Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Publicité

Mercredi 14 novembre 2007

Brésil : la nouvelle puissance agricole

samedi 6 octobre 2007 :

SE REPORTER A LA VIDEO DE FRANCE 24 "Intelligence économique"

L’agriculture française face à de nouveaux défis  :

De nouvelles attentes s'expriment aujourd’hui envers l'agriculture. La nécessité d’une agriculture respectueuse de l'environnement est au centre des débats comme en témoigne le Grenelle de l’environnement (table ronde sur le développement durable, devant déboucher sur un ensemble d’actions pour refonder la politique écologique française). L’Union Européenne et en particulier la France sont en retard sur ce sujet. Depuis longtemps déjà, des pays comme le Brésil sont pionniers dans l’agriculture durable avec l’utilisation d’une nouvelle technique alternative à l’agriculture conventionnelle: le semis direct.

Le semis direct repose sur différents principes. Cette technique permet aux champs de ne plus être labourés. Les sols sont recouverts d’une couche végétale constituée de résidus de récoltes qui vise à copier les écosystèmes naturels. Le semis direct place la semence directement dans le sol à l’aide d’outils appropriés. Ces outils « piquent » la terre avec précision et permettent ainsi de mettre les semences au bon endroit avec une perturbation minimale du sol.

Cette nouvelle technique propose des solutions pour les défis essentiels que le monde agricole devra affronter à court terme. Alors que l’agriculture basée sur le labour apparaît incapable de répondre aux principaux challenges en matière de conservation de l’eau et des sols, de protection de l’environnement…le semis direct offre des solutions pour répondre à ces enjeux. En effet, il permet d’une part l’amélioration de la fertilité des sols et prévient d’autre part de l’érosion grâce à la couverture végétale permanente. Il permet d’associer les défis environnementaux planétaires avec les réalités économiques. Le semis direct combine donc les attentes en matière de productivité et de compétitivité avec les nécessités environnementales … ce qui était jusqu’à présent souvent des enjeux contradictoires. Alors que l’agriculture française est en perte de vitesse face aux pays du Sud qui grignotent petit à petit depuis les années 90 des parts de marché, cette nouvelle technique apparaît plus que jamais d’actualité. L’Union Européenne et les États-Unis sont en effet concurrencés par des pays comme le Brésil. Avec plus de 40 millions d’hectares cultivés et une croissance en moyenne 10% de ces exportations agricoles chaque année, le Brésil est en phase de devenir la plus grande puissance agricole mondiale. Ces performances remarquables lui assurent d’ailleurs une place privilégiée sur les marchés mondiaux du sucre, du soja, du coton, et rendent ainsi plus vulnérables les positions européennes et françaises.

A l’échelle de la planète, l’efficacité des techniques sans labour et du semis direct en particulier n’est plus un mystère. Le Brésil, l’Argentine, les Etats-Unis, l’Australie ou plus récemment les pays de l’Est se convertissent en masse à ces techniques de travail du sol. En France, quelques organismes se sont impliqués sur cette question. C’est le cas par exemple de l’association BASE (Bretagne Agriculture Sol et Environnement) dirigée par monsieur Konrad Schreiber ou encore de syndicats tels que la FNSEA où Xavier Beulin (1 er vice-président) ne cesse de réaffirmer son engagement en faveur de l’agriculture durable. Les énormes intérêts du non labour ne restent néanmoins pas suffisamment mis en valeur en France et ils sont un peu moins de 10% d’agriculteurs à avoir optés pour le semis direct. Comment expliquer cette frileuse évolution dans les exploitations agricoles françaises ? Plus que les problèmes techniques qu’engendrent la mise en place du semis direct, le véritable frein est avant tout culturel comme le précise Francis Forest du Cirad. Beaucoup d’agriculteurs français semblent avoir des difficultés à accepter de « jeter la charrue » !! D’où la création d’un nouveau lobby qui milite pour l’agriculture durable : l’Institut de l’agriculture durable. Lobby qui accepté d’apparaître pour la première fois sur France 24.




Pour plus d'informations, consultez le rapport du Sénat sur l'avenir de la filière agricole à l'horizon 2050.

 

Les ravages du soja transgénique au Brésil

  

 

Main basse sur les terres du paranà brésilien

 

 

   « Terra roxa. » La « terre rousse », l’une des plus fertiles au monde... Elle abonde dans cet Etat du sud du Brésil, le Paraná. « Un véritable rêve », s’enthousiasme M. Laércio Trucolo, qui gère la production de la fazenda  (1) Chapadão, paradis agricole de 1 400 hectares. « Ici, on obtient sans problème deux récoltes par an. De quoi faire des envieux en Europe ! » Un rêve en effet. Rêve de profits juteux pour les uns, grâce à une agriculture toujours plus « moderne » et « technologique ». Rêve de subsistance et de dignité pour les autres... beaucoup plus nombreux. 

Trente mille fazendeiros se partagent près de 70 % des 16 millions d’hectares cultivés du Paraná, avec plus de 100 hectares par exploitation... parfois beaucoup plus. A leurs côtés, quelque 300 000 petits propriétaires exploitent des domaines compris entre 5 et 40 hectares pour la plupart, soit environ 27 % de la surface cultivée. Pendant ce temps, 300 000 familles de « sans-terre » se partagent la surface restante, avec moins de 5 hectares chacune. Il en faudrait pourtant une quinzaine pour nourrir une maisonnée de six personnes. 

Ces familles ont été les premières victimes de la modernisation accélérée de l’agriculture dans les années 1980. Il fallait de grandes surfaces pour l’expansion du « modèle de l’agrobusiness, avec son cocktail de mécanisation, d’herbicides, d’engrais chimiques et d’irrigation intensive », explique M. Roberto Baggio, du Mouvement des sans-terre (MST). Entre 1985 et 1995, chaque année, dans l’ensemble du pays, 100 000 propriétés agricoles ont disparu. « Révolution verte », prétendit-on. Une appellation somme toute ironique au regard de la violence sociale et des dégâts environnementaux qu’elle engendra, à commencer par une massive déforestation.

 

Au début du XXe siècle, la forêt couvrait plus de 16 des 19 millions d’hectares du Paraná. Sous les haches et les tronçonneuses des immigrants, cette couverture sylvestre a reculé au point de ne plus atteindre que 1,5 million d’hectares à peine (8 % de la surface de l’Etat).

 

Pendant ce temps, la région s’emparait d’un triste titre, celui de principal consommateur de pesticides et de fertilisants chimiques du Brésil. Alors qu’on commence à faire le lien entre l’utilisation intensive de ces produits et l’autre record national du Paraná – celui des cancers du foie et du pancréas –, de plus en plus nombreux sont ceux qui suggèrent, avec M. João Pedro Stedile, de la direction nationale du MST, que la révolution verte avait tout d’une « contre-réforme marron ». 

 

Toutefois, si le processus de concentration de la terre est pratiquement stabilisé, il pourrait reprendre avec l’arrivée des semences transgéniques, notamment par le biais d’une contrebande en provenance d’Argentine, où elles sont autorisées, et à la grande satisfaction de la multinationale Monsanto  (2). Certes, totalement inconnu il y a peu au Paraná, le soja modifié génétiquement n’y atteint « pas plus de 2 % de la production », comme le souligne le gouverneur du Paraná, M. Roberto Requião. Mais, autour de Francisco Beltrão, « près de 70 % des gens font du transgénique », estime M. Juan Bedenaski, bien placé pour se faire une idée – il vend des herbicides et des engrais chimiques aux agriculteurs locaux. La contamination progresse, le système des « royalties » – taxe indépendante du prix de vente final perçue par Monsanto pour l’utilisation de ses semences, que la firme a bien sûr protégées par des brevets très stricts – peut alors montrer son vrai visage  (3).

