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  • : Blog pour tous les passionnés du Brésil : actualités économiques, sociales et politiques.
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Bruno MAGNIEZ

 
Email : bmagniez@netcourrier.com

 

Docteur en Sciences Economiques

 

Thèse de doctorat Université de Picardie Jules Verne (octobre 2001) :

-          « La place du secteur informel dans l’économie brésilienne : une étude centrée sur le commerce de rue à João Pessoa »
- Thèse sous la direction de B.Lautier, Professeur Université de Paris-I, Panthéon-Sorbonne. Mention très honorable.

-          Jury de thèse : Philippe Hugon, Jaime Marques Pereira, Christian Azais, Bruno Lautier, Christian Palloix


 

Professeur de Sciences Economiques et Sociales


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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 11:33
Au Brésil, les candidats à la sucession de Dilma Rousseff affinent leurs stratégies

La réélection de la présidente Dilma Rousseff est-elle compromise par l'effondrement de l'équipe brésilienne au Mondial ? Évidemment, tous ses partisans, qui étaient prêts à capitaliser sur une victoire, s'empressent désormais de préciser que les Brésiliens ne confondent pas le sport national et la vraie vie. Et d'ajouter que les résultats des précédents championnats n'ont pas eu d'influence sur les élections présidentielles.

La question n'est donc pas de savoir si après la trêve sportive les manifestations de rue vont reprendre. L'échéance électorale d'octobre offre un exutoire. Mais le mécontentement exprimé par la fronde sociale de juin 2013 n'a pas été résorbé. Les transports publics, l'éducation, la santé publique, ne se sont pas améliorés.

La corruption n'a pas disparu. Au contraire, un scandale à Petrobras (l'entreprise nationale de pétrole) a débouché sur une commission parlementaire d'enquête, dont les auditions vont ponctuer la campagne électorale. Avec son caractère de chien et ses engueulades avec tous ses collaborateurs, Dilma Rousseff s'est tiré une balle dans le pied. Ses divergences avec l'ancien patron de Petrobras, José Sérgio Gabrielli, pourtant un bon serviteur du Parti des travailleurs (PT, gauche), la formation présidentielle, ont précipité l'affaire.

L'usure du pouvoir

A tous ces facteurs, il faut ajouter l'usure du pouvoir. En comptant les deux mandats présidentiels de Luiz Inacio Lula da Silva, le PT est au pouvoir depuis douze ans. Sa dauphine, qui manque de charisme – c'est un euphémisme – a été élue parce qu'elle avait été désignée par Lula (et ensuite seulement avalisée par le PT) et parce qu'elle était censée être une bonne gestionnaire. En effet, avec une attention tatillonne, Dilma s'est occupé de l'économie et a remisé tout le reste, la politique aussi bien que la diplomatie, dans un placard. Or, la gestion économique ne produit pas les résultats escomptés.

Quant au PT, devenu une machine électorale de par son implantation nationale et le nombre d'élus, il arrive aussi qu'il ne fasse pas partie de la solution mais du problème. Ses dirigeants continuent à défendre becs et ongles les condamnés du scandale du « mensalão » (grosses mensualités), alors que pour la majorité des Brésiliens la sentence qui les a envoyés en prison représente un tournant, après des décennies d'impunité pour la corruption politique.

Le premier tour des élections est fixé au 5 octobre. Tous les sondages prédisaient, avant même la débâcle face à l'Allemagne, un second tour, le 26 octobre. Dilma a récupéré une partie de l'opinion qui s'était éloignée d'elle en juin 2013. Elle reste en tête des intentions de vote, mais la campagne électorale, avec les programmes télévisés obligatoires, commence seulement après le Mondial. Les principaux challengers sont Aécio Neves, candidat du Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB, centre gauche), et Eduardo Campos, du Parti socialiste brésilien (PSB, gauche).

Deux « héritiers » pour un second tour

Aécio Neves (au centre) et José Serra (à droite) avec Geraldo Alckmin, candidat PDSB à la présidentielle d'octobre 2006. PHOTO: AFP/MAURICIO LIMA

Aécio Neves est plus jeune et sympathique que José Serra, deux fois candidat malheureux du PSDB à la présidentielle (2002 et 2010). Lula a longtemps essayé d'attirer Aécio, d'autant que celui-ci, gouverneur du Minas Gerais, cohabitait en toute cordialité avec le maire PT de Belo Horizonte, la capitale de ce puissant État. Alors que la propagande du PT accuse le PSDB de s'être allié avec la droite – exactement comme la coalition gouvernementale de Lula et Dilma – Aécio Neves a choisi comme coéquipier le sénateur Aloysio Nunes du PSDB. Ce ticket pur jus remet ainsi à plus tard la question des alliances. Aloysio Nunes a été choisi car il représente l’État de São Paulo, le principal bassin électoral du pays, avec le Minas Gerais. Sous la dictature militaire, il s'était engagé dans l'organisation de Carlos Marighella, l'ancien dirigeant communiste devenu un des théoriciens de la guérilla urbaine – qui fait d'ailleurs l'objet d'un certain culte, avec biographie et film à la clé.

Dilma et Lula ont choisi, eux, de reprendre le vice-président Michel Temer, qui représente tous les défauts du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB, centre), une fédération opportuniste d'élus locaux et régionaux.

Eduardo Campos a obtenu le ralliement de Marina Silva, icône de l'écologie qui avait créé la surprise au premier tour de la présidentielle de 2010, avec 20 millions de voix. Marina a été empêchée de former son propre parti, ce qui n'est pas à l'honneur de Brasilia, dans un pays qui compte une trentaine de formations reconnues.

Campos et Marina sont des dissidents de la coalition gouvernementale, contrairement au PSDB, qui est dans l'opposition depuis que Lula a succédé au président Fernando Henrique Cardoso (1995-2003). Campos a été gouverneur du Pernambouc, Etat natal de Lula, qui a vainement essayé de le dissuader de se lancer dans la course en lui proposant la vice-présidence et le soutien à la présidentielle de 2018. Campos a décidé de tenter sa chance, car il a besoin d'une campagne nationale pour se faire connaître en dehors du Nordeste. L'électorat de Marina étant concentré dans le Sud (malgré ses origines amazoniennes), le ticket semblait assez complémentaire, mais l'alchimie tarde à se voir dans les sondages.

Le jeu semblait assez ouvert avant l'échec de la Seleção. Désormais, il n'a jamais été aussi incertain pour la présidente sortante. Lors d'un second tour, le ras-le-bol peut se transformer en « tout sauf Dilma, tout sauf le PT ».

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Published by bruno magniez
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