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  • : Blog pour tous les passionnés du Brésil : actualités économiques, sociales et politiques.
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  • bruno magniez

CV

Bruno MAGNIEZ

 
Email : bmagniez@netcourrier.com

 

Docteur en Sciences Economiques

 

Thèse de doctorat Université de Picardie Jules Verne (octobre 2001) :

-          « La place du secteur informel dans l’économie brésilienne : une étude centrée sur le commerce de rue à João Pessoa »
- Thèse sous la direction de B.Lautier, Professeur Université de Paris-I, Panthéon-Sorbonne. Mention très honorable.

-          Jury de thèse : Philippe Hugon, Jaime Marques Pereira, Christian Azais, Bruno Lautier, Christian Palloix


 

Professeur de Sciences Economiques et Sociales


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27 décembre 2008 6 27 /12 /décembre /2008 14:34

POURQUOI LE BRESIL ?

 Après un DEA en Economie Internationale, j'ai décidé de poursuivre mes études universitaires en m'inscrivant en thèse. Cette thèse avait pour objet de présenter et d'analyser le secteur informel et plus précisément la place du commerce de rue au Brésil comme une dynamique locale de développement et un système d'emploi local. Une ville moyenne du Nord-Est brésilien, Joao Pessoa, capitale de l'Etat de la Paraiba, allait me conduire à un travail de très longue haleine et devenir alors mon terrain privilégié d'investigations lors de différentes missions menées au cours des années 1990 !



 O BRASIL DO MEU CORACAO 

 

  • Il est temps de penser au Brésil autrement que pour son football, la samba ou Copacabana. Cinquième pays au monde par sa taille et sa population, le Brésil est aujourd’hui en lutte avec les Etats-Unis pour la place de premier exportateur agricole mondial. C’est aussi l’une des dix premières puissances industrielles de la planète. Le "président des pauvres" a appliqué une politique libérale et s'est imposé comme l'un des leaders des pays émergents. Le charisme de Lula le désigne comme l'un des chefs de file du monde en développement, pour lequel il a réclamait un impôt international contre la faim.
     

     

    FRANCA_BRASIL

    A RIO DE JANEIRO LANCEMENT DE L'ANNEE DE LA FRANCE AU BRESIL


    Après la réussite de l’année du Brésil en France, nous allons célébrer l’année de la France au Brésil. Ce sera en 2009 !


    En 2005, la France avait accueilli une "Année du Brésil", couronnée d'un grand succès. Quatre ans plus tard, le Brésil lui rend la pareille. Quelque 700 projets franco-brésiliens ont été approuvés. Au-delà de leur viabilité financière, assurée par les institutions et par le parrainage de dizaines d'entreprises, ils ont été choisis en fonction de trois critères : la diversité des genres, la décentralisation et une divulgation maximale.

    "Plus de 80 villes sont concernées d'un bout à l'autre du pays, souligne le commissaire brésilien, Danilo Santos de Miranda. On touchera un très large public. Nous souhaitons aussi que ces événements aient un effet d'entraînement et laissent une trace durable, au-delà de 2009." La commissaire française, Anne Louyot, se réjouit que, dans l'immense Brésil, les 26 Etats fédérés et les municipalités aient pris eux-mêmes l'initiative de proposer des projets. Le président du commissariat français, Yves Saint-Geours, résume l'objectif poursuivi : "Nous voulons montrer aux Brésiliens la France d'aujourd'hui, une France moderne, ouverte et multiculturelle."


    Il y en aura donc pour tous les goûts. La peinture, avec des expositions de
    Fernand Léger, Henri Matisse ou Marc Chagall. La photographie, avec des oeuvres de Robert Doisneau, Sophie Calle et Pierre Verger. Le lyrique, avec six opéras au théâtre Amazonas, à Manaus. Le théâtre, avec une pièce de Bernard-Marie Koltès. Le cinéma, avec un festival du muet. La mode, avec des collections de Christian Lacroix, Thierry Mugler et Yves Saint Laurent. La littérature et l'édition, avec des foires du livre et une exposition sur la langue française. Sans oublier la coopération universitaire, une centaine de colloques et de débats, l'architecture, la musique classique, le jazz, le cirque et les arts de la rue.


