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  • : Blog pour tous les passionnés du Brésil : actualités économiques, sociales et politiques.
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Bruno MAGNIEZ

 
Email : bmagniez@netcourrier.com

 

Docteur en Sciences Economiques

 

Thèse de doctorat Université de Picardie Jules Verne (octobre 2001) :

-          « La place du secteur informel dans l’économie brésilienne : une étude centrée sur le commerce de rue à João Pessoa »
- Thèse sous la direction de B.Lautier, Professeur Université de Paris-I, Panthéon-Sorbonne. Mention très honorable.

-          Jury de thèse : Philippe Hugon, Jaime Marques Pereira, Christian Azais, Bruno Lautier, Christian Palloix


 

Professeur de Sciences Economiques et Sociales


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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 15:26

Sans grande expérience en politique étrangère, la présidente brésilienne Dilma Rousseff vient de se soumettre à une sorte d’ « intensive diplomatique », avec un véritable périple à travers le monde au cours des six dernières semaines. De toute évidence, cet exercice commence à lui plaire. Et si l’on en croit un expert, Rubens Ricupero, elle apprend vite et s’en sort plutôt bien.

Travaux pratiques sur le terrain diplomatique

Dilma Rousseff était plus connue pour son penchant pour les grands travaux d’infrastructure dans un Brésil de taille continentale que pour la géopolitique. Au cours de sa première année de mandat, elle s’était surtout concentrée sur la politique intérieure, la chasse à la corruption (sept ministres limogés) et la cohésion de sa majorité. 1433681_3_5d37_dilma-rousseff-l-ex-guerillera-devenue.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Depuis mars, on assiste à un effort manifeste en matière de politique étrangère. Après sa rencontre avec la chancelière allemande Angela Merkel, Dilma Rousseff a participé au sommet des grands pays émergents, les BRICS (avec la Russie, la Chine, l’Inde et l’Afrique du Sud), s’est entrenue à New Delhi avec le premier ministre indien Manmohan Singh. Puis elle s’est rendue aux Etats-Unis pour une rencontre avec Barack Obama, avant de participer ce weekend au Sommet des Amériques à Carthagène, en Colombie.

 

Comme si cela ne suffisait pas, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton sera cette semaine au Brésil. Les Etats-Unis se sont déjà engagés à simplifier les procédures pour délivrer des visas aux Brésiliens, et à rouvrir leurs consulats à Porto Alegre (sud du Brésil) et à Recife (Nordeste). Ceux ci avaient été fermés dans les années 90.

Fermeté

Sans coup d’éclat, Dilma Rousseff a toutefois fait preuve de fermeté en défendant l’intérêt du Brésil - sur le terrain de la « guerre des monnaies »- et des entreprises brésiliennes, comme Embraer – dont un contrat avec l’US Air Force a été remis en cause récemment. Singulier retournement de situation, le Brésil de Dilma Rousseff exige des Etats-Unis le sacro-saint « respect des contrats »...

 

Dilma Rousseff n’en est encore qu’à ses débuts sur la scène diplomatique, mais elle semble apprendre vite. Même les critiques de la politique étrangère menée par Lula, son prédécesseur et mentor, estiment que son bilan provisoire est « très raisonnable ».

 

Selon l’ancien ministre des Affaires étrangères Rubens Ricupero, « elle a essayé de corriger les pires excès de la deuxième phase du gouvernement Lula, notamment à l’égard de la politique malheureuse que le Brésil avait adopté en matière de droits de l’homme, à Cuba ou en Iran ».

L’ancien secrétaire général de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), précise :

« elle a pris ses distances par rapport à cette politique. Elle s’est éloignée de l’Iran, elle a su tirer la leçon de l’accord que le Brésil avait tenté de promouvoir avec la Turquie – finalement, le président Lula avait été dupe d’une manoeuvre iranienne ».

« Les pieds sur terre »

Ricupero, auteur d’un essai sur la place du Brésil dans le monde, publié par l’Institut Fernand Braudel d’économie mondiale qu’il préside, ajoute encore :

« Dilma Rousseff a beaucoup amélioré les rapports avec les Etats-Unis. D’une manière générale elle a adopté un style beaucoup plus pragmatique, beaucoup plus justifié par des réalités économiques [qu’idéologiques].

Personnellement, j’ai beaucoup aimé, au cours de cette visite aux Etats-Unis , l’emphase qu’elle a donnée à la question des bourses d’études, à la coopération en matière de recherche, et à l’envoi d’étudiants brésiliens dans des universités américaines - mais pas seulement américaines.

Elle a annoncé un programme [“ Sciences sans Frontières ”] de 100000 bourses, dont 20% seraient destinés aux étudiants qui vont étudier dans des universités américaines...

Cela me réjouit car cela touche un point faible du développement brésilien : les problèmes de l’innovation, de la faible qualité de la main d’oeuvre. Dilma Rousseff me semble de ce point de vue là beaucoup plus en phase avec les réalités du pays.

Alors que Lula s’était un peu laissé emporté par une sorte d’idolâtrie qui s’était créée autour de lui, aussi bien au Brésil qu’à l’étranger. Dilma a davantage les pieds sur terre ».

La diplomatie conduite par Dilma Rousseff demeure certes balbutiante, par certains égards. Le Brésil veut décrocher un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, mais cette revendication n’a pas été soutenue par Obama - alors que l’Inde a reçu un coup de pouce de Washington sur ce dossier crucial.

 

Mais cette « Dilma-diplomatie » pourrait devenir prometteuse si elle parvient à trouver le ton juste entre l’obséquiosité et la confrontation – en sachant défendre les positions du Brésil avec fermeté, mais sans débordement.

Publié initialement sur
Aujourd'hui le Brésil

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Published by bruno magniez
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