portugais sont en tête des arrivants, aidés par la langue, suivis par les Boliviens, les Chinois, les Paraguayens et les Coréens, les autres ressortissants européens se bousculent. Tous sont attirés par le dynamisme de la sixième économie mondiale, qui a enregistré 7,5% de croissance en 2010 et devrait maintenir 3% cette année malgré la crise. «Je reçois des CV quotidiennement», témoigne Éric Fajole, directeur d'Ubifrance Brésil. «De plus en plus de diplômés arrivent en ayant déjà appris le portugais en Europe», poursuit-il.

 

Les prétendants ont entendu dire que les salaires étaient souvent supérieurs à ceux pratiqués sur le Vieux Continent: ici, le chômage est de 6%, le plus bas historiquement. Le statut d'expatrié, tombé en désuétude et ne concernant plus que les directeurs des filiales locales, est redevenu à la mode. «Même si on prend en compte toutes les dépenses qu'il suppose pour l'entreprise, comme le loyer ou l'école des enfants, les expatriés coûtent moins cher que les Brésiliens aujourd'hui, quand il s'agit d'un ingénieur ou d'un directeur financier», poursuit Éric Fajole. «Et si le coût est équivalent, ils sont plus fidèles, alors que les cadres locaux partent à la moindre surenchère», poursuit-il.

 

Outre les nouveaux arrivants, il y a ceux qui, envoyés pour un temps, ne veulent plus partir. C'est le cas de Thomas Valantin, arrivé en 2008 à Sao Paulo pour piloter l'antenne latino-américaine de Tandberg, le spécialiste norvégien de visioconférence. Lorsque Sisco rachète l'entreprise, elle propose au directeur de rentrer à Paris. «Aucune envie», laisse tomber le cadre de 41 ans. «Quand on voit ce qui se passe en Europe, où les affaires sont paralysées, on se dit que c'est idiot de lâcher un pays où ça marche, et où on est bien», explique-t-il. Thomas Valantin a choisi de vendre ses talents à un autre groupe français, Arkadin, qui cherchait à s'installer à Sao Paulo.

Une épicerie française à Rio

«Le Brésil n'est plus un passage, mais un endroit où on peut faire carrière, avec une qualité de vie supérieure à ce qu'on aurait en Inde, en Chine ou à Singapour», résume Patrick Hollard, directeur Amérique latine du cabinet de recrutement Michael Page. La forte croissance, la pénurie de compétences, les salaires élevés et la montée en puissance des groupes brésiliens, qui offrent désormais des parcours internationaux, changent la donne. «Le Brésil apparaît aujourd'hui sur le radar des cadres et des jeunes diplômés, c'est un pays crédible, qui a de l'avenir, tout le contraire de ce qu'offre l'Europe aujourd'hui», poursuit-il. Une perception renforcée par l'apparent naufrage de la zone euro. «Il suffit que je regarde le journal télévisé français sur TV5 pour avoir des bouffées d'angoisse», confie Jérémie Leclerq, qui vient de monter à 31 ans «Madame Foie Gras», une entreprise de confection de produits fins français avec l'ambition d'ouvrir une épicerie fine à Rio de Janeiro. En 2008, ce titulaire d'un master d'économie fait partie des charrettes des banques d'investissement. Il profite de l'installation temporaire de ses parents au Brésil pour connaître le géant latino-américain et se lancer dans l'aventure. «Monter une entreprise est plus facile en France, car ici la bureaucratie est lourde, mais en Europe, les perspectives sont sombres. J'adore Paris, ce n'est juste pas un bon moment pour vivre en France», conclut-il.

 

Le Brésil n'est pourtant pas un eldorado. «Personne ne nous attend, ils sont très bien formés, ceux qui arrivent la fleur au fusil sans parler la langue seront déçus», tempère Patrick Hollard. Si les salaires sont élevés, le coût de la vie l'est aussi: la santé, l'éducation, tout est privé, et le real, la monnaie locale, est très valorisée. «D'ici à 2016, après les Jeux olympiques de Rio de Janeiro, peut-être que tout cela se dégonflera», reconnaît Thomas Valantin. En attendant, il se dit sûr de la solidité de son activité pour les prochaines années et se félicite que ses deux enfants deviennent parfaitement bilingues et adoptent la culture locale. «On se dit que pour leur futur, ce n'est pas plus mal pour eux de miser sur le Brésil», résume-t-il.

 

 

 

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Published by bruno magniez
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