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  • : Blog pour tous les passionnés du Brésil : actualités économiques, sociales et politiques.
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Bruno MAGNIEZ

 
Email : bmagniez@netcourrier.com

 

Docteur en Sciences Economiques

 

Thèse de doctorat Université de Picardie Jules Verne (octobre 2001) :

-          « La place du secteur informel dans l’économie brésilienne : une étude centrée sur le commerce de rue à João Pessoa »
- Thèse sous la direction de B.Lautier, Professeur Université de Paris-I, Panthéon-Sorbonne. Mention très honorable.

-          Jury de thèse : Philippe Hugon, Jaime Marques Pereira, Christian Azais, Bruno Lautier, Christian Palloix


 

Professeur de Sciences Economiques et Sociales


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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 12:52

En ce dernier jour de négociation sur les changements du climat à Copenhague, les négociateurs attendaient deux discours, celui du président brésilien Luiz Inacio da Silva, et celui de son homologue américain, Barack Obama. Et à raison. Obama, qui continue une nouvelle fois de décevoir, a fait un discours arrogant, refusant de négocier, et de reconnaître que les Etats-Unis avaient été les principaux responsables historiques de l’accumulation des gaz à effet de serre. Il est arrivé au dernier moment à Copenhague, n’est resté dans la séance plénière que le temps de son discours, n’écoutant aucun autre chef d’Etat. Durant les quelques heures qu’il a accepté de dédier à des négociations parallèles, le président américain avait les yeux rivés sur sa montre, expliquant à ses interlocuteurs, notamment brésiliens, qu’il devait rentrer aux Etats-Unis au plus vite.

 

 




 



Cet aveu d’impuissance contraste avec le discours volontariste d’un Lula brillant, interrompu à quatre reprises par les applaudissements alors qu’il démontrait la volonté du Brésil de sauver la conférence. Sans note, avec un discours improvisé – les meilleurs – il a même surpris sa délégation en annonçant que le Brésil était prêt à contribuer à un fonds destinés à aider les pays les plus pauvres à combattre le réchauffement climatique, sans pour autant en finir avec leurs perspectives de développement. « C'est quelque chose que je n'ai jamais dit dans mon pays, ni à mon peuple, ni devant mon Parlement, ni même à mon équipe ici: mais s'il est nécessaire de faire un sacrifice, le Brésil est disposé à mettre de l'argent sur la table pour venir en aide aux autres pays », a déclaré Lula, démontrant que le Brésil est définitivement entré dans la Cour des grands, en prenant les responsabilités qui lui correspondent et en cessant de se défausser sur les pays les plus riches.

 

 



C’est une métamorphose d’autant plus remarquable que Lula n’est pas une personne passionnée par les questions de l’environnement. Ces derniers mois, ses revirements sur la question – passant d’une position inflexible des pays émergents au rôle de porte-parole des environnementalistes – pouvaient être interprétés comme un geste électoral. L’environnement sera un thème important de l’élection de 2010, à laquelle Lula ne peut se présenter (le Brésil interdit plus de deux mandats consécutifs). Sa candidate préférée, la chef de la Maison Civile (équivalent de premier ministre) Dilma Roussef devra probablement affronter, outre la droite, la candidature de Marina Silva, l’ex-ministre de l’environnement de Lula, qui a quitté le parti des travailleurs pour se présenter au nom du Parti vert.

 

 

Hier, pourtant, le discours de Lula a démontré que le président brésilien a désormais compris que préservation de l’environnement et développement étaient intimement liés, et que pour sauver l’Amérique Latine et l’Afrique de la misère, les pays les plus riches devaient s’obliger à des réductions d’émissions de carbone drastique, et devaient mettre la main à la poche.

 

 


La Conférence
de Copenhague est un échec qui renvoie à la réunion de Mexico, l’année prochaine. Mais le Brésil en est sorti grandi, s’affirmant comme une puissance responsable, au contraire des Etats-Unis

 

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Published by bruno magniez
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