    La saison "França.br 2009" s'ouvrira le 21 avril à
    Ouro Preto (Etat de Minas Gerais) et à Rio de Janeiro, avec un spectacle pyrotechnique sur la lagune. Elle s'achèvera le 15 novembre 2009 à Sao Paulo. Le 7 septembre, M. Sarkozy assistera à la célébration de la fête de l'indépendance du Brésil. Le lendemain, des festivités auront lieu dans une localité symbolique : Sao Luis, capitale de l'Etat du Maranhao, et seule ville brésilienne fondée par des Français, en 1612.




    Fórum Social Mundial

    du 27 janvier au 1er
    février 2009
    Belém - Pará - Brasil




    Le prochain Forum Social Mondial se tiendra à Belém, au Brésil, du 27 janvier au 1 er février 2009. L'occasion de réfléchir aux défis auxquels est confrontée la solidarité internationale.



    L’Amazonie est le territoire-acteur du Forum Social Mondial 2009

    Du 27 janvier au 1er février, la ville de Belém cesse d'être la capitale du Pará pour devenir le cœur de la Pan-Amazonie

    La Pan-Amazonie sera le territoire de la 8ème édition du Forum Social Mondial. Pendant six jours, Belém, la capitale du Para, au Brésil, deviendra le centre de l'ensemble de la région pour accueillir le plus grand événement altermondialiste. Des militants provenant de plus de 150 pays, engagés dans un processus permanent de mobilisation, de coordination et de recherche d'alternatives pour un autre monde possible, libre des politiques néolibérales et de toutes formes d'impérialisme, s’y retrouveront.


    Composée de la Bolivie, du Brésil, de la Colombie, de l’Équateur, de la Guyane, du Pérou, du Surinam et du Venezuela, et de la Guyane française, la Pan-Amazonie est connue pour la richesse de sa biodiversité et la force et la tradition de la population et de ses organisations qui construisent un mouvement de résistance dans la perspective d'un autre modèle de développement.


    Lors d'une réunion du Conseil International (CI) du FSM, qui a eu lieu du 30 Mars au 3 avril, à Abuja, au Nigéria (Afrique), il a été décidé de réaliser le FSM 2009 Amazonie du 27 Janvier au 1 Février 2009 dans la ville de Belém, Para, au Brésil, l'un des pays qui composent la Pan Amazonie. Outre de fixer la date et l'architecture du Forum, le CI a décidé que le territoire du FSM 2009 serait composé de l'Université de Pará (UFPA) et de l'Université fédérale rurale de l'Amazonie (UFRA).


    Beaucoup plus qu'un territoire d’accueil du FSM, l'Amazonie, représentée par ses peuples, ses mouvements sociaux et organismes, sera l'actrice principale dans le processus et aura la possibilité de faire connaître ses luttes dans le monde entier et de nouer des alliances mondiales et continentales.


    Le choix de la Pan-Amazonie


    Le Conseil International du FSM, composé de quelques 130 entités, a choisi la Pan Amazonie pour accueillir le FSM 2009 en reconnaissance du rôle stratégique que la région a pour l'humanité tout entière. La région est l'une des dernières zones de la planète encore relativement préservée, au cœur d’une zone géographique d'une valeur inestimable pour sa biodiversité. Elle comprend également un ensemble vaste et varié de mouvements sociaux, de syndicats, d’associations, de coopératives et d’organismes de la société civile, articulés dans des réseaux et des forums, luttant pour une Amazonie durable, solidaire et démocratique.


    Le FSM 2009 sera guidé par trois orientations stratégiques:

    • être un espace où se forgeront des alliances qui renforceront les propositions d'actions et la formulation d’alternatives;
    • être composé d’activités autogérées ;
    • avoir un clair accent pan-amazonien.

    Cet effort et la demande de la Pan Amazonie ont été reconnus et adoptés par le CI. Le résultat sera l'une des grandes nouveautés de la 8ième édition du FSM, une journée complète consacrée au thème pan amazonien : la Journée de la Pan Amazonie. Cette journée sera marquée par la 5e édition du Forum Social Pan Amazonien (FSPA) et réunira des témoignages, des présentations, des conférences, des débats, des marches et des alliances entre les peuples de la Pan-Amazonie et ceux du monde entier.

    http://www.forumsocialmundial.org.br/


    Crise : pourquoi le Brésil est-il épargné ?

