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  • : Blog pour tous les passionnés du Brésil : actualités économiques, sociales et politiques.
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  • bruno magniez

CV

Bruno MAGNIEZ

 
Email : bmagniez@netcourrier.com

 

Docteur en Sciences Economiques

 

Thèse de doctorat Université de Picardie Jules Verne (octobre 2001) :

-          « La place du secteur informel dans l’économie brésilienne : une étude centrée sur le commerce de rue à João Pessoa »
- Thèse sous la direction de B.Lautier, Professeur Université de Paris-I, Panthéon-Sorbonne. Mention très honorable.

-          Jury de thèse : Philippe Hugon, Jaime Marques Pereira, Christian Azais, Bruno Lautier, Christian Palloix


 

Professeur de Sciences Economiques et Sociales


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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 17:34

Musiques du Brésil

 

  De nos jours, des noms et des genres les plus divers sont entendus et se produisent aux antipodes, faisant de la musique la nouvelle ambassadrice de la culture brésilienne à travers le monde. Par analogie avec le football, on sait qu'il y a des joueurs brésiliens un peu partout dans le monde. Il en va de même pour les chanteurs et artistes des rythmes. Sensualité, nonchalance rythmique, d'un côté, ou bien vivacité, joie et énergie, d'un autre côté, riment avec les goûts les plus divers et, de surcroît, recueillent une certaine unanimité parmi les critiques.

Mais, s’il est un domaine dans lequel le Brésil trouve son unité, il me semble que c’est dans sa musique. Du A, d’Adriana Calcanhoto, au Z de Zizi Possi, de João Gilberto à Sepultura en passant par Caetano Veloso, Gilberto Gil, Chico Buarque, Hermeto Pascoal, on retrouve toutes les facettes de la composition ethnique et culturelle brésilienne. La psychanalyste Maria Rita Khel dit que tout Brésilien a une double citoyenneté : celle du pays et celle de la musique populaire brésilienne. Le Brésil, dit-elle, n’est pleinement démocratique que dans sa musique ; ce pays sonore et multiracial, sans exclus, n’existe que par l’addition de ses courants musicaux. Paraphrasant le poète portugais Fernando Pessoa qui disait “ Ma langue, ma patrie ”, on peut dire du Brésil “ Ma musique, ma patrie ”. Donc le passage par le documentaire musical a été pour moi le moyen de me réapproprier tous ces Brésils. Par ailleurs, on retrouve dans la musique ce que ce pays a de plus généreux, de plus proche de la “ Terra sem mal ” (terre sans malveillance), nom que donnaient les Indiens à ce qui est devenu le territoire brésilien. Je pense que la musique est l’espace où nous pouvons nous réinventer.


I
l est cependant difficile - et cela demanderait des moyens et un effort considérables, ce qui dépasserait le cadre de notre propos - de vous faire connaître tous les rythmes et tous les styles de musiques de ce pays. Cependant, nous allons essayer de vous brosser un tableau qui couvrira, nous l'espérons, les facettes les plus importantes de cette musique.

  
Lenine     

 

« Lenine prend le monde, le jette dans un chaudron, remue le bouillon et avale le tout » (Lena Frias, Jornal do Brasil). La bouillonnante musique de Lénine ne peut laisser insensible.

Dans les années 80, le public brésilien voit débarquer sur scène ce jeune homme un peu fou aux cheveux en bataille, équipé de grosses caisses et mêlant les sonorités électriques incendiaires du rock aux rythmes de « maracatu », typiques du Nordeste. Lenine est né à Recife, la capitale de l’Etat du Pernambuco et y a vécu toute son enfance.

Depuis vingt ans, il vit à Rio, au pays du samba auquel il s’est parfaitement intégré. Sa musique se colore d’ailleurs de ces sonorités. Connu depuis longtemps dans son pays pour ses compositions pour Gilberto Gil, Dionne Warwick ou encore Sergio Mendes, Lenine a fait ses premiers pas sur les scènes internationales il y a moins de dix ans.

En 1996, il s’associe au percussionniste Marcos Suzano pour l’album « Olho de peixe ». Il se fait ainsi remarquer en Europe, aux Etats-Unis et au Japon. En 1998, sort son premier album solo, « O Dia Em Que Faremos Contato » et découvre le public français à l’occasion d’une carte blanche offerte à Caetano Veloso par la Cité de la Musique à Paris.