 

Monsanto n’ayant pas cherché à percevoir cette taxe les premières années, beaucoup d’agriculteurs ont été tentés par des semences « gratuites » que vantaient les services commerciaux de la puissante multinationale et... la très large majorité des médias. Toutefois, en 2004, Monsanto impose soudain des royalties de 0,62 real par sac de 60 kg. Comble de l’absurde, bon nombre de producteurs se résignent petit à petit à payer, même pour du soja « conventionnel », préférant ne pas risquer l’amende de 1,5 real par sac (en 2004) imposée aux « resquilleurs », parfois eux-mêmes victimes involontaires d’une contamination spontanée, de champ à champ, que nul ne contrôle... 

 

De son côté, la multinationale s’assure le soutien des grandes coopératives en les intéressant à une rente d’autant plus lucrative qu’une hausse des tarifs de 100 % a déjà été annoncée pour la récole 2005-2006 ! Alors que la sécheresse fait baisser la productivité et que l’évolution du cours du dollar n’a rien de favorable  (4), l’étau se resserre sur les « petits », menacés d’exclusion...

 

Ce sont pourtant eux qui génèrent 80 % des emplois, assurent la redistribution des revenus de la terre, renforcent l’implantation rurale et contribuent à la disponibilité d’aliments de base qui n’intéressent guère les agro-exportateurs. Selon l’Institut brésilien de géographie et de statistiques (IBGE), la production de haricot noir – lequel est typique des tables brésiliennes – est passée de 38 kg par habitant en 1938 à moins de 10 kg à l’heure actuelle, tandis que le feijão reste toujours aussi populaire. Qu’à cela ne tienne. L’agrobusiness réussit à imposer sa vision de l’agriculture... Il serait même sur le point de remporter une victoire décisive selon M. Baggio, pour qui les transgéniques représentent rien de moins que « l’ultime bataille pour la domination de la terre, non plus par un petit groupe de latifundistes, mais par un groupe encore plus restreint de multinationales ».

 

Un espoir était pourtant né lors de l’élection de M. Luiz Inácio Lula da Silva à la présidence du pays, en 2002, mais il en fut de la promesse d’interdire les OGM comme de beaucoup d’autres. La nomination de M. Roberto Rodrigues au ministère de l’agriculture avait d’ailleurs valeur de programme : il siège au conseil d’administration de la fondation Bunge, l’une des grandes multinationales du marché des semences.

C’est avec l’autorisation de la commercialisation puis de la culture du soja transgénique dans l’Etat du Rio Grande do Sul qu’a commencé, en octobre 2003, une longue série de rebuffades pour les opposants aux OGM. Leurs derniers espoirs se sont évanouis le 24 mars 2005, quand a été approuvée la « loi de biosécurité » qui ouvre la voie à leur commercialisation. Si la constitutionnalité du texte est mise en doute, notamment par l’Institut de défense du consommateur (IDEC) brésilien, celui-ci n’en constitue pas moins une victoire importante pour la demi-douzaine de multinationales qui se trouvent en bonne voie de s’assurer un monopole et une rente permanente dans un marché inexistant il y a encore vingt ans. Quant au gouvernement, sa décision, en 2003, de surtaxer de 35 % les importations de glyphosate  (5) chinois sans que celui de Monsanto soit inquiété laisse quelque peu rêveur...

 

Le danger de voir s’établir un monopole a fait entrer dans l’arène le gouverneur du Paraná, M. Requião. Alors que, sous la pression des consommateurs, la demande des grands importateurs (l’Europe et l’Asie) s’oriente de plus en plus vers les produits non OGM, les exportations de soja des Etats-Unis, principalement transgéniques, chutent (– 41,5 % en 2004) au profit de la production brésilienne. Une compétition qui dérange, au Nord. Dans ce contexte, M. Requião ne peut tolérer que la « souveraineté nationale » soit soumise à des brevets détenus par une poignée de multinationales dont les intérêts sont souvent proches de ceux de Washington. « S’ils parviennent à généraliser l’utilisation des transgéniques, ils parviendront à contrôler notre production. » L’arme alimentaire au service d’enjeux géopolitiques, en quelque sorte...

 

Après avoir tenté de se déclarer « zone libre de transgéniques » en octobre 2003 – sous la pression des mouvements sociaux –, le Paraná a dû concentrer sa lutte sur Paranaguá, principal port céréalier de l’Amérique latine, dont il détient la gestion. Celui-ci fut fermé aux produits transgéniques sur la base d’arguments techniques. « Nous n’avons qu’un silo, explique le gouverneur. Si nous mettons du soja transgénique dans le circuit, nous aurons une contamination, et tout le soja du Paraná sera considéré comme transgénique. » Pourtant, un second silo, destiné aux céréales « conventionnelles », est en construction ! Dénonçant une tentative de manipulation, l’opposition – proche des multinationales du marché des semences, et favorable à l’ouverture du port aux transgéniques – enchaîne lock-out et enquêtes parlementaires visant à ce que l’Union – le Brésil étant un Etat fédéral – reprenne le contrôle des installations. Une « fédéralisation » qui, dans la très grande majorité des cas, là où elle a eu lieu ailleurs dans le pays, s’est révélée être une étape intermédiaire vers la privatisation des ports... et leur ouverture aux transgéniques.  

Pragmatisme économique  

Le Paraná s’arc-boute sur la défense du principe de précaution, inscrit dans la Constitution de 1988, mais c’est la détermination des consommateurs européens et asiatiques à refuser l’arrivée dans leur assiette des produits modifiés génétiquement qui fera la différence. En effet, si le directeur commercial du port de Paranaguá, M. Ruy Alberto Zibetti, se gargarise de bons sentiments, derrière l’« éthique » à laquelle il fait tant référence transparaît... le « pragmatisme » économique et la nécessité pour le Paraná de proposer un produit différencié, économiquement viable sur le marché international ! En revanche, cette même logique d’intégration au marché ne remet nullement en cause la logique productiviste.

 

« Nous avons besoin d’une agriculture de masse », assène M. Requião. De son côté, le secrétariat à l’agriculture aime à rappeler que le Paraná continue à « battre des records », stimulé par d’importants « gains de productivité »  (6). Il est vrai qu’avec 2,3 % du territoire national il trône en tête des Etats céréaliers, comptant pour 23 % dans la production brésilienne en 2004. L’agrobusiness y est devenu la principale activité économique (environ un tiers du produit intérieur brut) et s’est concentré sur le maïs, le blé, l’orge, l’avoine (le Paraná en est le premier producteur au Brésil) mais aussi, bien sûr, le soja (deuxième producteur), dont le poids relatif ne cesse de croître. Entre 1990 et 2003, la surface occupée par ces cultures a augmenté de 14 %, pour atteindre 8 millions d’hectares. La production, elle, est passée de 12 millions à plus de 30 millions de tonnes... Et ce n’est pas fini. 

 

« Il faut produire, produire, produire... », martèle M. Marcos Prochet, représentant l’Union démocratique ruraliste au Paraná (une organisation créée par les grands propriétaires dans le but de « répondre » à la naissance du MST), en frappant du poing le volant de sa berline. « Vous comprenez, les pauvres reçoivent de l’argent quand ils ont des enfants, alors... – un sourire entendu – il faut bien que nous fassions en sorte qu’il y ait assez à manger ! » Pourtant, si la forêt recule, ce n’est le cas ni de la pauvreté ni de la faim... Pour le réseau Ecovida  (7), l’argument ne tient tout simplement pas. « La faim est un problème social et politique, pas technologique. » Il ne sera pas réglé par « la modernisation conservatrice, polluante et inégalitaire de l’agriculture ».