    Crise financière, boursière, chute de la production, chômage en hausse, fin du crédit… Les analyses les plus optimistes ne prévoient pas de sortie de crise avant longtemps. Et pourtant, le Brésil est serein. 


    Les exportations du Brésil sont diversifiées, à l’image d’Embraer*, 3ème compagnie aéronautique mondiale, qui exporte les avions brésiliens dans le monde entiers, à des compagnies telles que US Airways, KLM, Lufthansa ou Japan-
    Air – photo Antônio Milena/ABr


    Bien sûr, l’économie brésilienne est touchée elle aussi : la Bovespa a accompagné la chute des bourses mondiales, la croissance recule, les exportations s’effondrent… Cependant, l’économie nationale résiste bien mieux que les autres, et les spécialistes s’accordent sur le fait que le Brésil est l’un des pays les mieux placés pour faire face à la crise. Il sera peut-être l’un des grands moteurs économique mondial des prochaines décennies.

    Le principale force du Brésil est son marché intérieur en forte croissance. Le pays a amorcé une spirale vertueuse qui fait la force de son économie. La hausse du pouvoir d’achat a permis une formidable croissance du marché intérieur, qui à son tour a offert aux entreprises nationales des débouchés leur permettant de croître rapidement, d’embaucher et d’augmenter les salaires. Dans le même temps, les entreprises soutenues par ce marché intérieur et la stabilité économique et politique du pays ont développé leur internationalisation et leurs exportations. Aujourd’hui, les exportations sont diversifiées, tant par la nature des produits que par les pays destinataires, ce qui rend le Brésil moins dépendant d’un secteur ou d’une zone spécifique.
    Les réserves de change accumulées ces dernières années dépassent les 200 milliards de dollars et permettent de maintenir le cours du réais pour soutenir la balance commerciale.

    Le Brésil, en phase de devenir l’une des grandes puissances économiques mondiale grâce à la crise ?

    L’autre force du Brésil réside dans la santé de ses banques, dont Lepetitjorunal annonçait encore il y a quelques mois les bénéfices record.
      Ces derniers jours, 3 des plus grosses banques brésiliennes ont annoncé leurs résultats trimestriels, tous positifs : bénéfice de 1,9 milliards de réais pour Bradesco, 1,8 milliards de réais pour Itaú et 704 millions pour Unibanco. Dans le même temps, les banques nationales rachètent les portefeuilles des concurrentes et présentent un volume d’actifs en forte hausse. Si les banques se sortent aussi bien de la crise, c’est aussi parce qu’elles évitent les secteurs et types de prêts les plus risqués, et elle ne sont principalement impactées qu’à travers les prêts concédés aux banques étrangères.

    Outre ces éléments, les principaux indicateurs économiques sont restés au beau fixe depuis le début de l’année : taux d’investissement en hausse de 16% ; rentabilité des entreprises nationales supérieure à 10%, avec plus de 69 milliards de réais de bénéfice réalisé par les 340 plus grosses au 1er semestre, inflation maintenue au dessous de 6%, taux de chômage inférieur à 8%, croissance générale de l’économie supérieure à 6%…
    Enfin, le Brésil reste l’un des principaux territoires producteurs et exportateurs de matières premières, dont la plupart des pays sont dépendants, ce qui assure un minimum de demande extérieure pour maintenir les exportations.

    Ces atouts devraient permettre au Brésil de mieux résister à la crise que les autres et pourraient en faire l’une des futures grandes puissances économiques de l’après-crise. Ce n’est certainement pas pour rien si la maison blanche a fait appel au G20, présidé par le Brésil, pour chercher des solutions à la crise.



    Ascension sociale à tous les étages !