L’année suivante son disque « Nao pressão » et ses concerts enflammés, l’aident à conquérir une audience européenne de plus en plus large et admirative. Il revient en 2002, avec l’album « Falange Canibale », sur lequel il invite Eumir Deodato, Ani di Franco, Régis Gizavo ou encore Doctor L. Parce qu’il entretient aujourd’hui une relation particulière avec la France , il sort en 2005, un live enregistré à la Cité de la Musique.

C’est aussi pour cette raison qu’en cette année du brésil, Gilberto Gil, ministre de la culture lui a confié la réalisation de l’hymne « Sob o mesmo ceú ». Même s’il a quitté sa ville natale, celui qui dans la lignée du mangue beat, revisite la MPB à coups de guitares électrifiées voir de sonorités hip-hop, n’oublie pourtant pas ses racines. Chaque année, quand vient l’heure du carnaval, il fait ses valises et part retrouver à Recife son bloco le « Quanta Ladeira ».

 

LENINE E VARIAS CANTORAS AO VIVO

 

  MARCELO D2 

 

 

 

NOVO VIDEO
DOR DE VERDADE DE MARCELO
  D2

 

 

 

   Marcio Faraco 

 

Après avoir vécu aux quatre coins du Brésil et amorcé difficilement une carrière d'auteur compositeur dans son pays, Marcio Faraco s'est installé en France. Il passe des années à jouer de la bossa nova dans les bars et les hôtels de la Côte d’Azur et finit par rencontrer Chico Buarque.

La légende de la MPB , enthousiasmé par ses chansons, lui présente un producteur qui lui fait enregistrer un premier album pour Universal. Sa carrière est lancée. Qu’il revisite les classiques du samba, ou compose de languides bossas, Marcio Faraco imprime toujours sa marque de fabrique, son sens inné de la mélodie, son phrasé sensuel et vaguement ironique et son jeu de guitare souple et enchanteur.

MINUANO

 


Milton Nascimento  

 

Milton Nascimento a beaucoup fait pour la reconnaissance de la culture de sa région d'origine, le Minas Gerais, mais son intérêt pour des musiques aussi diverses que le jazz, le rock et toutes les musiques latines ont fait de lui l'un des musiciens les plus influents du Brésil.

Les deux albums qu'il enregistre en 71 et 78 avec les frères Borges, Wagner Tiso, Beto Guiedes, Ronaldo Bastos, Fernando Brant et Eumir Deodato. "Clube da esquina" et "Clube da esquina vol. 2", auxquels participent de nombreux invités, tels Danilo Caymmi, Paulo Jobim, Chico Buarque, Ellis Regina montrèrent la voie à suivre à de nombreux artistes.

Aujourd’hui des artistes novateurs comme Lenine ou Marcio Farraco se réclament de ces manifestes esthétiques. Les musiciens de jazz l'adorent. Milton est un habitué des jams sessions avec Wayne Shorter. Il se lie d'amitié avec le guitariste Pat Metheny et est invité sur des disques de Manhattan Transfert ou Sarah Vaughan. Sa carrière est ponctuée de reprises des Beatles et, sur scène ou en studio, il fréquente de nombreuses stars de la pop musique : James Taylor, Jon Anderson, Peter Gabriel pour son disque Angelus, mais aussi Sting, Paul Simon et même Duran Duran.

Il a connu les honneurs de l'Ordre de Rio Branco (la décoration la plus importante au Brésil), le titre de "Chevalier des Arts et des Lettres", le Shell Prize, le Sharp Awards, il a été nommé ambassadeur du tourisme environnemental brésilien, mais ce dont il peut être le plus fier, c'est d'avoir su conjuguer popularité, exigences artistiques et conscience politique.


 

Milton Nascimento - Travessia (ao vivo)

 

 

Orquestra do Fubà   

 

 

Le Fubá a vu le jour à Paris. Il est formé de six jeunes musiciens, trois Paulistes (deux Ricardo Teperman et Herz et Fernando do Cavaco), deux Cariocas (Natallino Neto et Wander Pio) et un Parisien d’origine portugaise (José Carlos Moura). Ensemble, ils ont pour ambition de faire connaître le Forro, musique populaire du Nord Est brésilien.