 

Ce modèle est loin d’avoir fait la preuve de sa viabilité. Une étude montre que la « modernisation conservatrice » de l’agriculture implique une augmentation deux fois plus rapide des coûts que de la productivité, se soldant par une réduction de la valeur ajoutée brute de la production  (8). Par ailleurs, au coût de la pollution des nappes phréatiques (responsable de plus de 6 000 cas reconnus et de 30 000 cas estimés d’intoxication au Paraná depuis 1993 [9]), on commence à ajouter celui de l’épuisement des sols lié à la trop fréquente monoculture du soja. En Argentine où, contrairement au Brésil, le phénomène est assez ancien pour permettre une estimation, cet appauvrissement des sols en minéraux correspondait à 20 % des recettes agricoles en 2002  (9). Pour M. Stedile et pour M. Frei Sergio Gorgen, député du Parti des travailleurs (PT) au Rio Grande do Sul, les comptes sont rapidement faits : l’agrobusiness « ne survit aujourd’hui que grâce aux subventions et facilités consenties par l’Etat brésilien ».  

 

Un exemple : entrée en vigueur en 1997 et considérée comme le coup d’accélérateur qui a permis à l’agrobusiness de se développer, la loi Kandir exonère les exportateurs de matières premières du paiement de l’impôt sur la circulation des marchandises et des services (ICMS) – impôt sur la valeur ajoutée de 13 % payé aux Etats. Le gouvernement fédéral s’était engagé à couvrir le manque à gagner pour les Etats, mais il ne l’a jamais fait entièrement. Pour le seul Paraná, « c’est un cadeau de plus de 4 milliards de reals [plus de un milliard 500 millions d’euros] qui a été consenti depuis la mise en application de la loi », affirme M. Baggio. Le passage au modèle intensif opère ainsi un transfert de richesse des « petits » agriculteurs vers les « grandes » entreprises (de l’agrochimie, notamment), et de la sphère publique vers la sphère privée. Les recettes éprouvées du néolibéralisme...  

Des problèmes environnementaux et sociaux  

A ce système, les mouvements sociaux opposent un autre, plus respectueux des hommes et de l’environnement, qui s’appuie sur deux concepts : la réforme agraire, et un modèle agricole durable et écologique. Le fameux « produire moins, pour produire mieux »... « et pour le marché interne ! », ajoute M. Vanderley Ziger, directeur de la coopérative Cresol-Baser, créée en 1996 dans les régions du sud-est et du centre-ouest du Paraná. Son objectif : permettre aux petits agriculteurs l’« accès au crédit coopératif, aux technologies d’exploitation biologique et durable ». Il s’agit aussi de constituer « un système de commercialisation qui sorte du réseau capitaliste des grandes coopératives », de retrouver des circuits courts d’approvisionnements, et d’en finir avec les « aliments touristiques » qui sortent du pays pour y revenir en ayant enrichi les intermédiaires. Le but affiché n’est autre que d’aider les agriculteurs à « reprendre les rênes de leur vie et de leur environnement » en affirmant leur identité. Comme l’explique M. Gilmar Ostrovksi, d’Ecovida, « la réappropriation de l’agriculture est une réappropriation politique et sociale ». Programme farfelu, coupé des réalités ? « C’est le seul qui nous permette de régler à la fois nos problèmes environnementaux et sociaux, comme le chômage et l’exode rural », assure-t-on dans les bureaux de Cresol-Baser. D’ailleurs, « le projet est déjà inscrit dans la loi ! ».

 

En effet, la Constitution de 1988 établit qu’il est « de la compétence de l’Union d’exproprier (...), dans l’optique de la réforme agraire, les terres qui ne remplissent pas leur fonction sociale ». Par fonction sociale, on entend l’« utilisation adéquate des ressources naturelles et [la] préservation de l’environnement », le « respect des dispositions qui régulent les relations de travail » et la protection du « bien-être des propriétaires et des travailleurs ». 

 

Dans un bureau feutré de Curitiba, le directeur général du secrétariat à l’agriculture, M. Newton Ribas, balaie l’idée d’un revers de la main. « La réforme agraire est déjà faite au Paraná : nous avons assez de petits agriculteurs ! Et puis, il n’y a pas de terres disponibles ici. (...) Le Brésil est grand : les sans- terre peuvent aller ailleurs ! » Rejoindre les légions de travailleurs exploités dans le Cerrado  (10), par exemple ? Selon l’Institut national de colonisation et de réforme agraire (Incra), pourtant, 2,6 millions d’hectares de terre manquent au cadastre officiel du Paraná, probablement occupés illégalement par des agriculteurs ayant « oublié » de les déclarer. Un motif suffisant pour l’expropriation... « De toute façon, explique l’agronome Christophe Lannoy, même si on doublait les surfaces occupées par les gens qui n’ont que 25 hectares aujourd’hui, il resterait des terres au Paraná. Le problème est un problème de volonté politique ! » Il est vrai qu’en la matière la déception est grande pour tous ceux qui attendaient du Brésil de « Lula » qu’il ouvre la voie à des solutions de rechange au modèle libéral.

 

Au niveau fédéral, le gouvernement n’a pas su briser la vision d’une « agriculture de classe » ancrée dans les institutions mêmes. L’impossibilité d’apporter une réponse structurelle aux questions agricoles s’y manifeste par l’existence, d’un côté, du ministère de l’agriculture de M. Rodrigues, et, de l’autre, de celui du développement rural, qui tente de pourvoir aux besoins des agriculteurs familiaux. Dans les Etats, la même bicéphalie règne. Alors que dans la plupart des secrétariats du gouvernement on dit vouloir « défendre les petits » et « protéger l’environnement », notamment avec le lancement d’une école d’agro-écologie en partenariat avec Caracas et La Havane, le gouverneur Requião affirme que « l’agro-écologie n’est guère qu’une utopie ».

 

De son côté, le secrétaire d’Etat au budget, M. Reinhold Stephanes – issu du Parti du front libéral (PFL) et impliqué dans la préparation du plan real  (11) –, se félicite de ce que « l’aide que reçoivent les agriculteurs familiaux ne [nous] coûte pas cher : elle provient principalement de l’Union et de la Banque mondiale ! ». Banque mondiale dont M. Frei Betto, membre démissionnaire du gouvernement car critique à l’égard de sa politique, explique qu’elle « interdit au Brésil toute réforme structurante  (12) ».

 

Ainsi, entre autres mesures, l’Union offre des crédits soumis aux desiderata de Banco do Brasil (qui gère tous les fonds selon un agenda favorisant ses clients les plus solvables) et qui entretiennent la chaîne de la dette. De son côté, l’Etat construit des granges (pour que les agriculteurs « stockent et vendent leurs céréales au meilleur prix ») et « certifie » la production pour faciliter les exportations. Sont ainsi perpétrées les bases mêmes du modèle en place. Faut-il lire ici un manque d’ambition politique ou la démonstration d’une crise structurelle empêchant le changement dans le pays ? A l’heure des bilans, le débat fait rage entre les déçus du PT et les « lulistes » acharnés.