    20 millions de Brésiliens sont sortis de la pauvreté ces 2 dernières années et la moitié de la population du pays appartient maintenant à la classe moyenne(2). Aujourd’hui au Brésil, toutes les catégories sociales profitent du dynamisme de l’économie

    Chaque jour, le Brésil compte 164 millionnaires de plus (1) !
    © Laurent Guerinaud Photography

    Depuis quelques mois, tous les médias en parlent : la classe moyenne est devenue majoritaire au Brésil. La classe C(2) regroupe en effet maintenant 50% de la population(3). Les classes les plus pauvres (D et E) ne représentent plus que 39%, contre 51% en 2005. En fait, l’ensemble des catégories sociales ont vu leur situation s’améliorer : le salaire moyen est passé de 1.784 réais en 2002, à 1.956 en 2008, soit l’équivalent de 2.500 euros en parité de pouvoir d’achat(4).
    La pauvreté a incontestablement régressé, le pourcentage de personnes vivant sous le seuil de pauvreté(5) étant passé de 37 à 25 en 2 ans. A titre de comparaison, il était de 12% en France en 2005.
    Ainsi, les inégalités se réduisent : l’indice de Gini(6) qui mesure les inégalités sur une échelle de 0 à 1 est passé de 0,62 en 2002 à 0,56 en avril 2008. Ce chiffre reste élevé (il est de 0,27 en France, qui est parmi les pays les plus égalitaires) mais la tendance est initiée et les inégalités se réduisent de plus en plus rapidement.
    Mais la ‘‘lutte contre les inégalités’’ ne fait pas partie de la culture brésilienne. Les Brésiliens, même les plus pauvres, ne font preuve d’aucune amertume envers les plus riches, qu’ils félicitent au contraire pour leur succès, d’autant plus que pour beaucoup c’est le résultat mérité d’un travail acharné. La réduction des inégalités est avant tout un processus d’enrichissement des plus pauvres et non un ‘‘nivellement par le bas’’ comme dans beaucoup de pays occidentaux où la croissance ralentie ne permet plus d’améliorer la situation de certaines catégories qu’en détériorant celle des autres.

    La probabilité de devenir millionnaire est supérieure de 22% à celle d’être assassiné
    Après avoir créée une ‘‘formule miracle’’ en mélangeant divers produits pour en finir avec ses cheveux crépus, Heloísa Assis, 43 ans, ancienne femme de ménage carioca, est aujourd’hui millionnaire, à la tête d’un salon de coiffure qui emploie 100 personnes. Thai Quang Nghia, 50 ans, immigré vietnamien, à la tête de Goóc, une entreprise qui fabrique des tongues à partir de pneus recyclés et réalise un chiffre d’affaire de 50 millions de réais (20 millions d’euros) par ans, a suivi le même chemin…
    Ces exemples ne sont pas rares au Brésil : 60.000 personnes ont accumulé leur premier million de dollars en 2007. Aujourd’hui, 1 brésilien sur 1.000 est millionnaire !
    Des initiatives telles que
    l’Instituto Empreendor Endeavor se sont mises en place pour aider les potentiels entrepreneurs à transformer une idée en une multinationale prospère. Les ressources financières sont disponibles dans le pays et permettent aux créateurs d’entreprises de se financer, que ce soit par le crédit ou l’émission d’actions. En 2007, par exemple, 55,5 milliards de réais (23 milliards d’euros) ont été levés en bourse, soit 2.820% de plus qu’en 1995 ! Le volume de financement d’entreprises à crédit a augmenté de 338% sur la même période…
    Toutes ces données montrent que le Brésil est aujourd’hui dans un cercle vertueux de création de richesse, dont tout le monde profite. Les entreprises croissent, embauchent et versent de meilleurs salaires. Plus riches, les Brésiliens dépensent plus et favorisent à leur tour la croissance des entreprises nationales. La boucle est bouclée et la crise mondiale actuelle ne semble pas avoir atteint ce cercle vertueux.
    Laurent GUERINAUD. (
    www.lepetitjournal.com - São Paulo) mercredi 3 septembre 2008
    Sources : Insee, Ipea, CPS, IBRE, IBGE, Estado SP et Veja

    (1) Sont comptabilisées comme millionnaires les personnes possédant au moins 1 million de dollars en actifs financiers. Les valeurs des éventuels biens immobiliers (maisons, appartements, terrains usines ou fermes) ne sont pas incluses dans le calcul.

