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Chronique du cinéma brésilien
Le Brésil est jeune, son identité n’est pas encore cristallisée, c’est un pays en mouvement, où ce que l’on voit aujourd’hui est très dissemblable de ce que l’on a vu hier. Ce n’est pas par hasard qu’au fil de son histoire, la cinématographie brésilienne a produit des chefs-d’œuvre comme Vidas Secas (Vies sèches) de Nelson Pereira dos Santos, récit du voyage d’une famille de paysans fuyant la sécheresse, ou Bye Bye Brasil de Carlos Diegues, là encore un parcours à travers le pays. Ces films perpétuent une tradition née avec les premiers cinéastes documentaristes brésiliens qui, dans les années dix, ont en quelque sorte cartographié le pays. Aujourd’hui encore, ce cinéma de la route nous permet de comprendre le Brésil…
Parallèlement à ce cinéma qui cherche à comprendre le Brésil, il y a un nouveau cinéma aujourd’hui, proche du documentaire même s’il s’agit de fiction et qui, lui, montre le Brésil. Je pense à des films comme Cidade de Deus (Cité de Dieu)…
C’est un cinéma qui parle d’une manière directe de la faillite du Brésil, du point extrême de collision sociale où nous sommes arrivés. La violence est telle que ce que l’on voit dans les rues, dans les journaux télévisés, dépasse le cadre d’une fiction cinématographique. La réalité devient trop difficile à montrer à travers la fiction. Ce qui explique l’essor du documentaire brésilien actuellement. Depuis le début des années 2000, Onibus 74, O Prisioneiro da grade de ferro ou encore O Rap do pequeno principe contra as almas sebosas, Favela Rising, cherchent tous à cerner cette société en transe.
Cela pose la question de ce que doit être le cinéma brésilien aujourd’hui.
À la fin des années quatre-vingt, Fernando Collor, premier président élu après vingt ans de dictature militaire, a supprimé Embrafilm, la société de production nationale. Cela a porté un coup fatal au cinéma brésilien…
Pour continuer à travailler, réalisateurs et acteurs ont dû se rabattre sur la télévision. De même, les spectateurs n’ont plus eu pour “ nourriture filmique ” que ce que lui proposait le petit écran. Aujourd’hui, le cinéma brésilien renaît de ses cendres.
Voici le film culte Tropa de elite en VOST. Contre point à la Cité de dieu. Si vous avez aimé ce dernier, vous
allez adorer. Guerre des favelas vue sous l'angle d'un Capitao du BOPE, force spéciale de police militaire de Rio de Janeiro. Le film est une fiction survoltée sur la guerre entre la police
brésilienne et les trafiquants de drogue. Le réalisateur y dénonce la corruption dans la police traditionnelle, peu entraînée, mal payée et moins équipée que les voyous surarmés des favelas avec
qui elle préfère négocier.
En effet, grâce à Central do Brasil, j’ai pu trouver des coproductions avec l’Europe. Aujourd’hui, j’essaie d’élargir cette possibilité et de partager avec d’autres réalisateurs
qui sont dans la situation où je me trouvais moi-même il y a huit ans. J’ai avec mon frère, qui est documentariste, une compagnie de production et nous aidons des réalisateurs à faire leur
premier long métrage. C’est le cas pour Karim Ailouz , dont nous avons produit Madame Sata qui était à Cannes en 2001, ou plus récemment de Cidade Baixa, de Sérgio Machado qui a
été mon premier assistant pendant quatre ans. Nous aidons aussi de jeunes documentaristes et des moins jeunes, comme Eduardo Coutinho. Mais sans l’appui des coproducteurs européens, on ne
pourrait pas faire tout cela.
Le cinéma brésilien reste un espace de redéfinition constante du Brésil. Ainsi, le film, Carnets de voyage, semble s’éloigner d’une thématique brésiliano-brésilienne et de la quête identitaire.
Carnets de voyage est né du besoin de fouiner dans nos racines communes. Central do Brasil, l’histoire d’un garçon à la recherche d’un père hypothétique, est pour moi l’histoire de la recherche d’un pays qui se redéfinit après la période Collor. En portugais, les mots père (pai) et pays (pais) sont très proches. Cette quête personnelle du père se confond avec une quête plus ample des racines brésiliennes, d’où le titre du film, Central do Brasil (centre du Brésil). Carnets de voyage mène plus loin la recherche. D’une part, deux jeunes gens, Ernesto Guevara et Alberto Granados, partent à la découverte d’un continent auquel ils appartenaient, mais qu’ils méconnaissaient, et ils portent un désir de vérité, de croire que le possible est possible.
Le cinéma brésilien : Des questionnements divers sur ce pays-continent ?
Central do Brasil
| Favela Rising : | ||||
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Sortie(s) : 2005 (France) |
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| Titre original: Favela Rising | ||||
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Genre: Documentaire |
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Hanté par l'assassinat de sa famille et de ses amis, Anderson Sá, un petit dealer, se transforme en charismatique leader d'une révolution sociale dans le bidonville le plus
dangereux de Rio de Janeiro : Vigário Geral. A travers la musique Hip-Hop et les danses AfroReggae, il rallie la jeunesse des Favelas pour contrer l'oppression des barons de la drogue
soutenus par une police corrompue. |