 

Prises ou reprises de contrôle d’entreprises stratégiques dont l’activité est circonscrite aux frontières de l’Etat (comme la compagnie d’électricité du Paraná, Copel), renégociations des « contrats immoraux » qui liaient le Paraná à des firmes prédatrices, réforme profonde de l’éducation, participation à Telesur  (13) (à travers un partenariat avec la télévision publique Paraná Educativa), etc. : par comparaison, l’ampleur des mesures prises par le gouverneur du Paraná suggère indéniablement qu’il existe au niveau de l’Etat fédéral une forte inertie, et, particulièrement dans le domaine de l’agriculture, secteur stratégique pour la classe dominante brésilienne, une élite avant tout agraire. 

Une volonté d’émancipation 

 

Dans un pays où la doxa néolibérale est à ce point intériorisée qu’en termes d’orthodoxie économique « le pouvoir de l’Union sur les Etats est plus fort que celui du FMI sur l’Union  (14) », le recul des pouvoirs publics devant les intérêts privés apparaît, pour beaucoup, comme une fatalité. La crise qui affecte le PT met à mal l’espoir d’un changement mû par le pouvoir politique  (15). Dans ce contexte, on évoque le nom de M. Requião pour conduire la « gauche » si M. Lula da Silva ne se représentait pas. Mais son « nationalisme musclé » ne se heurterait-il pas aux mêmes limitations, imposées par des mandats trop courts et des institutions perverties par la corruption et le clientélisme ? De plus, sa vision d’un « capitalisme non spéculatif » basé sur des politiques « compensatoires  (16) » se contentant d’adoucir les effets d’un système structurellement injuste est-elle en phase avec la volonté d’émancipation profonde des agriculteurs familiaux, des sans-terre, de tous ceux qui sont décidés à sortir du statut de dominé auquel les condamne le modèle actuel ? 

En tout cas, pour ceux-ci, il faudra faire vite... avant que le soja transgénique n’ait contaminé tout le pays.

 Par Renaud Lambert

 Notes : 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1) Grande propriété agricole. Son propriétaire est le fazendeiro. 

(2) Interdit au Brésil, mais y ayant été introduit par ce biais, le soja transgénique a bénéficié, le 25 septembre 2003, d’une « mesure provisoire » autorisant sa récolte pour la campagne 2003-2004. Depuis, le provisoire dure... 

(3) Lire Jean-Jacques Sevilla, « Chancelante résistance aux OGM », Le Monde diplomatique, décembre 2003.

 (4) Lors de la « super-récolte » de 2003-2004, le soja valait environ 17 dollars le sac, et le dollar 4 reals. En 2005, le soja évolue autour de 11 dollars le sac, et le dollar autour de 2,5 reals. Source : Entreprise d’assistance technique et de développement rural du Paraná (Emater-PR), entretien avec l’auteur. 

 

 

 

 

 

(5) Herbicide. Le soja transgénique fabriqué par Monsanto est conçu pour lui résister.  

(6) Plaquette du secrétariat d’Etat à l’agriculture et à l’approvisionnement, Curitiba, 2004.  

(7) Réseau de soutien à l’agro-écologie de la partie sud du Brésil. 

(8) Etude réalisée par Sistema Cresol 2002, citée dans « Terceiro encontro estadual - Paraná - Brasil », Jornada de agroecologia, Lance Livre Design, Produções e editora Ltda, Curitiba, 2004.  

(9) Voir le documentaire de Marcelo Viñas intitulé Hambre de soja, Icaro, Buenos Aires, 2004.

(10) Région de savane boisée de plus de 2 millions de kilomètres carrés, principalement brésilienne, qui s’étend sur plusieurs Etats, de l’intérieur des terres aux limites de l’Amazonie. 

(11) Tentative de dollarisation de l’économie menée par le président Fernando Henrique Cardoso en 1994, étape-clé du tournant néolibéral de la politique économique brésilienne.  

(12) Propos tenus lors du Forum franco-brésilien de la société civile, les 12 et 13 juillet 2005, au Conseil économique à Paris.  

(13) Chaîne de télévision latino-américaine lancée à l’initiative du président vénézuélien Hugo Chávez pour contrer l’influence des chaînes commerciales et de CNN en matière d’information. En sont actionnaires l’Argentine, Cuba, l’Uruguay et le Venezuela.  

(14) Propos tenus par M. Stephanes.  

(15) Lire Ignacio Ramonet, « Brésil, le gâchis », Le Monde diplomatique, octobre 2005.

(16) Entretien, Caros amigos, Vila Madalena, juillet 2005.

 Documentaire du Sociologue Mauricio Torres sur les questions de l'expropriation et de la deforestation en Amazonie

 

 

 

 

 

Résumé :

Lors de cette première expédition réalisée entre août 2006 et janvier 2007, nous avons collaboré avec les principaux spécialistes des communautés du Parà, le sociologue Mauricio Torres, la biologiste Wilsea Figueiredo et le procureur de la République Felipe Fritz Braga. Durant ce travail, nous avons suivi plusieurs communautés Caboclos dans leur accès à la propriété foncière et la création de zones de protection environnementales. L’environnement étant au centre des débats politiques internationaux, ce travail vise à accroître les connaissances sur une population de l’Amazonie et la biodiversité qu’elle utilise. Sa portée médiatique permettra à la communauté Mangabal de disposer d’un support de communication pour exprimer ses revendications et accéder à la création de la réserve naturelle extractiviste proposée le 2 décembre 2006. Aujourd'hui nous sommes à la recherche d'investisseurs et de producteurs afin d'achever le montage du documentaire.

   Autre situation dramatique: le cas du soja transgénique en Argentine

 

 

 

 

 

 


 

Pour aller plus loin sur les enjeux et les défis de l'agriculture brésilienne

 lundi 8 octobre 2007

En 34 ans, l'Embrapa a révolutionné l'agriculture

 

Dans son traditionnel programme de Radio, "Café avec le Président", Le Président Lula a rappelé l'importance de l'Embrapa pour l'agriculture Brésilienne.

(Brasília - Présentation de la Biomasse du Cerrado par l'Embrapa - Photo : José Cruz/ABr)

L'Embrapa, l'Entreprise Brésilienne de Recherche Agro-alimentaire est une institution publique, dépendant du Ministère de l'Agriculture. Elle emploi 2221 chercheurs (dont 53% de docteurs) réparties dans 38 centres de recherches au Brésil et un bureau en Afrique (Ghana).

Le Président a rappelé qu'il y a quelques années, le Cerrado qui est la végétation typique du centre du brésil, équivalent de la savane africaine, était considéré comme inexploitable.

Aujourd'hui, grâce aux recherches de l'Embrapa, le Cerrado est devenu le premier producteur de grain du brésil et du monde.

Dans un récent entretien au New York Times, Colin Powell, l'ancien secrétaire d'état a rappelé l'importance de l'Embrapa pour ce qu'est aujourd'hui le Brésil, une superpuissance agroalimentaire.

L'Embrapa est doté d'un budget annuel de 1 milliards de réaux, soit 550 millions de dollars US, travail notamment sur le Café, Soja, l'agro-énergie et biocarburants (Canne à sucre, ...) ou encore la problématique de culture dans le Sertão et son climat semi-aride.

http://www.embrapa.br/
Par bruno magniez - Publié dans : brunomagniez
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 3 mars 2007

Le Brésil



Eléments de Bibliographie

La culture brésilienne - une dialectique de la colonisation

 

BOSI , Alfredo, L'Harmattan, Paris, 2000

 

 

 

Vivre avec la forêt : gestion locale des ressources naturelles en Amazonie brésilienne et au Costa Rica

 

CASTELLANET, Christian (sous la dir. de); GRANDCHAMP FLORENTINO, Laurence (sous la dir. de); MEGEVAND, Carole (sous la dir. de), UICN, GRET, Paris 2002.