    (2) Classe E : revenus nets mensuels inférieurs à R$ 572 (215 € / 730 € en PPA(4))
    D : entre R$ 572 et 1.134 (426 € / 1.450 € PPA)
    C : entre R$ 1.135 et 2.860 (1.075 € / 3.650 € PPA)
    B : entre R$ 2.861 et 5.721 (2.150 € / 7.300 € PPA)
    A : plus de R$ 5.721

    (3) Les données sont différentes selon les sources, mais sont toujours proches de 50%.

    (4) Les comparaisons en parité de pouvoir d’achat (PPA) permettent de tenir compte du coût de la vie. Le calcul est réalisé sur la base des indices de PPA du FMI pour 2007 en France et au Brésil. Pour faire simple, X réais dépensés au Brésil correspondent à Y euros dépensés en France en PPA.

    (5) Le calcul du seuil de pauvreté est très discuté car il est difficile de fixer la limite et encore plus de faire des comparaisons dans car le coût de la vie est très différent selon les pays.
    Au Brésil, la valeur retenue correspond à un revenu inférieur à la moitié du salaire minimum, soit R$ 207,50 (83 € / 265 € PPA).
    En France, la valeur retenue est la 50% du salaire médian, soit 680 €.
    Ces deux types de mesure reflètent plus l’inégalité que la pauvreté du fait que, par exemple, une augmentation du salaire minimum entraine une augmentation du seuil de pauvreté… Certains organismes fixent la limite à 1$ par jour mais on ne dispose pas de chiffres récents pour le Brésil. De plus, cette mesure ne tient pas compte des différences du coût de la vie entre les pays.

    (6) Définition de l’indice de Gini par l’Insee : L'indice (ou coefficient) de Gini est un indicateur synthétique d'inégalités de salaires (de revenus, de niveaux de vie...). […] Entre 0 et 1, l'inégalité est d'autant plus forte que l'indice de Gini est élevé.
    Sont calcul est relativement compliqué, il est détaillé ici.

    Et vous trouverez sur ce site, l’indice de la plupart des pays en 2007.


    30 millions ... de salariés !

    Selon les données annoncées par le Ministère du Travail publiées aujourd'hui, le nombre d'emploi formel a dépassé pour la première fois la barre des 30 millions.

    En 2004, il y avait 24,8 millions de salariés dans des emplois formels. Du mois de janvier au mois de mai de cette année, pas moins de 1,05 millions d'emplois ont été crées.

    Dans le détail, les services représentent la plus grande part avec 365 000 postes, 265 000 dans le secteur manufacturier, 160 000 dans la construction et 83 000 dans le commerce.

    La prévision du gouvernement et 1,8 millions d'emplois pour 2008 - un record historique.

    Alain Rouquié, Le Brésil au XXIe siècle, éd. Fayard

     

    Naissance d’un nouveau grand



    Pourquoi et comment un ouvrier-tourneur, fils de paysans misérables du Nordeste, a-t-il pu parvenir au sommet de l’Etat au Brésil, ce pays champion du monde des inégalités sociales, où le travail manuel est encore marqué des stigmates de plus de trois siècles d’esclavage ? Lula élu président de la République, ce n’est ni un détail anecdotique, ni un hasard sans lendemain. L’élection emblématique du premier président brésilien du XXIe siècle reflète et symbolise la prodigieuse mutation qu’a connue le Brésil ces dernières décennies, et à laquelle la politique n’a pas échappé. C’est cette mutation profonde, qui permet au Brésil d’aujourd’hui de jouer un rôle de premier plan sur la scène internationale, que ce livre veut éclairer en explorant les rapports entre pouvoir et société au "pays de Lula".


    Alain Rouquié
    envoyé par Alexandre de Nunez


    Cette étude, née d’une longue familiarité de l’auteur avec le géant sud-américain, s’attache à comprendre le Brésil à travers ses singularités présentes et ses paradoxes passés. Le poids de la géographie dans la pérennité des structures représentatives, ou le rôle de l’Etat dans le lente constitution de la citoyenneté sont ainsi révélés. Alain Rouquié nous donne les clés de compréhension d’un autre Brésil, loin des clichés et des images convenues : grande démocratie métissée, créatrice d’une civilisation industrielle sous les tropiques, elle est l’une des trois grandes puissances émergentes de la planète.