Il y a 10 ans, cette musique effectuait un retour remarqué dans les universités du pays de la cachaça. Ce phénomène de mode a permis aux jeunes générations de redécouvrir cette tradition festive et populaire. Avant même que l’idée du groupe existe, chacun des musiciens voulait venir en Europe.

C’est à Paris qu’ils se sont retrouvés en 2002. « Forroleidoscope », leur premier album sort en 2004. L’idée n’est pas simplement de rendre l’ambiance des bals brésiliens mais de frotter leur tradition aux nouveaux courants musicaux comme le funk. Après une belle réussite en France, la bande de six est de retour au pays pour une série de concerts et pour l’enregistrement de leur prochain album filmé au parc Montreau de Montreuil sous Bois
.

 

AU BOUT DU MONDE

 

 Nana Vasconcelos 

 

Nana Vasconcelos est un sorcier brésilien des percussions, particulièrement habile à tirer des sons poétiques du berimbau, cet arc musical à calebasse dont il est le maître absolu. Faire la liste de toutes ses collaborations serait impossible : Jan Garbarek, Pat Metheny, Gato Barbieri, B.B. King, Jean-Luc Ponty, Don Cherry, Milton Nascimento, Trilok Gurtu, Lenine, Gilberto Gil, David Byrne, Pierre Akendengué…

Il est né à Récife en 1945, d’un père chef des Batuas de São José, le groupe ancestral du carnaval de Récife, et d’une mère prêtresse du candomblé (religion afro-brésilienne). Sa carrière musicale débute dans les années 60 aux côtés de Geraldo Azevedo au sein du Quarteo Livre.

Il passe les années soixante-dix en Europe, où il collabore avec des artistes aussi prestigieux que le saxophoniste argentin Gato Barbieri tout en s'occupant de thérapie musicale auprès de très jeunes pensionnaires d'hôpitaux psychiatriques à Paris. Durant les années qui suivirent, il aborde le monde des boîtes à rythmes, le free jazz ou l'écriture de bandes originales de films pour Susan Seidelman ou Jim Jarmusch.

Aujourd'hui, Nana Vasconcelos continue à se produire, souvent accompagné de ses deux compères Antonello Salis à l’accordéon et Peppe Consolmagno aux percussions, donnant de fascinants spectacles où son imagination et son talent transforment l'amateur le plus exigeant en enfant émerveillé.

 

 

   Tom Zé  

 

  Tom Zé est un ouvrier de la musique, un bâtisseur. Il forge dans les sons, visse, soude des souvenirs à des bruits et crée des instruments déconcertants. Perpétuel avant-gardiste, ce génial inventeur fut dans les années 60 avec Caetano Veloso, Gilberto Gil ou Gal Costa, l’un des principaux bâtisseurs du mouvement tropicaliste.

Fuyant les modes, toujours en avance sur son temps, il joue d’un instrument fait de mixer, d’aspirateur et de machines à écrire mais s’arrête quand le tropicalisme se fait banal et commercial. Ce savant fou a bien failli tomber dans l’oubli.

En 1989, il pense même à raccrocher son marteau et sa scie sauteuse (dont il joue en concert) pour partir travailler entre l’épicerie de son père et la station-service de son cousin. Ce fut sans compter sur le flair de David Byrne qui entend un de ses anciens albums et voit en lui le son de l’avenir. Le patron de « Luaka Bop » récupère les anciens enregistrements et relance sa carrière.

Un « best of » sort en 1990 et un nouvel album, « Hips of tradition » en 1992. Viennent ensuite « Com defeito de fabricaçao » puis « jogos de amar » qui comprend un deuxième CD fait des sons en pièces détachées de l’album. Pour mieux nous entraîner dans sa démarche, il nous invite à jouer avec lui à son jeu favori : la construction et la déconstruction. Bien loin d’être simplement illuminé, Tom Zé, se sert de son univers pour aborder des questions bien terre à terre. Dans des textes acides, encore aujourd’hui censurés par les radios, il attaque le patronat, le FMI et lance toutes ses révoltes. Son audace est sans limite.