 

 

 

La fabrication du Brésil : une grande puissance en devenir

 

CLAVAL, Paul, Belin, 2004

 

 

 

Les deux visages du Sertao : stratégies paysannes face aux sécheresses (Nordeste du Brésil)

 

COHEN, Marianne,  DUQUE, Ghilaine, Editions de l’IRD, Paris, 2001.

 

 

 

Brésil, une géo-histoire

 

DROULERS, Martine, PUF, Paris, 2001

 

 

 

L'Amazonie : Vers un développement durable

 

DROULERS, Martine, Armand Colin, Paris, 2004.

 

 

 

Porto Alegre : l’espoir d’une autre démocratie

 

GOIRAND, C., La Découverte, Paris 2002

 

 

 

Porto Alegre : les voix de la démocratie

 

GRANET, Estelle, Charles Leopold Mayer, Syllepse, Paris, 2003.

 

 

 

 L’action politique des sans-terre au Brésil

 

KONDER COMPARATO, Bruno, coll. Horizons Amériques Latines, L’Harmattan, Paris, 2004

 

 

 

Etre esclave au Brésil : XVI-XIXème siècles

 

M. DE QUEIROS MATTOSO, Katia, coll. Horizons Amériques Latines, L’Harmattan, Paris, 1994.

 

 

 

Histoire d'un voyage en terre de Brésil

 

LERY, Jean de, Hachette, 2000

 

 

 

Les paysans sans terre du Brésil

 

MALASSIS, Louis, Paris, 2004.

 

 

 

Les sans-terre du Brésil : géographie d’un mouvement socio-territorial

 

MARTIN, Jean-Yves, coll. Horizons Amériques Latines, L’Harmattan, Paris 2001

 

 

 

Lula une gauche qui s'éveille

 

MENDES, Candido, Descartes et cie, Clamecy, 2004.

 

 

 

La citoyenneté à travers la participation : projet pilote à Vila verde, Brésil

 

NUNES, Déborah, UNESCO, Paris, 2001

 

 

 

Le Brésil de Lula. Les défis d’un socialisme démocratique à la périphérie du capitalisme

 

PICARD, J., Karthala, coll. « Livres lusotopie », Paris 2003

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour comprendre le Brésil de Lula

 

ROLLAND, Denis (sous la dir. de), L’Harmattan, Paris 2004

 

 

 

Brésil : de nouvelles causes au maintien de la pauvreté ?

 

SALAMA P, DESTREMAU. B., Lusotopie, Paris 2001

 

 

 

Exodes

 

SALGADO, Sebastiao, La Martinière, 2002

 

 

 

Brésil : Halte au désert vert !

 

Sous-titre : La dictature de la monoculture d'eucalyptus face aux droits humains fondamentaux : récit d'une lutte.
TERRE DES HOMMES FRANCE, Paris, 2004.

 

 

 

Le Brésil

 

THERY, H., Masson, Paris, 2000

 

 

 

Atlas du Brésil

 

THERY, H. DE MELLO. N. A, La documentation française, Paris 2004

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par bruno magniez - Publié dans : brunomagniez
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 3 mars 2007

Sitographie

 

www.autresbresils.net
Site de l'association Autres Brésils qui a pour but de faire découvrir la société brésilienne à un public francophone par la diffusion et  la traduction en français d'informations, de reportages, d'analyses, de points de vue ou de témoignages en provenance d'un réseau de partenaires français et brésiliens. Dossiers MST, Indiens, Amazonie, etc.

 

 

www.dial-infos.org
Dial-infos. Site d'information alternative dédié à l'Amérique latine.

 

 

www.france-fdh.org/terra/agir/agirinfoterra.htm
Infoterra est une lettre mensuelle de solidarité avec le Mouvement des Sans Terre du Brésil. Edités dans le cadre du projet d'éducation au développement TERRA, les dix numéros annuels d'Infoterra sont construits autour de quatre rubriques : Analyse, Agir, Actualité et Solidarité.

 

 

risal.collectifs.net/sommaire.php3
Réseau Information Solidarité Amérique Latine

 

 

www.greenpeace.org/...
Amazonie - Greenpeace. Pages du site de Greenpeace France sur l'Amazonie : alternatives pour une gestion durable, recommandations de Greenpeace, liens entre le Brésil et la France...

 

 

alainet.org
ALAI. Site de la revue America Latina en Movimiento (ALAI ) En anglais, espagnol et portugais.

 

 

www.rainforestfoundation.org
Rainforest Foundation.
Association new-yorkaise pour la protection et la défense des droits des peuples de la forêt amazonienne. En anglais.

 

 

www.brazilink.org
Brazilink. Portail de liens sur le Brésil. En anglais.

 

 

Sites brésiliens

 

www.brasildefato.com.br
Brasil de Fato. Hebdomadaire de gauche.

 

 

www.mst.org.br
Movimento dos Trabalhadores Rurais Sem Terra. Site du MST.

 

 

www.cut.org.br
Central Única dos Trabalhadores

 

 

www.gta.org.br
GTA - Grupo de Trabalho Amazônico

 

 

www.cnsnet.org.br
Conselho Nacional dos Seringueiros. Site du CNS (Conseil National des Seringueiros).

 

 

www.emater.tche.br
Emater. ASCAR - Associação Sulina de Crédito e Assistência Rural EMATER/RS - Associação Riograndense de Empreendimentos de Assistência Técnica e Extensão Rural - Porto Alegre.

 

 

 

 

 

Par bruno magniez - Publié dans : brunomagniez
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 3 mars 2007

Navigation

 

Le Brésil : Quelques liens commentés si vous voulez aller plus loin

 

(extraits de la rubrique géographie du Café Pédagogique n°77 http://www.cafepedagogique.net/disci/geo/77.php )

 

 

  Sur le site Educnet, une fiche TICE présentée à Saint-Dié en septembre 2006 à pour titre : "L’Amazonie : le front amazonien est-il un exemple de développement agricole ?". La problématique choisie, "en quoi le front pionnier brésilien est-il un modèle original de développement agricole ?", permet de faire une étude de cas en seconde sur le thème "Nourrir les hommes" en utilisant worldwind, spot et d’autres liens encore. Les enjeux économiques, sociaux et environnementaux sont au cœur de l’étude présentée par Jackie Pouzin du Lycée Vadepied à Evron.

 

 

http://www2.educnet.education.fr/sections/histgeo/im_pdf-histgeo/fig06331/File

 

 

  Sur le site de l’académie de Rennes, une étude de cas sur le Brésil pour le chapitre de seconde "Nourrir les hommes" propose des cartes, des textes universitaires, des liens internet en bas de page, et un plan à suivre intéressant : Quelle situation alimentaire ?, Une production croissante et Nourrir tous les Brésiliens ?

 

 

http://www.ac-rennes.fr/pedagogie/hist_geo/ResPeda/AgriAmLatine/nourrir.html

 

 

  Trois présentations PowerPoint

 

 

* La présentation courte et simple, le "Brésil, la diversité comme identité" permet d’envisager l’étude de la diversité des territoires brésiliens mais aussi les principales inégalités avec le MST et celui des sans-abris.

 

 

http://coursenligne.sciences-po.fr/2004_2005/bresil/power_point/c_milani.ppt

 

 

* Celle de Marie-Françoise Fleury et de Hervé Théry permet de faire un vaste tour du Brésil contemporain à travers ses problématiques actuelles. De très riches documents sont offerts en ligne sur le site de l’académie de Rouen (attention 48Mo)autour de trois parties : Le pays du dynamisme, Le pays des inégalités et Quelles perspectives pour le XXIe siècle ?