    Directeur de recherche émérite à la Fondation nationale des sciences politiques, Alain Rouquié est spécialiste de l’Amérique latine contemporaine. on lui doit notamment L’Etat militaire en Amérique latine (1982), Amérique latine : introduction à l’Extrême-Occident (1987), Guerres et paix en Amérique centrale (1992). Ambassadeur de France au Brésil de 2000 à 2003, il est aujourd’hui président de la Maison de l’Amerique latine.





     L'alternance politique au Brésil et l'accession au pouvoir de Lula

         Avec à sa tête un ex-métallo, le charismatique Lula, le Brésil tente de réduire les inégalités sur son sol tout en imposant une voix différente dans le concert des nations. Il se pose ouvertement en champion des pays de l’hémisphère Sud. Le Brésil en est le premier géant.  Le Brésil est enfin entré dans une phase décisive de son histoire. Personnage hors norme, l'ancien vendeur de cacahuètes et cireur de chaussures est sans doute l'un des politiciens les plus étonnants de la scène mondiale. Né dans la misère du Nordeste, devenu successivement leader syndical (des métallurgistes), fondateur du Parti des Travailleurs (PT), puis président de la République, il symbolise le profond renouvellement de la classe politique.


    L'accession progressive de Lula sur la scène politique brésilienne

                       .

     

      
    Le parti des travailleurs, arrivé à la tête de l'Etat, a fait sa mue idéologique. S'il séduiséduisait déjà les classes moyennes, il a également su attirer les plus pauvres et une partie du milieu des affaires. Ainsi, "un fils du peuple" à la tête du Brésil, après un trés long parcours semait d'embuches. Candidat pour la quatrième fois à l'élection présidentielle, améliorant à chaque fois son score de premier tour (17,2 % des voix en 1989, 27 % en 1994, 31,7 % en 1998 et 46,2 % en 2002), Lula a été finalement élu au second tour en octobre 2002 avec plus de 61 % des voix. Pour la première fois en 150 ans, les pauvres seront représentés au pouvoir !

     


     

      Bilan Lula 1: l'équipe de Lula est loin d'avoir tenu toutes ses promesses.

    Malgré tout, lors de ses trois premières années au pouvoir des avancées significatives ont été réalisées ! 

    L'élection de Luiz Inácio Lula da Silva à la présidence de la République fédérative du Brésil, le 27 octobre 2002, a  suscité de grands espoirs, tant à l'étranger que dans son propre pays. La presse française, généralement discrète sur le Brésil, a consacré de nombreux articles à l'élection et au processus de transmission de pouvoirs entre le président Fernando Henrique Cardoso et Lula. L'arrivée au gouvernement du Parti des travailleurs (PT) et de son chef historique, souvent interprétée à partir du retentissement du Forum social mondial de Porto-Alegre, paraissait rendre possible une politique franchement progressiste dans un contexte démocratique, et enthousiasmait les partis de gauche. Quant aux partis de droite et aux hommes d'affaire, dès lors que la période de transition entre l'élection et la prise de fonction avait écarté tout risque d'aventurisme économique, ils manifestaient leur intérêt pour une expérience pouvant atténuer les graves problème sociaux qui retardent le développement du pays.

    L' expérience Lula a pris les derniers mois de son premier mandat un tour assez sombre. Les principaux éléments ont été étalés dans la presse internationale : on a appris d'abord que le Parti des travailleurs (PT), dont est issu Lula, avait monnayé le soutien de certains députés grâce à une caisse noire, localisée à l'étranger; puis que la campagne présidentielle de 2002 avait aussi été financée de cette manière. La plus grande partie de la direction du parti a dû démissionner, ainsi que certains proches collaborateurs du Président. Cette crise politique recouvre-t-elle un échec plus général, remettant en question la stratégie réformiste suivie depuis 2003 ? Pas vraiment, même si les résultats n'ont pas été à la hauteur des immenses espoirs soulevés en 2002.

    Les difficultés rencontrées pour mettre en oeuvre les politiques sociales nouvelles ont été importantes. Les programmes lancés au début de 2003, comme par exemple "Fome zéro" (Faim zéro) ont été très long à se mettre en place. Ce programme fut remplacé par celui de "Bolsa Familia" (bourse familiale) qui réunit les principaux soutiens aux plus pauvres et qui couvre désormais 68 % des ménages qui peuvent y prétendre. Ainsi, l'ensemble des 37 millions d'écoliers et collégiens bénificient dorénavant d'un programme d'alimentation, ce qui devrait limiter le travail des enfants. Ces différents programmes sociaux, relatifs par exemple à la santé ou à l'éducation, ont permis de constituer toutes les bases de données individuelles au niveau fédéral, étatique ou municipal pour pouvoir coordonner au mieux ces différentes politiques sociales.

    Après dix-huit mois de gouvernement, les commentaires venus de l'étranger ont été plus partagés et, au Brésil même, les déçus du « lulisme » rappellent ceux du socialisme de la France des années 1980. Certes le président brésilien a su maintenir, à l'extérieur comme à l'intérieur du pays, une popularité à laquelle son origine ouvrière et son style très personnel ne sont pas étrangers. Mais, après une première année jugée positive car elle a contribué à maintenir les équilibres économiques fondamentaux, les premiers mois de 2004 ont suscité davantage de doutes sur la capacité d'un gouvernement, piégé dans les méandres habituels de la politique brésilienne, à susciter la croissance et diminuer les inégalités. Par ailleurs, il est impossible de parler du Brésil sans prendre en compte ses caractéristiques géographiques. Dans un pays de 186 millions d'habitants et de dimension continentale, les inégalités régionales se superposent aux inégalités sociales.

    La richesse est très largement concentrée dans les sept Etats des régions Sud et Sud-Est, avec une domination incontestée de l'Etat de São Paulo et de sa capitale. Si un début de développement industriel est observable dans les grands Etats de la région Nord-Est (Bahia et Pernambouco), celle-ci reste encore très en retard en matière de développement économique et social. Peu peuplés, les Etats de la région Ouest connaissent pour leur part un développement économique rapide, lié notamment à l'agriculture, tandis que ceux de la région Nord cumulent les handicaps. Contrairement à l'Amérique hispanophone, l'ancienne colonie portugaise a su conserver son unité politique, et son territoire s'est progressivement unifié économiquement. Mais l'hétérogénéité reste grande, régulée par des marchandages politiques au profit des Etats du Nord et du Nord-Est.

    En effet, les obstacles au développement du Brésil sont généralement imputés à ses caractéristiques économiques (manque d'investissements d'infrastructure, endettement excessif...) ou sociales (faible niveau d'éducation de la majorité de la population, indices record d'inégalités...). La thèse qui sous-tend notre propos est que les obstacles majeurs sont d'abord de nature politique, et que tout nouveau gouvernement, pour agir efficacement, doit avant tout affronter, contourner et, si possible, réformer un système politique inadapté, qu'il s'agisse des partis, du parlement, de l'administration, de la justice, etc.

     

     


      Chronique d'une réélection annoncée : "Lula, comme Pelé, est un mythe vivant"

    Pourtant déjà un sentiment de déception s'est fait jour dans les milieux de gauche, au sein du PT, mais le Brésil est tellement complexe et les inégalités héritées de l'histoire y sont si grandes, en référence à l'IDH, que l'on ne peut pas transformer ce pays-continent en un laps de temps aussi court qu'un premier mandat, mais le petit peuple est impatient, à juste titre !

    Rappelons aux impatients de tout bord, que le PT, fondé il y a un peu plus de 25 ans, n'a jamais été un parti seulement idéologique, c'est aussi un assemblage hétérogène composé d'ouvriers, de paysans, "d'intellos", de militants alter-mondialistes et des droits de l'homme .... aux aspirations diverses, c'est ce qui fait sa richesse, mais parfois contradictoires. Pour l'instant, et depuis, le second mandat commencé en janvier 2007, c'est plutôt la "realpolitik" qui semble prévaloir, redressement de l'économie salué par le FMI, politique d'orthodoxie budgétaire impopulaire et frotement critiqué par les partisans de Lula eux-mêmes ! Soyons cependant positif, "la croissance est là", mais le vrai défi consiste à se rapprocher des taux de croissance des pays concurrents, Chine et Inde, et de la faire durer pendant plusieurs années de suite.

