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  • : Blog pour tous les passionnés du Brésil : actualités économiques, sociales et politiques.
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Bruno MAGNIEZ

 
Email : bmagniez@netcourrier.com

 

Docteur en Sciences Economiques

 

Thèse de doctorat Université de Picardie Jules Verne (octobre 2001) :

-          « La place du secteur informel dans l’économie brésilienne : une étude centrée sur le commerce de rue à João Pessoa »
- Thèse sous la direction de B.Lautier, Professeur Université de Paris-I, Panthéon-Sorbonne. Mention très honorable.

-          Jury de thèse : Philippe Hugon, Jaime Marques Pereira, Christian Azais, Bruno Lautier, Christian Palloix


 

Professeur de Sciences Economiques et Sociales


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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 17:32

Le Mondial de football en 2014, les jeux Olympiques en 2016 et, plus modestement, l'élection récente du candidat du Brésil au détriment de celui de l'Espagne à la tête de la FAO... A quand le siège de membre permanent au Conseil de sécurité de l'ONU ? De tous les pays émergents, le Brésil est à la fois l'un des plus incontournables, compte tenu de sa géographie - plus de la moitié du continent sud-américain -et de ses richesses naturelles exceptionnelles, mais aussi l'un des plus improbables, compte tenu de son histoire. Le Brésil n'était-il pas condamné à rester pour toujours aux yeux de ses détracteurs « la puissance du futur » ?

 

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Cette vision est désormais dépassée. Derrière la reconnaissance du nouveau rôle mondial du Brésil, il y a bien sûr le miracle économique brésilien, une croissance presque « asiatique ». Mais cette réussite est le produit direct de la politique. Le Brésil a certes bénéficié de ses atouts naturels, mais il a surtout eu les bons dirigeants au bon moment, des hommes et aujourd'hui une femme, qui ont fait les bons choix stratégiques pour leur pays. De Fernando Henrique Cardoso (1994 à 2002) à Lula (2002 à 2010) et - il est certes trop tôt pour se prononcer définitivement, mais ses débuts ont été un sans-faute -jusqu'à présent Dilma Rousseff, le Brésil a expérimenté une continuité politique exceptionnelle. Chaque nouveau président a bâti sa politique sur la réussite de son prédécesseur, l'alternance centre-droit/centre-gauche de Cardoso à Lula garantissant modération et stabilité, a permis la définition d'un juste compromis entre le rôle de l'Etat et celui du marché.

 

Il serait, certes, dangereux d'idéaliser un pays qui connaît toujours un niveau de corruption, de violence et des écarts de richesse, tout à fait inacceptables. Un pays qui, de surcroît, tant en matière d'infrastructures que d'éducation, a encore un retard considérable à combler. Et pourtant le Brésil ne peut-il pas constituer pour le monde, et plus encore pour l'Europe, un miroir reflétant ses faiblesses tout autant que ses forces ? Il est difficile de comparer l'Union européenne, une construction hybride dans sa réalité actuelle, sinon dans son essence, à un Etat national unifié comme le Brésil. Mais la concordance des calendriers est frappante. L'Union européenne depuis la fin du mandat de Jacques Delors, en 1995, a-t-elle eu à sa tête les meilleurs dirigeants possibles, les équivalents de Cardoso et de Lula au Brésil ?

 

La réponse est bien évidemment négative et le même constat pourrait être fait également au niveau de grand nombre des Etats nationaux qui constituent aujourd'hui l'Union. Y aurait-il des cycles dans l'histoire politique des continents, le talent engendrant le talent et la médiocrité... la médiocrité ?

 

La réussite éclatante du Brésil, même si elle demeure encore fragile, est importante, non seulement pour ses habitants mais aussi pour l'ensemble du continent sud-américain, qui y voit une alternative aux tentations populistes « à la Chavez ». Elle fournit également la preuve, face au « défi chinois », que les modèles centralisés et autoritaires ne constituent pas la seule réponse à l'heure de la mondialisation et de la complexité. Des régimes démocratiques peuvent engager leur pays sur le long terme, à partir d'une vision stratégique du futur. La dictature du court terme n'est pas une fatalité des systèmes démocratiques.

 

Le succès du Brésil au cours des dix-sept dernières années n'est pas le produit du hasard. Il s'explique ainsi par le fait que ses dirigeants ont su d'abord réintroduire de l'ordre et une bonne gestion économique et sociale, puis saisir les opportunités que les transformations du monde lui offraient. Alors que le Mexique faisait le choix du continent nord-américain, le Brésil faisait celui du monde... de la Chine, de l'Inde, de la Russie et de l'Afrique du Sud.

 

Le prix Nobel de littérature mexicain, Octavio Paz, expliquait hier les raisons culturelles, religieuses, historiques de la réussite de l'Amérique du Nord et de l'échec de l'Amérique du Sud, la victoire du protestantisme individualiste sur le catholicisme rétrograde. Parlerait-il aujourd'hui face au déclin relatif des Etats-Unis et à l'émergence exceptionnelle d'un Brésil qui commence à tirer derrière lui l'Amérique du Sud, d'un début de rééquilibrage entre les deux continents ?

 

 

 

 

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Published by bruno magniez
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