 

 

http://hist-geo.ac-rouen.fr/site/article.php3 ?id_article=44

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Interview de Hervé Théry, Directeur de recherche au CNRS, professeur invité à l’Université de Sao Paulo et auteur de nombreux ouvrages (voir la bibliographie et la sitographie à la fin de ce dossier)

 

 

1- Quels ont été les changements majeurs des problématiques sur l’étude du Brésil ces dernières années ? Quels sont les principaux champs scientifiques d’investigation en géographie concernant le Brésil aujourd’hui ?

 

 

Je ne crois pas qu’il y ait eu de changement majeur, seulement un accent plus fort mis sur la question des inégalités sociales et des effets des programmes destinés à les réduire. Un changement toutefois dans les études menées ici, les Brésiliens commencent enfin à se comparer à d’autres pays, notamment la Chine et l’Inde, et à sortir de la fascination pour le « Premier Monde », comme ils disent fréquemment. Dans le même ordre d’idées, les études environnementales sont de plus en plus liées aux perspectives du changement global.

 

 

2- Les documents d’accompagnement du programme de Terminale L et ES indiquent que « Rapidement étudié, l’exemple du Brésil (2 à 3 heures) est l’occasion d’analyser la manière dont les inégalités de développement peuvent se manifester spatialement à l’échelle d’un État important du Sud. Ces contrastes, qui doivent être à la fois décrits et expliqués, peuvent se lire à l’échelle régionale et à l’échelle intra-urbaine. ». Quels sont les aspects essentiels qu’il vous semble devoir mettre en valeur pour parvenir à une étude sérieuse et intéressante de cet espace ? Comment caractériser au mieux les différenciations socio-spatiales à l’intérieur même des principales métropoles brésiliennes ?

 

 

Vaste question, que j’étudie depuis plus de trente ans sans en venir à bout... C’est que les inégalités sont la trame même du modèle brésilien de développement : entre régions (Nord et Nordeste / Sud- et Sudeste, auxquels le Centre-Ouest s’intègre de plus en plus), puis entre parties plus ou moins développées de ces régions, des États qui les composent, entre les quartiers des villes, etc. C’est surement un bon fil conducteur pour comprendre le Brésil, mais il faut le dérouler avec patience à toute une série d’échelles, et comprendre comment s’est monté et perpétué ce système. Heureusement les professeurs de géographie sont aussi professeurs d’histoire, car les clés sont historiques et je crois qu’il ne fait pas hésiter à remonter aux racines coloniales et esclavagistes.

 

 

3- Même question pour les programmes du collège qui indiquent qu’en cinquième : « L’étude porte sur l’importance des ressources du pays et les contrastes régionaux. Les inégalités sociales sont présentées à travers les déséquilibres de la répartition des terres et les problèmes liés à la croissance urbaine. » Ces élèves doivent avoir compris l’essentiel de ce qui est demandé en 4 à 5 heures. Comment de façon beaucoup plus simple qu’en terminale leur enseigner l’importance de ces problématiques ? L’image et plus particulièrement la photographie peut-elle être la voie privilégiée pour aboutir à un enseignement plus concret ? (je fais ici référence aux nombreux documents PowerPoint que vous avez mis en ligne ainsi que les photos mises en ligne sur Clio-Photo en juillet).

 

 

Á mon avis (mais il y a bien lontemps que je n’ai pas enseigné dans un collège), par des exemples localisés soigneusementy analysés : une région agricole où se cotoient latifundio et minifundio (dans le Nordeste peut-être, ou en Amazonie), une ville moyenne (Londrina par exemple). Et oui, bien sûr la photo (avec la carte et les modèles graphiques) sont des supports essentiels, c’est bien pourquoi je fais et diffuse les images auxquelles vous avez la gentillesse de vous réferer.

 

 

4- Le problème essentiel auquel tous les gouvernements depuis les années 1950 mais surtout à partir de 1970 se sont confrontés est celui de l’intégration des différents espaces marginalisés ? Est-ce comme vous l’avez écrit récemment avec Martine Droulers dans le livre coordonné par Stéphane Monclaire et Jean François Deluchey, Gouverner l’intégration : les politiques nationale et internationale du Brésil de Lula, les réseaux sont la clé de cette intégration ou bien les plans gouvernementaux ou transnationaux (Transaméricaine, barrage d’Itaipu, ...) peuvent contribuer au développement des marges brésiliennes ? Dans ce contexte n’y a-t-il aucune perspective possible pour le Nordeste ?

 

 

On a dit que le monde où nous vivons est de plus en plus réticulaire et de moins en moins aréal, que les réseaux comptent désormais plus que les mailles adminsratives et politiques. À mon avis c’est une idée séduisante mais fausses, les réseaux ont toujours existé (par exemple la Route de la Soie) et innervé (ou non) les régions qu’ils traversent (ou évitent). Pour un lieu donné - et les habitants qui y vivent - il est vital de se « placer » par rappports à eux, d’en tirer parti ou d’en diminuer les effets négatifs. C’est particulièrement vrai au Brésil où les situations sont fluides, les rentes de situations souvent remises en question : la région natale de ma femme, dans le nord-ouest de l’État de São Paulo, occupée pour la première fois dans les années 1920 (mis à part bien sûr une - faible - présence indienne) a déjà changé cinq fois de « vocation naturelle » (café, élevage, sucre, oranges, sucre à nouveau) , au gré des changements des marchés mondiaux et de des modes de transport (chemin de fer, puis route, puis voie navigable).

 

 

5- L’étude du développement durable est une réalité incont[...] pour qui le développement durable est présenté comme une donnée incontournable pour les nouveaux agriculteurs brésiliens se démarquant ainsi des méthodes culturales de leurs familles ? Est-ce une réalité ?

 

 

Oui, naturellement, l’Europe entière tiendrait à l’aise dans l’Amazonie brésilienne, il y a de la place pour toutes sortes de mises en valeur, y compris la préservation totale d’espaces de réserve. Avança Brasil est fini depuis 2002, c’était le programme du 2e mandat de Fernando Henrique Cardoso. Lula l’a mis de côté en arrivant au pouvoir en 2003 et lancé le programme Amazônia sustentável (Amazonie durable), ce qui montre bien qu’il a au moins adopté le terme. Mais à vrai dire je ne vois pas beaucoupde changements, si ce n’est l’avancée apparemment inexorable du front pionnier : en Amazonie comme ailleurs les politiques du gouvernement Lula ont été marquées par un réalisme économique qui l’a amené à ne pas changer grand chose aux modes de « mise en valeur » (ou en coupe réglée) dominants.

 

 

6- Pour finir, je voudrais vous faire réagir en tant que géographe mais aussi d’habitant de Sao Paulo sur la toile de Anselm Kieffer. http://www.tate.org.uk/servlet/ViewWork ?cgroupid=999999[...] Représente-t-elle une réalité quelconque pour vous ?

 

 

Sans aucun doute, la suffocation devant un objet urbain tellement massif qu’il nous effraie. Mais j’y ajoute personnellement une admiration pour son dynamisme, un étonnement devant sa capacité a fonctionner quand même, toujours à la limite du chaos mais toujours vivant, jour et nuit, année apres année.

 

 

7- Quels sont vos projets d’écriture actuellement ? Quels enjeux géographiques souhaitez vous mettre en valeur dans vos futurs écrits, enseignements ou conférences ?