    Clip de campagne électorale pour le second tour de l'élection présidentielle au Brésil promouvant la réelection de Lula

     

     


     

     Le président Lula conforté par une large victoire le 29 octobre 2006

    Porté par Bolsa Familia, lâché par les couches moyennes, lula a été électoralement "victime" du PT et des affaires lors du premier tour. Mais avec près de 61 % des voix, l'éclatante victoire de Lula au second tour a finalement sans doute plus de poids que s'il l'avait emporté de justesse au premier tour. Lula a alors attribué sa victoire à la "sagesse" du peuple. "Le Brésil n'est pas à moi : je ne suis qu'un Brésilien. La victoire n'appartient ni à Lula, ni au PT, mais au peuple brésilien." Avec ferveur, il a alors expliqué que ce second mandat l'obligeait "à plus de responsabilités" et promis de gouverner pour "tous les brésiliens", même si les pauvres auront la préférence. S'il existe une troisième voie en politique, entre gauche et droite, Lula l'a trouvée avec cette formule alliant des mesures économiques néolibérales à une politique sociale qui vise à réduire la pauvreté.

    Pour cela, lors de son deuxième mandat, Lula veut relancer la croissance du Brésil en présentant un "plan d'accélération" qui devrait générer une croissance de 5 % par an entre 2008 et 2010, contre 2,6 % entre 2003 et 2006. Le gouvernement a prévu plus de 500 milliards de reais seront investis dans les infrastructures du pays, l'énergie, les transports et le logement, tout en mobilisant le secteur privé pour mettre en oeuvre un développement plus soutenu et durable.

     


      Il serait néanmoins prématuré de vouloir dresser un bilan de l'action du gouvernement Lula, dix-huit mois seulement après son entrée en fonction.


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    Le Brésil : autres clés pour comprendre

Le Brésil est à la fois le cinquième pays au monde par sa taille et sa population, l’une des dix premières puissances industrielles et surtout – ce qu’on ignore trop souvent – le deuxième exportateur agricole, juste derrière les Etats-Unis. Il faut en finir avec les clichés habituels – carnaval, football, samba, etc. – le Brésil est un acteur de taille sur la scène internationale.

En effet, ces clichés sont déjà un peu tombés avec l’arrivée au pouvoir du président Lula… Effectivement, la personnalité charismatique de Lula a radicalement changé la donne sur le plan international. Il est le représentant d’un Brésil à gauche, le symbole de la révolte des pays du Sud contre les pays riches. Mais à l’intérieur du pays, le virage social se fait encore attendre. Deux ans après son accession au pouvoir, Lula est finalement considéré comme le bon élève du FMI et il pratique une politique d’austérité qui suit, dans bien des domaines, le modèle libéral de Cardoso, son prédécesseur. Le bilan de ces quatre années au pouvoir est donc assez surprenant même si, bien évidemment, la vocation sociale du gouvernement reste affirmée.

Comme nous le soulignions, on sous-estime totalement la puissance agricole du Brésil. Premier exportateur mondial de sucre, de café, mais aussi de poulet, de viande de bœuf et de soja, le pays a connu, en favorisant intensivement l’agrobusiness, un développement colossal en à peine cinq ans.

Notre propos tentera d'essayer d’aller au-delà des clichés et de montrer la complexité de la situation. La question est plutôt de savoir, aujourd'hui, dans un pays-continent, comment concilier développement, respect de l’environnement et justice sociale, car soyons lucide, le nouveau gouvernement Lula a encore de nombreux défis à relever, l'un d'entre eux sera précisément de réduire les inégalités sociales, la misére et la pauvreté, si ce pays veut consolider sa démocratie durablement !  

 

Les défis à relever par le nouveau gouvernement "Lula 2" 

                   

 

       

 


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Published by bruno magniez - dans brunomagniez
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