 

O JEITINHO DELA

 

 


 

Cazuza 

 Dans les années 1980, un poète a conquis la scène du rock brésilien. Cazuza, de son vrai nom Agenor de Miranda Araújo Neto, naît à la fin des années 1950 et grandit avec la jeunesse dorée d’Ipanema. Il arrête la fac au bout d’un mois et vit à fond le « sex, drugs & rock’n’roll » de la fin des seventies, menant une vie de bohème dans le Baixo Leblon et faisant tourner ses parents en bourrique. Un bourgeois dévergondé, qui oblige son père à venir le chercher au poste pour détention et usage de drogues et sa mère à accepter sa bissexualité.

  Puis après quelques cours de théâtre, il se rend compte que ce qu’il aime c’est la scène, et que ce qu’il a envie de faire c’est de chanter. Son père, directeur d’une maison de disques, lui met des bâtons dans les roues par peur d’être accusé de favoritisme envers son fils, mais en 1981, le premier album de son groupe, Barão Vermelho, sort dans les bacs. De bonnes critiques, mais ce n’est pas un succès commercial. Le deuxième disque, Barão Vermelho 2, (pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?), sorti l’année suivante, connaît le même destin : succès dans la critique mais faiblesse des ventes. Puis le groupe compose la musique d’un film, ce qui profite au troisième album, premier succès commercial

  CAZUZA : O TEMPO NAO PARA

 

 

CAZUZA : BURGUESIA

 

CAZUZA : IDEOLOGIA

 

CAZUZA : HOMMAGES

 

 VIDA LOUCA VIDA

 

 




Tim Maia        

 

 

   Tim Maia est un musicien de premier ordre, celui par qui la soul américaine est arrivée au Brésil, l’initiateur du mouvement Soul Brasileiro. Tout naturellement, sa conversion nouvelle envahit sa musique et les chansons de ‘Racional Vol. 1’ et ‘Racional Vol. 2’ qui sortent en 74 et 75 sur son propre label, Seroma sont truffées de références à la doctrine de la secte tandis que les pochettes s’ornent des illustrations simplistes de ‘Universo em desencanto’.

  

   

 





Tim Maia, considéré comme le père de la soul brésilienne, a commencé comme batteur vers la fin des années 50 dans le rock. C’est aux Etats Unis lors d’un long séjour qu’il est entré en contact et s’est senti très proche de la soul music. Au début des 70’s il connaît énormément de succès au Brésil, avec son style et sa musique, un mélange de pop, soul et forro, très dansante. Ses compositions, ses arrangements et surtout sa puissante voix plaisaient beaucoup, et ses morceaux sont alors enregistrés par toutes les stars de la musique populaire brésilienne, de Elis Regina jusqu’à Marisa Monte.

 

 

 

 

 

 

 

DIA DE DOMINGO

 

 

PEDE A ELA   

 

 

 


 MARISA MONTE

 

La chanteuse brésilienne Marisa Monte concocte une samba métissée de jazz, funk, blues et de bossa nova. A mis chemin entre un répertoire classique – enfant, elle rêvait d’être chanteuse d’opéra – et sonorités ultra modernes qu’elle entremêle avec élégance. Depuis son émergence à la fin des années 80, l'icône pop a toujours fait preuve d'acuité dans le choix de ses partenaires musicaux, développant durant plus d'une décennie, au fil des quatre albums studio que compte sa discographie, une collaboration avec l'avant-gardiste brasilio-new-yorkais arty, Arto Lindsay. Cette fois, Marisa Monte convie trois caïds aux arrangements ciselés : Philip Glass, Eumir Deodato et João Donato sur l'influx mélodique et sentimental d' Infinito Particular. «En dépit de leurs accents différents, je voulais qu'il se crée une unité. Je leur ai donc demandé de travailler autour de l'instrumentation de base, c'est-à-dire basson, violoncelle, violon et trompette», précise-t-elle Soin et finesse portés à cette orchestration fortifiée par les guitares acoustiques, la sienne et celles de sa fidèle garde de cordes rapprochée, l'inséparable Dadi (ex-Novos Baïanos) et Pedro Baby, qui fait aussi merveille sur scène.

O bonde de Dom

 

 

 

       Segue o seco

 

 

O que me importa

 

  

 

  

 Néanmoins ne dites plus : « J'aime - ou je déteste - La musique brésilienne ». C'est en effet un non-sens, car les musiques du Brésil sont d'une grande variété. Chaque région, chaque ville, chaque époque possède ses genres, styles et artistes originaux. 

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Published by bruno magniez - dans brunomagniez
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