 

 

Une recherche sur le travail esclave, une étude comparée sur la pression sur les forêts suburbaines à São Paulo et Mumbai (ex-Bombay), un atlas de São Paulo, et toujours les fronts pionniers (en l’occurrence celui du soja dans le Nord du Mato Grosso). Le Brésil reste un champ de recherche inépuisable, un laboratoire infini de dynamisme territorial. Et laboratoire pour laboratoire celui-la est plus vaste et plus beau que n’importe quelle « paillasse » - même dans ses aspects les plus sordides - et les Brésiliens sont des « cobayes » tellement sympatiques et chaleureux ...

 

 

Un grand merci à Hervé Théry qui a fait preuve de disponibilité et d’une gentillesse sans égale.

 

 

Cartographie et photothèque :

 

 

  Cliophoto :Le site de l’association les Clionautes fournit 30 photos sur le Brésil. Elles sont libres de droit et viennent de la collection personnelles d’Hervé Théry. Une comparaison sur les formes urbaines mais aussi sur les structures agraires (avec une photo qui propose l’achat de plus de 25 000 hectares) sont ainsi réalisables. http://cliophoto.clionautes.org/category.php ?cat=368

 

 

  Atelier de cartographie de Sciences Po : Dans le cadre de l’Année du Brésil en France l’Atelier de cartographie de Sciences Po a réalisé, avec une équipe de 30 spécialistes brésiliens et français de différentes disciplines coordonnée par Marie-Françoise Durand, un CD-Rom « Brésil, la diversité comme identité » qui rassemble 110 photos commentées, 27 textes, 43 cartes et graphiques et 15 interviews vidéo. Une partie des cartes et des graphiques est en ligne divisés en quatre thème principaux : Diversité spatiale : les dynamiques des territoires et les enjeux du développement, La diversité sociale et l’importance des inégalités, La diversité du rapport au monde et La diversité culturelle : un modèle pour le monde ? . Une partie de ces cartes sont des éléments retravaillés de l’Atlas du Brésil, qu’Hervé Théry a publié avec Neli Aparedida de Mello à La Documentation française en 2004. http://www.sciences-po.fr/cartographie/dossiers/bresil2005/index_bresil2005.html

 

 

  L’Atlas du Mercosur : Sur un des sites de l’ENS, Martine Droulers, hervé Théry et al. ont mis en ligne des cartes tout à fait intéressantes sur le Mercosur par des entrées thématiques : L’organisation d’un grand espace, Une intégration en mouvement, Le Mercosur et le Monde et Les dynamiques des territoires. Chaque thème donne accès à plusieurs sous-parties comprenant de nombreuses cartes (téléchargeables en pdf). Un tour cartographique complet du Mercosur permettant de mieux replacer le Brésil dans un contexte d’intégration régional. http://mercator.ens.fr/ atlas/index.htm

 

 

  Le site de Frédéric Monthé nous offre une carte de synthèse sur le "Brésil : terre de contrastes et d’inégalités".

 

 

http://f.monthe.club.fr/Cartographie/Bresil/Bresil_terre-de-contrastes.htm

 

 

Divers :

 

 

  Site en portugais, espagnol et anglais donnant des statistiques essentielles sur le Brésil. On y apprend, entre autre, que la population actuelle du Brésil est de 187.342.884. http://www.ibge.gov.br/

 

 

  Exposition virtuelle à l’ENS : Une exposition virtuelle hébergée par l’ENS qui fait le pendant d’une exposition réelle qui s’est tenue en 2003. Des photos viennent compléter un ensemble fort intéressant composé de vidéos de présentation téléchargeables et de fichiers sur l’exposition (en pdf). http://www.diffusion.ens.fr/bresil/

 

 

- Un oeil sur la planète : Peut-on encore ignorer le Brésil ? Le Grenier de la planète, Du rêve à la réalité... sur Lula, Amazonie à tout prix .. autant de reportages qui permettent d’avoir une approche différente de ce pays-continent. Les vidéos sont en ligne donc directement utilisables et illustrant les cours de cinquième seconde voire terminale. http://info.france2.fr/encadres/11187597-fr.php

 

 

  Etudier une FTN brésilienne : le géant pétrolier Pétrobras (en portugais, espagnol et anglais). Une carte interactive de ses implantations mondiales et régionales permettent de saisir l’intérêt d’une étude approfondie. http://www2.petrobras.com.br/portal/ingles/AtuacaoInternacional.htm

 

 

  Le site de Jean-Yves Martin, docteur en géographie qui a soutenu une thèse en 1998, "Identités et territorialités dans le Nordeste brésilien le cas du Rio Grande do Norte". Il propose un état des lieux du Brésil à ses anciens élèves sous le prisme de la réélection de Lula il y a quelques jours : http://www.jy-martin.fr/

 

 

Revues et mises au point scientifiques :

 

 

Conférences :
  Inégalités socio-spatiales et recompositions territoriales au Brésil, une conférence de Bernard Bret, professeur à l’Université de Lyon III. A noter un schéma intéressant sur "L’effet triangulaire (schéma de B. Bret, d’après les travaux de Celso Furtado)" et une dernière partie qui permet de bien comprendre l’importance de l’intégration régionale "Mercosul et les effets de fragmentation territoriale".

 

 

http://hist-geo.ac-rouen.fr/site/article.php3 ?id_article=5029

 

 

  Sur le site de l’Académie de Clermont, une conférence pédagogique de Bernard Bret sur : « Le président Lula mobilise contre la faim au Brésil : le Programme Faim Zéro ». http://www3.ac-clermont.fr/pedago/histgeo2/inspection/cr/faimaubresil.pdf

 

 

  Un compte-Rendu d’une conférence de Marie-Françoise Fleurie sur l’Amazonie : "L’Amazonie, un paysage forestier ? un paysage naturel ? ". De nombreuses cartes ponctuent les points clés de son intervention.

 

 

http://hist-geo.ac-rouen.fr/site/article.php3 ?id_article=177

 

 

  Réforme agraire et transformations sociales au Nordeste brésilien Benoît de l’Estoile (ENS), Christian Baudelot (ENS) et Lygia Sigaud (université fédérale de Rio de Janeiro. On peut télécharger les fichiers audio et vidéo de cette conférence qui s’est tenue en 2003.

 

 

http://www.diffusion.ens.fr/index.php ?res=conf&idconf=172#

 

 

Revues :

 

 

  Les comptes rendus du Mensuel de l’Université a pour dossier "Le Brésil, grande puissance ?" en référence à la journée du 17 novembre 2005 à l’Université de Cergy-Pontoise consacrée à cet Etat-continent. Denis Rolland, professeur à l’Université de Strasbourg, insiste sur les représentations du Brésil mais aussi s’interroge sur la réalité de la puissance brésilienne à l’aune de la mondialisation et aux potentialités de son futur.

 

 

http://www.lemensuel.net/comptes-rendus.php ?id_article=185

 

 

  Le Numéro 37 de la revue porte sur "Les inégalités socio-économiques au Brésil". On y trouve une bonne cartographie illustrant parfaitement les principaux indicateurs. A la lumière des données nouvellement accessibles, il cherche à donner des réponses plus éclairantes sur les aspects complexes et contradictoires des dynamiques territoriales brésiliennes et des clivages sociaux qui affectent ce pays. On y trouve des articles de Martine Droulers et Hervé Théry.

 

 

http://www.revues.msh-paris.fr/modele2/nospebook2.asp ?id_nospe=93&id_perio=56

 

 

  Mappemonde : * Futebol et hiérarchies urbaines au Brésil : Cet article d’Hervé Théry tend à montrer les rivalités entre les principales villes du Brésil. Les capitales des Etats fédérés l’emportent toujours sur les autres villes. La clé de compréhension n’est pas économique mais sociale « Tout se passe comme si pour avoir un bon score, il fallait non seulement de l’argent (pour payer les salaires mirifiques des joueurs) mais aussi une société très divisée, où la masse des pauvres constitue à la fois le vivier de joueurs de talent qui cherchent dans le football une voie d’ascension sociale et la foule des supporters dont l’enthousiasme « porte » l’équipe dans les bons et les mauvais jours. » Les cartes proposées peuvent servir à illustrer un cours sur les différenciations socio-spatiales en terminale.

 

 

http://mappemonde.mgm.fr/num9/articles/art06103.html

 

 

* La vague déferlante du soja brésilien, article d’Hervé Théry, nous propose de nous expliquer pourquoi « on a donc assisté à un déplacement massif du centre de gravité de la zone du soja, puisque près de 2 500 kilomètres séparent Santo Ângelo (Rio Grande do Sul), la commune qui occupait en 1977 le premier rang national pour la production de soja, de Sorriso (Mato Grosso), qui occupait le même rang en 2002 ». Le déplacement vers le Mato Grosso pose des problèmes importants en terme de fret et donc de réseaux de communication (voir pour aller plus loin l’article sur ces réseaux de communication mais aussi d’informations dans le livre « Gouverner l’intégration : les politiques nationale et internationale du Brésil de Lula »). On peut ainsi illustrer facilement les changements en cours au Brésil.

 

 

http://mappemonde.mgm.fr/num2/articles/art04204.html

 

 

* Les « Inégalités sociales au Brésil » est un article utile à plus d’un titre pour les professeurs. Très succinctement est analysé les différences régionales avec l’IDH et son évolution de 1970 à 2000. Il est extrait de "l’atlas du Brésil"

 

 

http://mappemonde.mgm.fr/actualites/bresil.html

 

 

* Un article très intéressant : « Londrina, de la ville pionnière à la maturité ». L’explosion urbaine mais aussi et surtout les inégalités intra urbaines sont étudiées et permettent d’en faire une étude de cas tout à fait pertinente pour des élèves.

 

 

http://mappemonde.mgm.fr/num1/articles/art04106.html

 

 

Sites  complémentaires :
  Hervé Théry et Neli A de Mello ont mis en ligne certaines de leurs réflexion communes en ligne. De très intéressants articles se trouvent disponibles comme celui sur l’"Évolution de la production de soja et de riz au Brésil, 2001-2002" avec des cartes originales et commentées. Un classement thématique permet une entrée facile dans le site (dans la partie "artigos")

 

 

http://www.atmos.ggf.br/fr/home.htm

 

 

Sites institutionnels :

 

 

  Des informations très précieuses sont disponibles sur le site de l’Observatoire des Amériques. Des chroniques nous permettent de nous interroger sur les changements journaliers du continent mais aussi de voir les forces d’intégrations multiples en cours dans cet espace. A noter aussi des dossiers intéressants (Le Café y reviendra au prochain numéro) http://www.er.uqam.ca/nobel/oda/

 

 

La Chaire Mercosur de Sciences Po constitue le noyau d’un réseau de recherche et de débat autour des problématiques et des caractéristiques des États du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay et Venezuela) et ses pays associés. Cet instrument spécifique de coopération fût créé en septembre 1998 et inauguré en septembre 1999. On y retrouve des publications scientifiques remarquables. http://www.chairemercosur.sciences-po.fr/

 

 

 

 

 

Bibliographie :

 

 


  Hervé Théry : * Hervé Théry (2004) « Le Brésil : changement de cap ? » La documentation photographique, 8042, Paris, La documentation française, 64p. Il fait suite à celui réalisé dix ans auparavant en collaboration avec Bernard Bret.

 

 

http://www.cafe-geo.net/article.php3 ?id_article=617

 

 

* Hervé Théry, Neli Aparecida De Mello, Atlas du Brésil : Dynamiques du territoire Reclus, La Documentation Française, 2004. *Hervé Théry, Le Brésil, Armand Colin, 2005.

 

 

  Martine Droulers : * Martine Droulers, Brésil : Une géohistoire, PUF, 2001 * Martine Droulers, L’Amazonie vers un développement durable, Armand Colin, 2004.

 

 

  Les Comptes Rendus Géo des Clionautes :

 

 

* Katia de Queiros Mattoso, LES INEGALITES SOCIO-CULTURELLES AU BRESIL (XVI°-XX° SIECLES), L’Harmattan, 2006. http://www.clionautes.org/spip.php ?article1091

 

 

* ARNAULD DE SARTRE XAVIER, FRONTS PIONNIERS D’AMAZONIE, CNRS éditions, 2006. http://www.clionautes.org/spip.php ?article1113

 

 

  TDC, Le Brésil, pays en devenir, CNDP, décembre 2004. avec un article en ligne de Martine Droulers.

 

 

http://www.cndp.fr/revuetdc/som885.asp

 

 

  Stéphane Monclaire, Jean François Deluchey (dir.)Gouverner l’intégration : les politiques nationale et internationale du Brésil de Lula, éditions Peppers, septembre 2006.Le livre est en ligne. Il reprend les différents thèmes de la recherche universitaire : insertion au monde (Mercosur, ZLEA...), différenciations socio-spatiales, importance de l’intégration aux réseaux. A lire d’urgence.

 

 

http://www.editionspepper.com/plan_livre_gouv.htm

 

 

  DVD : "Brésil - des hommes et des paysages". Un coffret de deux DVD vidéo pour le collège et le lycée édité au CNDP.

 

 

  Un film : La cité de Dieu. Utile pour étudier les inégalités et la violence de la société brésilienne. Musique originale du groupe Afroreggae. http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=45264.h[...]

 

 

Par bruno magniez - Publié dans : brunomagniez
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 3 mars 2007
Quelques ouvrages de référence sur le Brésil et l'Amérique latine

 

 

 

 

Les Amériques latines : Unité et diversité des territoires

 

 

 

 

 

 

 

 

L e nouveau Brésil de Lula

 

 

 

 

 

 

Brésil, Mexique, Deux trajectoires dans la mondialisation

 

 

Pour comprendre le Brésil de Lula

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
L'Amérique latine
 
 
 
 
Le Brésil au XXI siècle

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

Le Brésil
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Lula
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Enjeux politiques et .... actuels de la démocratie en Amérique latine
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La citoyenneté des femmes au Brésil
 
 
 
 
 
 
La citoyenneté sociale en Amérique latine
 
 
 
 
 
Par bruno magniez - Publié dans : brunomagniez
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 24 février 2007

 

Le phare de Joao pessoa, le point le plus extrême du continent latino-américain ! 

      

Destinations vers les plus belles plages environnantes

Petit buggy au repos à l'ombre des cocotiers

Le centre historique vu d'une des terrasses de l'hôtel globo

L'hôtel globo situé dans le centre historique

Par bruno magniez - Publié dans : brunomagniez
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 23 février 2007

Le cristo redentor à Rio de Janeiro dominant l'une des plus belles baies du monde

 

 

 

 

Foz d'Iguaçu : ses chutes majestueuses, un spectacle mémorable survolé en hélicoptère

Bienvenue à Joao Pessoa, Capitale de la Pariaba

Par bruno magniez - Publié dans : brunomagniez
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 22 février 2007

Une invitation à l'ombre des cocotiers

 

Coucher de soleil sur le plage de Jacaré à quelques kilométres de Joao Pessoa

Jangada du Nordeste et vendeur ambulant de picolés sur la plage de Manaira

Par bruno magniez - Publié dans : brunomagniez
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus